Ardevon – ADA VI (Archives ecclésiastiques de Coutances)
Visite épiscopale de Mgr Durand de Missy le 14 juillet 1750

Audit mardi 14 juillet 1750. Nous avons visité l’église d’Ardevon où nous avons été reçu avec les cérémonies ordinaires par Me Olivier François Gombert, Curé, et Me Louis Hamel, vicaire. Après avoir donné au peuple assemblé pour notre visite la bénédiction du St Sacrement avec le St ciboire qui a besoin d’être redressé, nous avons visité les ornemens et vases sacrés. Le tabernacle sera doublé dans trois mois faute de quoi ledit tems expiré il sera interdit. Nous avons interdit dans quinze jours les canons du grand autel. Le tableau du grand autel est déchiré en plusieurs endroits considérablement, nous l’avons déclaré interdit si, dans trois mois, il n’est pas décemment réparé. Nous avons interdit dans trois mois de ce jour les vases des saintes huiles et ordonné que le vase pour les infirmes sera séparé des deux autres. Il y a deux calices, que nous avons déclaré interdits si dans trois mois ils ne sont pas redressés, netoiés et réparés décemment. La custode et le soleil sont en état suffisant ainsi que la croix. Nous avons interdit dans trois mois une chasuble blanche à fleurs si dans trois mois elle n’est pas décemment réparée. Nous avons aussi interdit entièrement une chasuble noire qui est déchirée et hors d’état de servir, et interdit dans trois mois une autre chasuble noire si elle n’est pas décemment réparée.
Nous avons interdit entièrement une chasuble verte et rouge, une autre chasuble noire d’un côté et de pou paris de l’autre, une autre chasuble violette, une blanche et toutes les chappes qui sont en très mauvais état et qui ne peuvent se réparer. Nous avons défendu d’exposer à la vénération des fidèles une relique de st Ciriaque qu’il n’y ait l’autentique justifiée. Nous avons interdit dans trois mois la sacristie si dans ledit tems elle n’est pas réparée convenablement. Nous avons interdit un corporal qui est de deux toiles.
Le linge est en très mauvais état ; nous avons interdit toutes les nappes, qui sont considérablement trouées et l’autre linge de toute espèce. Nous avons ordonné que dans un mois il sera fourni un rituel et un missel à l’usage de notre diocèze et interdit dans ledit tems ceux qui servent actuellement. Nous avons ordonné qu’il sera fait une couverture pour le vase de l’eau du baptême, laquelle s’emboitera dans ledit vase. On prendra aussi des arrangements pour avoir une autre pierre. Nous avons interdit le confessionnal si, dans un mois, il n’y a pas des volets. Nous avons interdit les deux autels et les tableaux qui y sont, lesquels sont entièrement déchirés. Nous avons déclaré la nef interdite à Noël prochain si elle n’est pas dument réparée et couverte. Le revenu du trésor est de soixante dix livres, celui des fondations de quatre vingt dix livres. Il sera fait incessamment un inventaire des titres et il sera mis un tableau des fondations dans la sacristie. Il y a cinq comptes à rendre ; nous avons ordonné qu’ils seront rendus incessamment et ordonné que le Sr Curé nous donnera avis dans un mois ou six semaines de ce jour de l’exécution de notre présente ordonnance et de celle ci-dessus. Les enfans que nous avons interrogés nous ont paru suffisamment instruits. L’église est dédiée à la Ste Vierge. Les abbés et religieux du Mont Saint Michel sont seigneurs et patrons présentateurs de la paroisse et du bénéfice et gros décimateurs. Le Sr Curé jouit d’un tiers et des verdages. Nous avons défendu d’enterrer au devant de la principale porte de l’église et dans le sillon de la procession et ordonné qu’on n’enterre qu’à trois pieds de distance des murs de ladite église. Nous avons déclaré le cimetière interdit dans trois mois s’il n’est pas clos.
Ardevon – 300 J 8 – 1 boîte (Archives ecclésiastiques de Coutances)
1702 – 1921, notes historiques
Copie extrait du compte de 1612 à 1613, à la St Michel, par Vincent Duchesne (archives de la fabrique d’Ardevon).
- Le jour que je marchandys pour faire la croix de carreau, payé pour le disner de Rogerie et de ceulx qui estoient présents, jour ce XXIs.
- Le jour que non allit querir le carreau, en vin ausd. Rogerie, Vs.
- Payé au sergenat pour estre allé au mons sainct michel asister le s. Rogerie pour faire la d. croix – XVIs
- Le jour que je alliz demandez le congé aux sieurs reliscieux pour que le d. Rogerie venist faire lad. Croix Vs.
- Le jour que non comensit a faire lad. Croix Vs.
- Payé pour la fasson d’icelle XXVII l.
- Pour avoir racousté les marches a Poyotier LXs.
- Payé en chault pour y mettre XL s.
- En plon LXVs.
- Pour une journée domme à servir VIs.
- Pour le dejeusner des massons quand non montit le pid de la croix pour ce VIIIs.
- Un fer pour y mettre VIIIs.
- Payé au maréchail pour les poyntes des martheault pour ce CX s.
- 2 cartes postales (bourg, église, prieuré, croix) et 2 photos (prieuré et vierge).
- Registre de la confrérie de N-D du Mont-Carmel (1812…).
- Registre des délibérations de la fabrique : 1820-1884 (lu).
Ardevon – Conférences ecclésiastiques 1866-1867 (Archives ecclésiastiques de Coutances)
1866
P. Genvresse est prêtre d’Ardevon en 1767, vicaire d’Ardevon en 1768 et prieur de Saint-Gilles en 1769 ; en 1770 il est curé d’Ardevon, tout en gardant sa charge de prieur. Il prête serment
« Il devint premier acquéreur des deux plus belles fermes dépendant de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, savoir de la ferme du prieuré, avec tous les bâtiments ett de la ferme de la Bidonnière (… »
Croix du cimetière détruite et disparue
Croix actuelle du cimetière : érigée par Lange, sucursaire en 1803 + 1809. Le croisillon trouvé dans le jardin du prieuré fût apporté d’ailleurs
Statues
Cachées sous le foin dans ls greniers du prieuré. Rapportées à l’église après le tourmente. Mgr Robiou fit enterrer dans le cimetière une grande croix et une statue :
« parmis les 6 statues qu’il nous reste, il en est deux, st Jean et la ste vierge que les connaisseurs admirent ; peut-être ces deux statues étaient-elles autrefois placées l’une près de l’autre à la base du campanile ».
« la chapelle Saint Gilles, où le prieur devait dire une messe chaque dimanche a été vendue avec la propriété qui en dépendait. On y voit encore maintenant quatre statues, un autel, une pierre sacrée ; elle est du reste dans le plus grand délabrement, on la remplit de paille et bois et les fidèles y vont encore prier quelque fois ; on recommande à Saint Gilles les enfants qui ont peur ».
Ardevon – Sources imprimées
Mélanges de la SAM, publications multigraphiée, 8e série, 1979, p. 41
Au prieuré : chapelle st Thomas Becket.
- 1400 : érection de la grange à dîmes.
- 1622 : réparation de la chapelle située près de l’église et servant d’auditoire.
- 1636 : reconstruction du colombier.
Le Héricher, Avranchin monumental, T.2, p. 151
Maladrerie ou chapelle st Gilles, Xve : renferme encore 4 statues gothiques, dont une est celle du saint patron…elle a conservé un joli vitrail qui représente une madone.
Il s’y tient une assemblée.
Masselin, Revue catholique de Normandie, 1930
Le curé Pierre Genvresse acheta le prieuré d’Ardevon avec toutes ses fermes (7-800 vergées).
Seguin, J. « Une visite au trésor Saint-Gervais d’Avranches, dans la Revue de l’Avranchin », T.22, 1927-29, p. 121
Statue de saint Gilles en bois 100×40, XVIIe : « provient de l’ancienne chapelle d’Ardevon (doyenné de Pontorson). Le grand chien ; appuyant ses pattes de devant sur son maître, est disproportionné en taille ».
Ivonne PAPIN-DRASTIK et Elisabeth RAFFRAY (Ardevon) / C.A.O.A. Manche / Juin-septembre 2002 (http://objet.art.manche.fr/)
- Archives diocésaines de Coutances (AEC).
- Visite épiscopale de Mgr Durand de Missy : ADA VI – Ardevon – 14 juillet 1750.
- Conférences ecclésiastiques de 1866-1867 (récits des évènements de la périodes révolutionnaire demandés aux curés par Mgr. Bravard) : C.E.1866-1867, doyenné de Pontorson, Ardevon.
- Archives départementales de la manche (AD50).
- Archives paroissiales déposées : 300 J 8 (1 boîte).
- GERVILLE, Charles de, Voyage archéologique dans la Manche (1818-1820), édition annotée par le docteur GUIBERT Michel, collection « Etudes et documents publiés par la Société d’Histoire et d’archéologie de la Manche », T. IV.,2001, p. 1à 9 (et ref. bibliographiques).
- Trésors d’art religieux de l’Avranchin – statistique mobilière des églises, T.V (n° spécial d’Art de Basse-Normandie 1966, P. 23.
- LE HERICHER, E. Avranchin Monumental et historique, t. II, 1846, p. 141-159.
- LECANU, abbé. Histoire du diocèse de Coutances et Avranches, t.II, 1877-1878, p. 285.
- SEGUIN, Jean. Corpus des inscriptions tumulaires avant 1789 du Mortainais et campanaires de l’Avranchinais et du Mortainais, après 1919, p.