Hôpital Saint-Antoine de la Charité (Estran)

Le 3 avril 1115, les bourgeois de Pontorson achètent un fonds de terre de 40 hectares pour d’y établir un hôpital au bord du Couesnon et le dotèrent de douze cents livres de rentes. Cet établissement, très modeste, est implanté sur une superficie de 10 ha environ.

Par lettres patentes d’août 1353, le roi Jean II , dit Jean Le Bon, confirme l’établissement et accorde aux bourgeois de Pontorson la qualité de patrons fondateurs et présentateurs du prieur chapelain de l’hôpital. Il relève alors pour le spirituel de l’évêque de Dol-de-Bretagne et pour le temporel de la Normandie.

Sous l’ancien régime, on envoie l’excédent des prisonniers de la Bastille à l’hôpital de Pontorson, en faisant ainsi une sorte d’oubliette. À partir de 1644, sur recommandation d’Anne d’Autriche , la reine régente, et sur l’invitation spéciale du roi son fils, la gestion de l’hôpital revient aux frères de Saint-Jean de Dieu.

Au 17ème siècle, participant au grand mouvement charitable, les habitants de Pontorson décidèrent d’agrandir leur hôpital, et en confièrent la gestion aux Religieux de l’ordre de Saint-Jean-de-Dieu. Ces religieux assurèrent la direction de l’établissement jusqu’en 1791.

L’hôpital des femmes de Pontorson fut créé par les habitants de la ville, en 1721, pour secourir les « pauvres femmes et filles » qui ne pouvaient être reçues dans l’établissement des frères de Saint-Jean-de-Dieu, réservé uniquement aux hommes. Les deux maisons étaient éloignées l’une de l’autre et n’avaient aucun lien entre elles. L’hôpital des femmes était laïque et municipal. Mais, la Révolution, en chassant les Religieux de la Charité provoqua la fusion des deux établissements.

En 1807, l’Hôpital fut confié aux Religieuses de la Sagesse, qui en assumèrent la gestion pendant de nombreuses années sous le contrôle d’une commission d’administration. C’est le 1er février 1809 que l’hospice fut autorisé par le Préfet à recevoir des aliénés, et, pendant longtemps, presque tous ceux de la Manche y ont été placés ainsi que ceux des îles anglaises.

De l’établissement primitif, il ne reste aucun vestige. La chapelle remonte au 17ème siècle. Deux pavillons de malades ont été construits au 18ème siècle. Les autres bâtiments de cette époque ont disparu, faisant place à de nouvelles constructions.

Dès 1819, l’asile de Pontorson est en mesure de satisfaire à tous les besoins du département pour héberger les aliénés et traite plusieurs fois avec le préfet de la Manche, mais il faut de longues négociations pour en faire un asile public.

En 1855, ils sont 300 aliénés, employés à toutes sortes d’activités (travaux agricoles, bourrellerie, menuiserie, confection de chaussures). Les sœurs de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Seine sont alors à la tête de l’institution, jusqu’en 1809.

Quand les prisonniers d’État cessent d’être une ressource pour l’hôpital, naît le projet de recevoir davantage d’aliénés. À cette époque, leur travail est considéré comme un moyen thérapeutique. C’est aussi une source de revenus pour l’hôpital.

Des constructions nouvelles sont alors envisagées avec des préaux ouvrant sur de beaux jardins. On remplace les cachots par des dortoirs, on crée des douches. Une ferme modèle exploite une partie des 40 hectares avec 50 vaches ou bêtes de trait, une porcherie et une basse-cour.

La plupart des bâtiments visibles de nos jours, ont été édifiés de 1890 à 1925 et ont subi de profondes transformations. En 1938, le pavillon Yves TIZON, fut construit en bordure de la route nationale. C’est à partir de 1965 que l’hôpital de Pontorson prit un nouvel essor en activant la modernisation interne de tous les services. L’animation est très importante, aussi en sus d’ateliers thérapeutiques placés sous la surveillance médicale, on peut trouver : vannerie, menuiserie, jouets, tricots, ect… une exploitation agricole de 80 ha dont plus de 3 ha sont affectés au jardin potager et horticole ce qui permet à l’hôpital d’obtenir denrées et primeurs.

En 1980-1982, un centre de cure médicalisé de 80 places, distinct des bâtiments de l’hôpital s’est ouvert, dans un cadre verdoyant et tout proche du centre-ville. Il accueille des personnes âgées en court, moyen et long séjour. D’autre part, en 1989, le service de psychiatrie infanto-juvénile s’est restructuré, s’ouvrant en totalité sur l’extérieur. Les anciens locaux ont été transformés en long séjour.

L’humanisation des autres services s’est poursuivi. L’établissement continue de s’ouvrir sur l’extérieur avec de nombreux établissements en ville et dans tout le département. Parallèlement aux progrès thérapeutiques importants réalisés au cours des dernières années, la nouvelle organisation des soins et des prises en charge des personnes atteintes de troubles mentaux permet de réduire le nombre et la durée des hospitalisations sans nuire aux besoin de la population.

Le bâtiment le plus ancien encore présent est la chapelle datant du 18e siècle. Il y a encore son ancien cimetière qui est visible sur la D997, juste au niveau du croisement avec la D4 (Pleine-Fougère/Combourg).

Depuis 1991, l’établissement est entré dans une politique de restructuration insistant sur la liberté du malade.

Depuis 2016, avec les Centres Hospitaliers d’Avranches-Granville , de Saint-Hilaire-du-Harcouët , de Mortain , de Saint-James et de Villedieu , il fait partie du groupe hospitalier Mont Saint-Michel (GHT).

Vous reconnaîtrez qu’il s’agit du Centre Hospitalier de l’Estran .

Extraits de documents établis par Messieurs JARRIGES et ROBERT, Directeur – « La revue du Département de la Manche » citée plus haut. Une étude très importante, faite sur l’hôpital Saint-Antoine-de-la-Charité de Pontorson de 1644 à 1792 a été publiée dans la Revue du Département de la Manche (tome 6 – fascicule 22 – avril 1964).

Sources, Wikimanche .

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