Le saviez-vous ?

Du 16 janvier 2020 au 24 février 2024, Yohan DAUPHIN a écrit et publié 130 articles sur le Facebook de Pontorson concernant l’histoire locale de notre commune nouvelle. Ces articles sont classés par date de publication.

Années 2020 (5 articles) et 2021 (48 articles)

[16 janvier 2020] Le Pont Orson ?

Le premier pont fut vraisemblablement édifié vers 1030 sous les ordres d’un capitaine nommé Orson, mais nous ne trouvons aucune mention de cela dans des archives.

Il aurait été mandaté par le duc de Normandie Robert le Magnifique, père de Guillaume le Conquérant (1027-1087), Orson aurait fondé ainsi notre ville sur les bords du Couesnon.

C’est du nom de ce capitaine et de son œuvre que viendrait l’origine du nom « Pontorson ».

[5 février 2020] La construction de l’Hôtel-de-Ville

La Mairie initiale de Pontorson était située devant la Caisse d’épargne (au croisement de la rue de Tanis et la Place de l’Hôtel de Ville).

Sa construction s’est déroulée sur les années 1832, 1833 et 1834.

En 1870, un projet de d’Hôtel de Ville voit le jour. Cet Hôtel, du même design que l’Hôtel actuel, devait être construit sur l’emplacement de la Caisse de l’épargne, MMA, la pharmacie, AREAS assurances.

L’Hôtel de Ville que nous connaissons aujourd’hui fut construit en 1902 au centre des Halles.

[4 juin 2020] Des souterrains à Pontorson ?

Il existe sous la ville de Pontorson de nombreux souterrains, car la ville était jadis fortifiée !

Nous avons peu de trace sur ces souterrains dans nos archives. Cependant, un courrier daté du 2 mai 1928 permet de prouver cette existence. Il est mention d’au moins deux souterrains, accessibles par des propriétés privées. Malheureusement, le plan qui était joint à cette lettre a disparu ! Nous ne savons pas où ils sont situés.

La littérature indique aussi l’existence d’un autre souterrain : il est indiqué page 450 du livre sur l’Histoire de la Petite-Bretagne, que l’Abbé François MANET a vu le souterrain de Pontorson dont parle la tradition : « Nous avons vu dans notre enfance, près du grand chemin conduisant à CAUGÉ, un souterrain obscur et couvert, se dirigeant vers la Guimbarde ».

Concernant le souterrain qui va de Pontorson au Mont-Saint-Michel. Son existence semble peu probable. En effet, la nature du terrain ne permet pas la construction de souterrain.

Nous savons que d’autres souterrains existent dans Pontorson. Ils démarrent généralement depuis les caves des maisons.

[24 septembre 2020] Un drôle de blason pour notre ville !

Charles d’HOZIER qui était juge d’armes de France en 1641, c’est-à-dire, commis royal chargé de certifier la noblesse, avait dessiné un Blason pour notre Ville complètement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Nous retrouvons ce Blason dans l’Armorial Général de France (édition de 1696) – 20ème volume (folio 827).

Il s’agit d’un Ours qui traverse le Pont de Pontorson (d’or au pont de trois arches de sable, maçonné d’argent et sommé d’un ours passant de sable).

C’était un jeu de mot de Monsieur d’HOZIER : « PONT OURSON » au lieu de « PONT ORSON »…

D’ailleurs, une forte suspicion de vénalité entoure les travaux de Charles d’HOZIER.

[29 octobre 2020] Un port et un chantier naval à Pontorson !

Il y a eu à Pontorson, un port et un chantier naval pendant la dernière moitié du 19ème siècle. Il était situé sur l’actuel Jardin Public (qui sera prochainement réaménagé dans le cadre des berges du Couesnon).

C’est l’ingénieur ROUGEUL qui avait émis en premier la possibilité de naviguer sur le Couesnon et d’y installer un port à Pontorson.

Le premier armateur qui voulut rejoindre Pontorson par le Couesnon est un Anglais, M. ASPLET. Et le 7 novembre 1862 la goëlette anglaise « Daring » vint décharger, à l’Anse de Moidrey, 170 tonneaux de houille qu’elle avait à son bord.

Un autre navire « Le Couesnon », appartenant à M. GALLAND, de Pontorson, partagea dans les premiers temps avec M. ASPLET la navigation qui débutait.

Durant les années 1864, 1865, 1866 et 1867, il est sorti par le port de Pontorson plus de céréales que par le port de Granville ! Depuis le commencement de la navigation (7 novembre 1862) jusqu’au 1er juillet 1875, il y a eu le passage de 822 navires et 52 000 T de marchandises. Soit par mois, en moyenne, 337 T de marchandises. Ce qui attirât de nombreuses jalousies des ports voisins (et des problèmes) !

La construction de navires fut, quant à elle, très prolifique à Pontorson : 17 navires y furent construits du 30 juillet 1863 au 25 avril 1872.

Malheureusement, l’arrivée du chemin de fer signa la fin du port de Pontorson et de son chantier naval.

[11 janvier 2021] L’histoire des pilules Pink avec Pontorson.

Avez-vous déjà entendu parler des pilules Pink ? Peut-être que vos aïeux/aïeuls ont connu cette pilule vendue de la fin du 19ème siècle jusque dans la première moitié de 20ème siècle.

C’était la « Pilule Pink Pour Personnes Pâles » (les 5P), fabriquée à base de proto-oxalate de fer, qui lui conférait cette couleur caractéristique. Cette pilule était destinée à combattre l’anémie et la fatigue et elle fut brevetée par le docteur William Frederick Jackson, médecin de Brockville (Canada), en 1886.

Mais quel est le point commun entre cette pilule et notre ville de Pontorson ?!

La pharmacie GABLIN de Paris (Rue Ballu) a réalisé une grande campagne de publicité dans de nombreux journaux à travers la France entre 1907 et 1908. D’ailleurs, cette campagne de publicité a dû couter assez chère à ce pharmacien (entre les articles et les photographies des témoins). La boîte de pilule, quant-à-elle, était facturée à 3 Fr 50 et le lot de 6 boîtes à 17 Fr 50.

Des habitants (M. TIREL, Melle Anna GUILLOT et M. DUTEIL) de Pontorson furent utilisés comme témoins dans les différents articles de journaux.

Certains de ces « remèdes » (comme dit ma grand-mère) étaient sans grand danger, mais d’autres étaient très toxiques comme ceux à base de radium dont on vantait les pouvoirs curatifs. Eau de radium, crèmes et poudres au radium, savons, lotions, pommades et même … des suppositoires au radium !

[19 février 2021] La mort d’Henri II et la relation avec Pontorson…

En l’an de grâce 1559, le 30 juin, Henri II, Roi de France, a été mortellement blessé par Gabriel DE LORGES, alias Gabriel 1er de Montgommery, lors d’un tournoi organisé dans la Rue Saint-Antoine à Paris. Ce jour, Henri II unit ses filles, Élisabeth, au Roi d’Espagne Philippe II, et sa sœur, Marguerite, au Duc de Savoie Emmanuel-Philibert.

Lors d’une joute, la lance de Gabriel DE LORGES s’est brisée et une écharde a traversé le heaume (casque enveloppant toute la tête et le visage du combattant) d’Henri II et a transpercé son œil. Le Roi est mort 10 jours après cet accident, soit le 10 juillet 1559, dans d’atroces souffrances.

Les Montgommery était une famille très importante à Pontorson, qui y implanta le Protestantisme. D’ailleurs, leur Hôtel particulier est actuellement l’Hôtel Montgomery (anciennement l’Hôtel de l’Ouest), situé 13 Rue Couesnon.

Henri II exonère Montgommery de toute faute et l’aurait absous de tout blâme sur son lit de mort : « — Ne vous souciez, répondit Henri d’une voix faible. Vous n’avez besoin de pardon, ayant obéi à votre roy et fait acte de bon chevalier et vaillant homme d’armes. ». Le jeune Comte prit la fuite le jour même du drame. Il devint pour tous et partout en Europe : « Celui qui tua a jouster le roy Henry ».

Dès la première séance du Conseil Privé qui se tint le lendemain de l’avènement de François II (fils aîné d’Henri II), il fut banni de la cour et perdit son grade de capitaine de la garde écossaise.

Il se réfugia un temps à Venise, puis revint sur ses terres de Normandie.

[26 février 2021] Encore des travaux sur notre ancienne cité fortifiée.

Louis XI (dit « le Prudent », 3 juillet 1423 – 30 août 1483), en prévision d’une guerre contre la Bretagne, ordonna d’importantes restaurations aux remparts et au château de Pontorson. Les deux moulins normands furent abattus et de grandes tours furent disposées pour recevoir l’artillerie.

Les travaux commencés en 1469 furent exécutés sous la direction d’Antoine LEBLANC. Il existe en effet un mandement daté de 1476, par lequel il est ordonné « de paiez, baillez et délivrez à Antoine LEBLANC, maistre canonnier du roy, la somme de 25 l. t. pour ses paine sallaire d’vacqué aux ouvrages de Pontorson ».

En 1479, la restauration se poursuivait sous la direction de Jean BILLART, maître d’œuvre, de Jean DUDIXIÈME juré mesureur et de Guillaume MAILLARD. Jean DE HABAY était alors gouverneur de la place ; il eut pour successeur Jacques DE SILLY (1484-1492), qui fut ensuite remplacé par le capitaine DU MAS DE LISLE. Celui-ci fut lui-même remplacé vers 1532 par Loys DES BARRES.

D’ailleurs, les plus vieilles quittances que nous avons retrouvées et qui concernent des travaux réalisés sur la forteresse de Pontorson date de 1402.

[12 mars 2021] L’ancienne prison de Pontorson !

Lors de notre direct concernant la livraison de notre passerelle du Couesnon, vous avez sans doute remarqué mes nombreuses références à l’ancienne paroisse de Cendres.

En effet, Pontorson a possédé brièvement une prison au 19ème siècle. Elle était située dans l’ancienne église de Cendres.

Cendres dédiée à Saint-Étienne est attestée dès 1060. Cet ancien village relevait initialement du département de l’Ille-et-Vilaine. Il fut partiellement rattaché à Pontorson le 14 frimaire An XII (06/12/1803). L’autre partie fut rattachée à Pleine-Fougères. Il y avait environ 100 habitants au début des années 1800 et était situé entre Pontorson et Villechérel. Nous pouvons encore voir la trace de ce village sur la carte de Cassini et de Mariette.

Aussi disait-on que les habitants de Cendres, les Cendrillons comme on les appelait, ou du moins la plupart, appartenaient au « Bon Dieu de Bretagne et au Diable de Normandie ». Mais pourquoi cette expression ? Les habitants étaient rattachés spirituellement à la Bretagne, mais devaient payer leurs impôts à Pontorson !

Cette ancienne église fut d’abord transformée en dépôt, puis en prison en 1817. Le bâtiment finira par être détruit et le presbytère fut annexé en 1841 à l’hôpital, dont le développement depuis la fin du XIXe siècle a effacé le vieux bourg de Cendres. Le nom de cet ancien village subsiste plus que par une rue (Rue de Cendres, à proximité immédiate de l’Hôpital).

Dans le Volume 2 de « l’Avranchin monumental et historique » (1846), de Édouard Le Héricher, il est indiqué : « L’église de Cendres se voit encore : elle est auprès de l’hôpital actuel, mais, rognée et décapitée, elle n’a plus que l’aspect d’une simple habitation, et sert de maison d’arrêt. On voit aussi le presbytère. ».

La prison était donc située approximativement au niveau de la Base de Plein Air du Couesnon – ancienne gendarmerie.

[19 mars 2021] Une partie d’auto pas comme les autres !

Dans le courant de l’été 1907, un cultivateur de Boucey, nommé Émile LEROY, allant à Pontorson, croisa sur la route un automobiliste qui passait et lui manifesta le plaisir qu’il aurait à voyager avec lui jusqu’à Pontorson.

Le chauffeur, riant sous sa cape, lui permit de prendre place à côté de lui.

En arrivant en vue de Pontorson, M. LEROY demanda de descendre, mais le touriste fit la sourde oreille, lança sa voiture à toute vitesse et continua son chemin sans s’arrêter par Vire, Lisieux, Évreux et fit traverser à son voyageur la Normandie toute entière.

Il ne s’arrêta qu’à Rouen, malgré les prières, supplications et menaces même de son compagnon de route.

Là, notre facétieux chauffeur conduisit à la gare son hôte et lui remis un billet de train pour Pontorson, avec une pièce de cinq francs. Il lui souhaita ensuite bon voyage.

Le brave cultivateur a juré de ne plus mettre les pieds dans une auto !

[26 mars 2021] Un mystérieux canon trouvé sous le pont de Pontorson !

En 1813, lors des réparations effectuées sur le pont de Pontorson, on mit à découvert près des piles, un canon et son affût. Lesquels furent abandonnés par les Vendéens, lorsque, levant le siège de Granville, ils avaient fui à travers Pontorson.

En novembre 1793, M. WESTERMANN apprend que les Vendéens évacuent Pontorson ; il propose à M. MARIGNY de les poursuivre dans leur marche sur Dol. En arrivant sur Pontorson, MARIGNY trouve 14 pièces de canon de quatre brisées, ainsi que les affûts et plusieurs caissons ainsi qu’un obusier jeté dans la rivière. D’ailleurs, nous ne savons pas où se trouve actuellement ce canon retrouvé !

Il est donc possible de trouver dans le Couesnon d’autres pièces d’artilleries de cette époque.

[2 avril 2021] L’ancienne motte féodale.

Cette motte a sans doute été bâtie dans la décennie 1030 par décision du duc Robert (le Magnifique).

La tradition locale connaît aussi l’existence d’un « vieil chastel » à l’extrémité orientale de la rue du Château, vers l’extrême marge du centre : là où est cette forte butte. Il existait jadis un château primitif fait de terre et de bois (qui n’a laissé aucun vestige).

Elle se situe encore vers l’ancienne limite du territoire de Caugé et de Pontorson (dans une propriété privée) au niveau de la rue des Bordeaux.

[9 avril 2021] L’ancienne forteresse de Pontorson.

Rien ne subsiste depuis longtemps du donjon, des bastions et des solides murailles qui encerclaient la vielle ville.

La Forteresse étant tournée avec son donjon en défense principale au Sud-ouest, contre la Bretagne. La puissance du donjon résidait dans sa hauteur au moins 60 pieds (18.3 m) et dans sa carrure : un appareil quadrangulaire en blocage de 40 pieds (12.2 m) d’épaisseur qui renfermait 3 étages en surface et 2 en sous-sol. La grande salle qui servait d’auditoire occupait le premier.

Au deuxième la chambre du gouverneur au troisième, les enfants et les hôtes. Sous-sol, magasin et prison. Un perron et une guette en encorbellement au sommet viendront dans la suite compléter l’ensemble.

Les murs d’enceinte avec leurs revêtements furent solidement appareillés. Dans l’épaisseur de la muraille couraient des aléoirs ou chemins de ronde, mettant en communication les tours et les courtines. Le tout sera hourdé au début du XIIIème siècle.

Fin septembre (1623) la Bretagne prenait à sa charge les 2/3 environ des travaux incluant dans sa part les 7 grosses tours, deux porteaux et quelques casemates…

Le château ne pouvait être détruit qu’au moyen de la sape et de la mine.

[16 avril 2021] Le Couesnon…

Anciennement nommé « Lerra Fluvius », le Couesnon prend sa source dans la commune de Saint-Pierre-des-Landes (au nord-ouest de cette commune), arrondissement de la Mayenne, dans la Chaîne-Armorique, à la Fontaine de Couesnette, située environ à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le Couesnon est un petit fleuve côtier dont les bords ont été le théâtre de grands événements : c’est la limite ancienne de la Bretagne et de la Normandie, c’est le plus grand fleuve de l’Avranchin, c’est lui qui, dit-on, a donné le Mont Saint-Michel à la Normandie : « Le Couesnon par sa folie. A mis le Mont en Normandie. ». Sauf que le Couesnon, compte tenu de la typographie des lieux, n’a jamais pu mettre le Mont-Saint-Michel en Bretagne… D’ailleurs jadis, l’embouchure du Couesnon était beaucoup plus à l’Ouest (en Bretagne). C’est la canalisation de ce fleuve par la main de l’homme que l’a rapproché du Mont.

Au XIe siècle, dans son expédition en Bretagne, Guillaume-le-Bâtard, accompagné de Harold, fit passer à son armée les grèves à l’embouchure du Couesnon. La Tapisserie de la reine Mathilde le représente à cet endroit avec cette légende, aux scènes 17/18 : « Venerum ad flumen Cosnonis. » Harold, grand et fort, retire les soldats enlisés : « Et Haroldus trahebat eos de arena ».

* Traduction : « Et ici ils traversent le fleuve Couesnon. Ici le Duc Harold les tire hors du sable. Et ils arrivent à Dol et Conan s’enfuit à Rennes ».

[23 avril 2021] L’ancien cinéma de Pontorson…

Il y avait dans le passé, en face de notre mairie, l’ancien cinéma de Pontorson. Il s’appelait « Cinéma/Théâtre Le Palace » (1923-1934), puis « Eden » (1934-1959).

Aujourd’hui, au rez-de-chaussée de cet ancien cinéma, nous retrouvons désormais MMA.

Il existait aussi le « Rex », rue Montgomery (1951-1959).

[30 avril 2021] Le mascaret !

Le curieux phénomène du mascaret s’observait dans le Couesnon, deux jours avant et deux jours après les syzygies*, pendant les grandes marées de 100 à 115. La mer, en refoulant les eaux douces, formait une barre composée de plusieurs vagues ondulées et écumeuses, qui s’avançait avec la vitesse d’un homme à la course, et qui se faisait entendre de fort loin en se heurtant sur les rives. Le niveau s’élevait tout à coup de plusieurs décimètres, et le mouvement continue pendant une heure, comblait rapidement à pleins bords le lit de la rivière.

C’était d’ailleurs un moment de rencontre apprécié des Pontorsonnais.

Il est toujours visible aujourd’hui, mais il est de moindre importance à cause du barrage.

* Position de la Lune (et par extension d’une planète) en conjonction ou en opposition avec le Soleil (nouvelle lune et pleine lune).

[7 mai 2021] La Chapelle Saint-Nicolas.

Dite aussi la « Maladrerie », on connaît son emplacement actuel mais il ne reste rien de cet édifice hormis un portail fleuri. Le portail porte les ornements du XVIe siècle, qui se distinguent assez bien de ceux du XVe par l’ampleur des formes, en particulier des formes végétales.

On sait que celle-ci existait au XIIe siècle, car un seigneur de Boucey qui se fit moine du Mont-Saint-Michel, rendit une charte, qui indique entre autres : « …Pour cela, je donnai de mon fief quatre acres de terre. Mon neveu Richard CARDON consentit à ce don, il le confirma de sa main et déposa la charte sur l’autel de Saint-Nicolas dans la chapelle de Pontorson, avec le livre de la messe. ».

La porte, décapitée aujourd’hui, était probablement en cintre : elle est flanquée de deux pignons à pinacles épanouis en crosses végétales, et couronnée d’une arcature en accolade dont le sommet s’étale en croix foliée. Sur le clocheton de gauche est sculpté un agneau, symbole du bien et sur celui de droite, un dragon, symbole du mal. Ce joli portail fait vivement regretter la perte de la chapelle.

Cette chapelle était aussi une maladrerie. Fort peu de documents en parlent ; mais nous trouvons dans le Pouillé du Diocèse, fait en 1648 : « La maladrerie de Pontorson, de fondation Royale, ayant pour patron le grand aumônier de France, rend 2 000 liv ».

[14 mai 2021] La Justice !

Dans plusieurs villages s’élevaient des gibets où avaient lieu les exécutions des criminels condamnés à mort du temps du régime seigneurial et jusqu’à la révolution française.

Placés sur une hauteur, un peu en dehors du village, mais bien en vue du principal chemin public, les gibets signalaient aux habitants le siège d’une haute justice.

Les corps des condamnés étaient laissés pour être exposés à la vue des passants et dévorés par les corbeaux. Le gibet était avant tout une démonstration visible du droit de justice du Seigneur, mais il ne servait probablement pas beaucoup.

À Pontorson, le gibet était situé à l’emplacement de l’actuel château d’eau (à Boucey). D’ailleurs, vous remarquerez que le nom de la rue est « Allée du Château d’eau », mais s’appelait aussi « La Justice Boucey ».

[21 mai 2021] Le Temple de Cormeray.

L’histoire du Temple disparu de Cormeray est assez bien documentée. Les Montgommery, maîtres du château et de la ville de Pontorson, vont édifier peu après l’édit de Nantes le « presche » à quelques pas seulement de l’église paroissiale Notre-Dame.

Mais en 1621 Gabriel II de Montgommery va échanger la place contre trente mille écus et une autre charge. Son départ de la ville va entraîner la fermeture du prêche, et obliger la communauté protestante à trouver un autre lieu de culte.

Le 12 septembre 1626, un arrêt du Conseil du Roi va autoriser les réformés de la ville « de faire l’exercice de leur religion en ce lieu de Cormeray, distant d’une lieue ou environ de la ville, et de construire au dit lieu un temple pour le dit exercice à leurs frais et despens ».

Gabriel d’Hauteville fit don du terrain, sur lequel fut rapidement édifié le temple, grâce à la générosité de Gabriel de Montgommery, de Jacques Dalibert et des autres notables de la communauté.

Inauguré le 12 août 1627, le temple accueillait au moins trois services par semaine : le principal le dimanche matin à 9 heures, le second à 15 heures le même jour, enfin un service était célébré le jeudi. Incendié en 1662 par Olivier Bence, vicaire de l’église voisine, le temple fut reconstruit en 1669, avant d’être rasé juste avant la révocation de l’Édite de Nantes en 1685, et ses pierres furent données à l’hôpital de Pontorson. Les registres de ce temple et de la communauté ont été perdus, mais le souvenir de son emplacement au centre du village, dans le champ Libert, a survécu.

Les bases d’un mur le long de la rue et un fragment de pierre tombale gravée du XVIIe siècle sont peut-être ses derniers vestiges. Avec quelques pierres dans un enclos voisin, qui devrait abriter le cimetière.

[28 mai 2021] L’Hôpital de Pontorson.

Fondé comme maison-Dieu en 1115, l’hôpital Saint-Antoine de Pontorson semble avoir été implanté, dès l’origine, sur la rive gauche du Couesnon et, par conséquent, sur le territoire paroissial de Cendres. Il n’a longtemps tenu qu’en un petit édifice, puisque « les maisons-Dieu, comme les prieurés, qui, eux aussi, hébergeaient les passants, étaient de simples maisons d’habitation ou des fermes plus ou moins importantes ».

Il est confié aux religieux de la Charité de l’ordre du bienheureux frère Jean de Dieu en 1644. Ce sont eux qui font bâtir l’hôpital dans l’extension qu’on lui voit en 1817, à l’emplacement qui est encore aujourd’hui le sien. Le premier bâtiment à usage d’hospice, logement et chapelle est construit entre 1647 et 1649, puis agrandi et embelli à différentes reprises au cours du XVIIe siècle, et enfin reconstruit entre 1715 et 1723. Des dépendances agricoles ou domestiques sont élevées entre 1651 et 1654, entre 1675 et 1678, entre 1684 et 1690, en 1702. L’institution abritant à partir de 1700 de plus en plus de prisonniers, des geôles nouvelles sont bâties entre 1757 et 1760. Enfin, un bâtiment est ajouté entre 1762 et 1793, sans doute à usage de prison.

Seules en subsistent les constructions de 1715/1723 et 1762/1793.

L’essentiel des bâtiments actuels datent des XIXe et XXe siècle, l’emprise totale de l’hôpital ayant doublé depuis 1947. On remarquera que dans le même temps, sinon dans le précédent, ont été aménagées les terres situées au nord de la chaussée de Villechérel (RD 776), exploitées en jardin potager pour l’hôpital.

[4 juin 2021] Les Capitaines de Pontorson.

La place forte aurait été édifiée en 1031 par le Duc de Normandie, Robert le Magnifique pour défendre le passage du Couesnon contre les incursions Bretonnes. Elle conservera ensuite sa position stratégique pendant tout le Moyen-Âge.

Période anglo-normande (1066-1204) :

En 1135 : Henri 1er d’Angleterre fait construire un nouveau château sur les bords du Couesnon.
Avant 1162 : Bertram de Verdun, shérif de Warwick et de Leicester.
Vers 1162 : Aquilin des Fours, destitué par Henri II en raison de ses pillages et exactions dans l’Avranchin.
1162-1172 : Robert de Thorigny, abbé du Mont-Saint-Michel.
1172-1204 : Guillaume du Hommet, connétable de Normandie.

Période bretonne (1204-1223) :
Le titre de capitaine de Pontorson est ensuite attribué par les rois de France aux officiers de la Couronne.

v. 1352-v.1355 : Arnoul d’Audrehem, Maréchal de France et lieutenant du Roi en Normandie. Il laisse la garde de la place-forte de Pontorson à ses lieutenants, en 1352 à Robert de Houdetot (grand-maître des arbaletriers du Roi et sénéchal d’Agenais) et en 1354 à Jean de la Heuse, dit le Beaudran.
v.1356-1361 : Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson et de Saint-James en 1357.
1361-1380 : Bertrand Du Guesclin, connétable de France.
1380-1407 : Olivier de Clisson, connétable de France.

Occupation anglaise (1418-1450) :

1419-1426 : William de la Pole, comte de Suffolk.
1426-1427 : Pierre de Rostrenen, nommé capitaine de Pontorson par le connétable Arthur de Richemont lors de la reprise éphémère de la ville par les Français.
1427-v.1449 : Thomas de Scales.

Période Française et guerres de religion :

v.1495-1501 : René Bourré, fils de Jean Bourré, argentier de Louis XI.
1562-1574 : Gabriel Ier de Montgommery ?
15 juin 1574 à 1582 : Esme de Vambais (meurt le 6 juin 1582).
15 mars 1585 à 1590 : René de Vambais, Sieur de Fleurimont, capitaine et gouverneur pour le Roi de la Ville et château de Pontorson. Le 23 avril 1590 les habitants de Pontorson ouvrent leur porte au capitaine huguenot de Saint-Quentin qui, avec deux cents soldats vient prendre possession de la ville. René de Vambais résiste et le château reste entre ses mains. Le 6 juin de la même année, Saint-Quentin tente de s’en emparer. Il est renversé en montant à l’assaut et blessé mortellement pour le gouverneur en personne. Mais le château de Pontorson pliera sous l’assaut de Gabriel II de Montgomery et René de Vambais s’enfuira au Mont-Saint-Michel.
1591-1621 : Gabriel II de Montgommery, seigneur de Ducey.

[11 juin 2021] Travaux réalisés sur l’ancienne forteresse.

J’ai retrouvé dans les Archives Nationales, des anciennes quittances de travaux réalisés pour notre ancienne forteresse. La plus ancienne date du 29 octobre 1402 !

Quittance n° 587 du 29 octobre 1402 : Quittance de Thomas Gautier, de la paroisse de Sougéal en Bretagne, à Regnault Filz, vicomte d’Avranches, de 45 s. t., pour fourniture de bois pour les ponts dormants de Pontorson, « passans et traversans dud. lieu de Pontorson par dessous la rivère de Coisnon ou pais de Bretaigne, par dessus lesqueilx pons il est necessité trespasser du pais de Normendie en Bretaigne et de celui de Bretaigne en Normendie ». [Ms. fr. 26032, n° 3380].

La quittance n° 590 du 24 décembre 1402 est intéressante, car elle parle de notre ancien château : Quittance de Lorent Gueret, charpentier, à Regnault Filz, de 50 s. t., pour travaux de charpenterie au château de Pontorson (prison de la basse fosse, sous la grosse tour du château). [Ms. fr. 27731, dossier La Fresnoys, n° 18].

[18 juin 2021] L’histoire des prés-salés Grévin.

Vous avez sans doute remarqué l’installation de moutons dans la Rue de Tanis. Ils font allusion aux moutons de prés-salés dans la baie du Mont-Saint-Michel.

La pratique de cet élevage est très ancienne. Dès le XIème siècle, les moines de l’abbaye du Mont Saint-Michel ont un droit de « brebiage », c’est-à-dire qu’ils pouvaient choisir la plus belle brebis dans chaque troupeau des exploitations voisines. Le développement des pèlerinages au Mont Saint-Michel permet de faire connaitre ce met à travers de nombreuses régions, grâce aux récits des nombreux pèlerins.

Au XXème siècle, avec l’arrivée des premiers « touristes », l’agneau de prés-salés cultive sa renommée. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, on associe l’image du Mont Saint-Michel à ce produit gastronomique local.

Sur la commune nouvelle de Pontorson une association : le Grévin « Pré-Salé », c’est créé pour la promotion et la commercialisation de ce produit de qualité : l’agneau de pré-salé.

L’agneau de prés-salés naît durant les mois d’hiver, sous la surveillance assidue de ses éleveurs passionnés, qui perpétuent ce savoir-faire.

On le trouve plutôt à partir de mai-juin. Mais historiquement, l’agneau de prés-salés se déguste surtout à l’automne et à Noël.

[25 juin 2021] Le Mont-Saint-Michel et le Monte Sant’Angelo en Italie.

La ville de Monte Sant’Angelo (13 000 habitants) située dans la région des Pouilles (sud de l’Italie), abrite l’un des plus célèbres sanctuaires dédiés à l’archange Saint-Michel. Ce sanctuaire est sur le Monte Gargano (Mont Gargan). La légende raconte que l’évêque d’Avranches (Aubert), fit construire le 1er sanctuaire (circulaire) en l’honneur de Saint-Michel au 8ème siècle. Ce sanctuaire, inspiré de la grotte du Mont Gargan fut construit sur le Mont-Tombe.

En mai 2019, un pacte de jumelage fut signé entre la ville italienne et celle du Mont-Saint-Michel afin de permettre la mise en œuvre de projets culturels et touristiques, y compris au niveau européen.

[2 juillet 2021] Chapelle du prieuré de Ballant de Vessey.

Vessey a son Prieuré de Balent, c’est l’un des principaux du Mont-Saint-Michel : aussi est-il très-souvent cité dans les livres de cette abbaye.

Il est cité dans le Cartulaire pour une concession du XIe siècle : « Ego Willelmus concessi Vicum Crucis, Vilers, Baleent. ». Il apparaît dans l’énumération des propriétés du Mont dans la grande charte d’Alexandre III, rendue en 1178 : « Villam de Cruce, Villaire (Villers), Baalent, ect. »

En 1188, Balent fut le théâtre d’une solennelle donation faite au Mont par Raoul de Fougères et racontée dans une charte du Cartulaire.

Dans le Livre des Constitutions on lit que le Prieuré « de Baalaam » était taxé de 7 liv. 5 sol. et demi.

En 1337, l’abbé de Marmoutier, délégué par le pape, vint au Mont, et de concert avec l’abbé arrêta que deux religieux seraient envoyés à Paris « ad studia generalia » et entretenus aux frais des Prieurés : celui de Balent fut taxé à 30 sous.

Il reste du Prieuré une statue de Vierge en tuffeau et une fenêtre trifoliée.

[16 juillet 2021] L’ancienne paroisse de Caugé.

Caugé est historiquement un village de Boucey, et comme un faubourg de Pontorson. Il n’y a plus rien de monumental, et la tradition a perdu le souvenir du passé. Cependant Caugé a été sinon une paroisse, du moins un village avec une église et probablement un manoir. On a cru que la Scallei de la célèbre charte du Duc Richard n’était autre chose que Caugé. C’est l’opinion de M. Stapleton, qui, en outre, croit que l’église de Caugé, voisine de Pontorson, a été paroissiale, et qu’elle ne cessa probablement de l’être que lorsque Henri II eut donné Pontorson au Mont-Saint-Michel.

Une charte de 1056 mentionne « Ecclesia de Calgeio ; » la bulle d’Alexandre III, de 1178, cite « Ec. de Caugé cum pertinentiis suis, » et dom Huynes, en parlant des biens enlevés à son monastère, écrivait au commencement du XVIIe siècle : « La cure de Caugé est aussi douteuse en l’évêché d’Avranches. ».

Caugé a été aussi le théâtre d’une bataille entre les Vendéens et les Républicains. Quand l’armée vendéenne eut été repoussée de Granville, et que sa cavalerie eut poussé une pointe jusqu’à Villedieu, cette émigration de cent mille hommes, décimée et démoralisée, revint vers la Loire par la route qu’elle avait suivie peu de jours auparavant. Les troupes républicaines se mirent en mouvement pour prendre les Vendéens entre deux feux.

[23 juillet 2021] La Bataille de Pontorson.

Dans l’ancien territoire de Caugé à l’entrée de Pontorson, a été le théâtre d’une bataille sanglante entre les Vendéens et les Républicains.

Quand l’armée vendéenne eut été repoussée de Granville, cette émigration de cent mille hommes, décimée et démoralisée, revint vers la Loire en passant par Pontorson. Les troupes républicaines se mirent donc en mouvement pour prendre les Vendéens entre deux feux.

Le Général Marigny, posté à Sacey avec 1 500 hommes de troupes légères, ne bougea pas, par jalousie, dit-on, à l’égard du Général Tribout. Celui-ci commandait Pontorson avec 4 000 hommes. Il en envoya 600 pour couper le Pont de Pontaubault. Lejeay et Forestier, deux officiers vendéens, attaquèrent cette troupe et la dispersèrent. « Ils allèrent jusqu’auprès de Pontorson, et, étant tous deux seuls en avant, ils se trouvèrent, au détour du chemin, en face de l’armée ennemie. Ils voulurent revenir, mais Forestier avait un cheval rétif qu’il ne put jamais faire retourner, il s’écria : « À moi, Lejeay ! Je suis perdu ! ». Lejeay revint, prit la bride du cheval : ils se sauvèrent au milieu d’une grêle de balles, et rejoignirent l’armée qui s’avançait. ».

L’armée ennemie était celle de Tribout, et le détour de la route auprès de Pontorson ne peut être que Caugé. Le Général Tribout, très-faible en face d’une trentaine de mille hommes, s’était établi au carrefour appelé Croix-de-la-Cage, et avait braqué ses canons sur la grande route, où ses flancs étaient sans défense.

D’Autichamp attaqua les Républicains avec la division de Beauchamp qui formait l’avant-garde : c’était vers le soir du 18 novembre 1793. L’artillerie des Républicains fit d’abord des ravages parmi les Vendéens, mais ils furent aisément débordés, pris en flanc, et enveloppée.

Chargés à la baïonnette, ils furent refoulés jusqu’à dans Pontorson, et là, dans les rues, presque tous furent taillés en pièces. L’affaire dura de 4 heures à 9 heures. On jeta une partie des cadavres dans des carrières qui s’appelèrent dès-lors les Perrières-ès-Morts : le sol est encore plein de balles, et on en trouve aussi sous l’écorce des vieux arbres.

Le Général Tribout fut destitué. Forêt, un des meilleurs officiers vendéens, fut blessé à mort, et on brisa un canon pour mettre des chevaux à sa voiture.

La route et les rues furent jonchées de cadavres, et on pourra juger de l’horreur de cette bataille nocturne par le récit de Madame DE LA ROCHEJACQUELEIN : « J’arrivai en voiture sur les 9 heures du soir, comme le combat venait de finir. J’étais avec une femme de chambre qui portait ma pauvre petite fille. Messieurs Durivault et de Beauvolliers, tous deux blessés, étaient avec moi aussi. La voiture passait à chaque instant sur des cadavres ; les secousses que nous éprouvions lorsque les roues rencontraient ces corps, et le craquement des os qu’elles brisaient faisaient une impression affreuse. Quand il fallut descendre, un cadavre était sous la portière ; j’allais mettre le pied dessus, lorsqu’on le retira… ».

Les pertes vendéennes ne sont pas connues et celle des républicains font l’objet d’estimations très variables ; le représentant Louis Turreau écrit au Comité de salut public le 23 novembre que les Républicains n’ont pas perdu 20 hommes, de même les administrateurs de la Manche écrivent également au Comité que les Républicains ont perdu moins de 50 hommes.

Le Général Tribout déclare ne regretter que 100 soldats, les pertes sont de 300 tués et blessés selon le Général Kléber. Enfin, un nommé Lesouchu qui participe à l’inhumation des cadavres estime le nombre de républicains tués de 1 000 à 1 200.

[28 juillet 2021] Pontorson (Cormeray).

Le nom primitif de Cormeray, celui qui est resté dans la prononciation locale, était Cromeray : c’est la forme qu’il a dans la charte de 917 : « Dimidium Cromerei ». Nous le trouvons ainsi dans sa latinisation générale, et en particulier dans un registre des Synodes : « S. M. de Cromereyo ». Cromer est sans doute le nom de celui qui posséda et dénomma cette localité dans la grande division du sol normand qui fit Rollon à ses fidèles : « Terram funiculo suis fidelibus divisit. ».

[30 juillet 2021] L’ancienne Ruelle des Douves.

Il existait à Pontorson, à la limite du territoire de Pontorson et de Caugé, la Ruelle des Douves. D’ailleurs, elle portait bien son nom, car nous y trouvions les douves de notre ancienne ville fortifiée.

En 1839, le Maire de la ville (M. TANGUY) présente le projet de rectification des alignements des rues et le tracé de nouvelles rues.

Aujourd’hui nous allons nous intéresser au futur Boulevard du Général de Gaulle (appelé Boulevard de l’Est lors de sa création). Car son tracé commence justement sur l’ancienne Ruelle des Douves.

Initialement le tracé du futur Boulevard de l’Est (Général de Gaulle) était assez rectiligne (avec une orientation légèrement vers l’est). Et il devait se terminer dans la Rue Haugomat !

C’est plus tard que le tracé définitif, comme nous le connaissons aujourd’hui, fut retenu.

[5 août 2021] Pontorson (Les Pas).

Les Pas, d’un dessin très-irrégulier, consiste principalement en un plateau triangulaire, fortement accusé au sud-est où s’élèvent trois monts, de forme tumulaire, dits les Monts-Leval. Une voie romaine, celle de Fines à Condate, traversait cette commune, où son parcours est signalé par le nom même du lieu, par celui de Rome, du Désert, etc…

Les Pas à son église Saint-Martin, une bastille disparue et ses vestiges des moulins à vent de Corcane, de la butte du Bel-air et du Mont Leval.

[6 août 2021] Le camembert de Pontorson !

La ville de Pontorson a eu droit à son camembert !

Estampillé « Le Globe » (qualité supérieur), il s’agissait d’une marque déposée de J. MARLOT.

L’usine devait se situer à l’entrée de la ville vers la rue du Vieil Hôpital.

[12 août 2021] Pontorson (Moidrey).

La ligne tortueuse du Couesnon, qui forme la presqu’île fermée des Milardières, et la presqu’île ouverte des Verdières, là où, cessant d’avoir des rives, ce fleuve s’étale dans des vases blanches et désolées, sol intermédiaire entre la terre et la grève, découpe ou corrode Moidrey à l’ouest. Une ligne généralement idéale, anguleuse et saccadée, la détermine des autres côtés. Elle est traversée par l’ancienne voie montoise de Bretagne. Le sol ne se rehausse guère que dans le petit coteau de l’église de Saint-Laurent. Moidrey est connu pour son Moulin, classé par l’UNESCO au patrimoine mondial en 2007. Depuis sa restauration, son meunier fabrique des farines à partir du blé noir, blé, seigle… N’oublions pas aussi son château !

[13 août 2021] L’ancienne station-service.

Vous êtes nombreux à connaitre la station Total, présente à l’entrée Est de la ville (au rond-point de Caugé/Saint-James).

Est-ce que vous savez qu’autrefois, une autre station-service existait au même endroit ? Il s’agissait de la station-service « AZUR » !

[19 août 2021] Pontorson (Ardevon).

Ardevon offre à l’archéologie une église, un prieuré, une bastille, une léproserie, une chapelle, et partout le souvenir du Mont-Saint-Michel dont il était une baronnie. Le Terrier de l’Abbaye cite quelques noms remarquables, le Pré-des-Anges, la Croûte, le Paradis, la Bastille. Il y a peu de villages : il y en a trois du nom de Beau-Soleil et il y a encore les Buternes à la Rive.

L’église d’Ardevon est une ecclesiola, c’est à dire qu’elle n’a ni tour, ni transept : elle a un joli campanier à trois tinterelles ; mais elle est une des plus antiques du pays.

Le Prieuré a plus d’importance sous le rapport monumental, historique et même artistique. La Maladrerie d’Ardevon ou chapelle Saint-Gilles est située dans le village de Saint-Gilles (du XVe siècle). La chapelle de la Madelaine n’existe plus que dans les souvenirs.

Enfin, Ardevon eut aussi, vers 1420, une bastille, élevée par les Anglais.

[20 août 2021] La minoterie et l’arrivée de l’électricité !

Au début des années 1904, il existait à Pontorson, une minoterie. Elle était installée où est aujourd’hui le magasin de bricolage « LaMaison.fr » (20 Boulevard Clémenceau). Elle était tenue par Messieurs TESNIÈRE frères, qui, leurs études de droit terminées, se sont adonnés à l’industrie et au commerce des farines.

En 1906, dans leur ardeur juvénile, ils ont installé dans leur usine, trois dynamos qu’actionnent deux moteurs à gaz d’une force totale de 100 chevaux. À leur frais, ils ont placé les fils conducteurs, les consoles et le travail terminé, ils sont venus dire à la municipalité pontorsonnaise : « Voulez-vous que nous éclairions vos rues ? Nous avons assumé toutes les dépenses de première installation et vous ne paierez que l’éclairage ».

Le marché fut vite conclu avec les Frères TESNIÈRE et la ville pour 30 années. Dorénavant, les Pontorsonnais ont droit à des rues éclairées (les rues Couesnon, de Saint-Michel, Tanis et autres).

Mais les commerçants de la ville pouvaient aussi en profiter ! Des engagements au prix de 0 fr. 10 les 100 watts-heure et de 8 fr. 50 par mois par lampe de 16 bougies…

De cette histoire sur l’électrification de la ville grâce à cette minoterie, il ne reste qu’un bout de mur délimitant la parcelle (entourée sur les photographies)… En effet, cet ancien bâtiment fut détruit en 1994.

[2 septembre 2021] Pontorson (Curey).

La forme de Curey est pratiquement circulaire : l’église est à peu près au centre. La courbe du nord est tracée par le ruisseau des Monts-Leval.

Par un développement récent, l’église Saint-Martin est devenue cruciforme. Entre le chœur et la nef il y avait un campanier : il a été détruit, rien ne le remplace : la paroisse a une église sans clocher. La grosses cloche, suspendue dans une cage en charpente, se balance près du sol dans le cimetière. L’édifice primitif, sans doute celui que le fils de Rollon donna au Mont-Saint-Michel, revit à nos yeux dans sa façade occidentale, dans des fenestrelles, des modillons et un vestige de porte.

D’ailleurs, il existe des pierres tombales datées de 1383.

[3 septembre 2021] L’alimentation historique en eau de la ville.

La Guimbarde est une fontaine qui a alimenté la ville de Pontorson pendant de très nombreuses années. Sa source est toujours visible de nos jours.

L’eau de cette fontaine était dit-on très abondante et très pure. Son volume était d’ailleurs augmenté en y réunissant les eaux de plusieurs sources voisines. Ces sources voisines, au nombre de trois, sont reliées entre elles (à la principale) via un petit aqueduc de 30cm de hauteur et de 80cm de largeur. Elle était destinée à alimenter un certain nombre de fontaines publiques dans différents quartiers de la ville, à fournir de l’eau à l’hôpital et même à quelques propriétaires (par des concessions particulières).

Le niveau moyen de ces eaux est élevé de 10 mètres au-dessus du sol de l’ancienne Place Saint-Michel.

Le cheminement terminal de ces eaux était un bassin (180cm x 180cm) en plomb situé dans l’intérieur de la cage de l’ancien château d’eau (de la Place Saint-Michel). Un second bassin (140cm x 140cm) était installé afin de faire jaillir l’eau de la fontaine. D’autres tuyaux en plomb étaient reliés à ce bassin pour amener de l’eau à l’hôpital et dans les différents quartiers.

Le tracé de cette source jusqu’à la rue Saint-Michel contenait 9 regards (équipés de robinets et d’un système de vidange).

[9 septembre 2021] Pontorson (Boucey).

Rien de plus reposant que de faire un arrêt à Boucey et dans ses marais.

Une forme presque circulaire, un plateau découvert, légèrement incliné vers le bassin du Couesnon : tels sont le dessin et le relief de Boucey.

L’originalité de l’église (Saint-Pierre) de Boucey consiste dans l’absence de portail occidental : elle a un porche au flanc de la nef. La nef a été refaite en 1675 et le chœur en 1730 ; mais il reste deux fenêtres du XVIe siècle avec des fragments de vitrail.

Les seigneurs de Boucey sont les plus anciens que nous connaissions. Au commencement du XIIe siècle, Guillaume de Boucey, baron du Comte RANNULFE, souscrivit à une charte relative à Ducey.

Nous retrouvons aussi à Boucey un pigeonnier royal (du XVIe siècle) : un colombier en tour cylindrique sur la ferme de Verdun, au centre du bourg. Il est au nord de l’église, sur la D169E. Mais il existait aussi un château…

[10 septembre 2021] L’Hôpital Saint-Antoine de la Charité.

En 1115, les bourgeois de Pontorson achètent un fonds de terre de 40 hectares pour d’y établir un hôpital au bord du Couesnon. Par lettres patentes d’août 1353, le roi Jean II, dit Jean Le Bon, confirme l’établissement et accorde aux bourgeois de Pontorson la qualité de patrons fondateurs et présentateurs du prieur chapelain de l’hôpital. Il relève alors pour le spirituel de l’évêque de Dol-de-Bretagne et pour le temporel de la Normandie.

Sous l’ancien régime, on envoie l’excédent des prisonniers de la Bastille à l’hôpital de Pontorson, en faisant ainsi une sorte d’oubliette. À partir de 1644, sur recommandation d’Anne d’Autriche, la reine régente, et sur l’invitation spéciale du roi son fils, la gestion de l’hôpital revient aux frères de Saint-Jean de Dieu.

Quand les prisonniers d’État cessent d’être une ressource pour l’hôpital, naît le projet de recevoir davantage d’aliénés. À cette époque, leur travail est considéré comme un moyen thérapeutique. C’est aussi une source de revenus pour l’hôpital. Des constructions nouvelles sont alors envisagées avec des préaux ouvrant sur de beaux jardins. On remplace les cachots par des dortoirs, on crée des douches. Une ferme modèle exploite une partie des 40 hectares avec 50 vaches ou bêtes de trait, une porcherie et une basse-cour.

En 1805, ils sont 300 aliénés, employés à toutes sortes d’activités (travaux agricoles, bourrellerie, menuiserie, confection de chaussures). Les sœurs de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Seine sont alors à la tête de l’institution, jusqu’en 1809.

Dès 1819, l’asile de Pontorson est en mesure de satisfaire à tous les besoins du département pour héberger les aliénés et traite plusieurs fois avec le préfet de la Manche, mais il faut de longues négociations pour en faire un asile public.

Le bâtiment le plus ancien encore présent est la chapelle datant du 18e siècle. Il y a encore son ancien cimetière qui est visible sur la D997, juste au niveau du croisement avec la D4 (Pleine-Fougères/Combourg).

Depuis 1991, l’établissement est entré dans une politique de restructuration insistant sur la liberté du malade.

Depuis 2016, avec les Centres Hospitaliers d’Avranches-Granville, de Saint-Hilaire-du-Harcouët, de Mortain, de Saint-James et de Villedieu, il fait partie du groupe hospitalier Mont Saint-Michel (GHT).

Vous reconnaîtrez qu’il s’agit du Centre Hospitalier de l’Estran.

[17 septembre 2021] Une série télévisée et Pontorson…

Vous avez surement connu une série qui est sortie sur l’RTF, puis sur l’ORTF entre 1963 et 1966. Elle a eu d’ailleurs de nombreux réalisateurs (Robert GUEZ, Pierre GOUTAS et Joseph DRIMAL). 4 saisons et 52 épisodes furent tournés au Château du Moulin à Lassay-sur-Croisne et dans la commune de Mennetou-sur-Cher.

Et oui, il s’agit bien de « Thierry la Fronde » !

Vous allez me dire : « Quelle est la relation avec Pontorson et cette mythique série ? ».

Étant né au début des années 1980, je me suis dernièrement intéressé à cette série. Et grande surprise, j’ai trouvé deux épisodes qui parlent de Pontorson !

L’épisode 5 de la saison 2 « Nous irons à Pontorson » est sorti le 1er mars 1964. Dans cet épisode, Thierry est ses compagnons se font passer pour une troupe de comédiens afin de passer inaperçus et remettre un trésor de guerre au Capitaine Du Guesclin.

L’épisode 11 de la saison 4, sorti le 13 mars 1966 est nommé « Ces Dames de Pontorson » : Thierry, Isabelle, Jehan et Martin sont les invités de Bertrand du Guesclin. Dame Martin est aussi venue à Pontorson tandis qu’une grande et belle femme, Gertrude, s’éprend de Martin, ce qui amuse ses amis.

Pontorson est aussi une ville de cinéma !

[24 septembre 2021] Les Majorettes de Pontorson.

Peut-être que vous avez connu les Majorettes de Pontorson. Ce groupe a pu se développer et gagner une juste renommée grâce au dévouement de quelques bonnes volontés, entre autres de celle qui fut la première capitaine : Madame Marie-Christine VALOIS.

Celle-ci s’est d’ailleurs mariée à Pontorson le 4 septembre 1971, avec tous les meilleurs vœux de bonheur de ses amies Majorettes.

Ce groupe est né, d’après les éléments que j’ai trouvés, en 1969.

[1er octobre 2021] De Trafalgar à Pontorson – Louis TANGUY (1781-1841) – Ancien Maire.

À l’ombre d’un if, une simple pierre tombale, là repose Louis Tanguy, officier de la marine d’état, maire de Pontorson durant une décennie. Voici la surprenante destinée de cet édile peu connu, voire oublié, dont curieusement aucune de nos rues ne porte le nom.

Fils de Louis et de Marie Deschenais, Louis Julien Marie voit le jour en la ville de Saint-Malo le 12 novembre 1781. Il n’a pas encore atteint ses huit ans lorsque le 9 avril 1789, il embarque sur « Le Neptune » en qualité de mousse, direction les bancs de Terre-Neuve ; puis en 1790 sur « L’Union » et en 1791 sur « Le Mesnage », pour la même destination. Le premier prairial an 6 (20 mai 1798), il est cité comme novice sur la flûte « Le Cormoran ». Ainsi débute sa carrière au service de l’état, qui ne cessera qu’en 1817. Aspirant de deuxième classe sur le lougre « Le Granville », il connaît « plusieurs affaires (sic) », contre les Anglais à l’occasion de la protection de convois de Brest à Saint-Malo.

Au gré de ses promotions et de ses multiples mutations, nous le trouvons successivement comme aspirant de première classe sur « L’Invicible ». Il participe à l’expédition de Saint-Domingue sous les ordres du Général Leclerc, sur « La Révélation » puis sur « Le Pelayo ». Il commande un détachement de marins qui contribue à la prise de l’île de la Tortue et du Fort des Gonaïves. En l’an 11, il est sur « Le Desaix ».

Enseigne de vaisseau sur « L’Aigle », officier chargé des signaux lors du combat naval de Finisterre ou « Bataille des Quinze-Vingts » (juillet 1805) puis Trafalgar (octobre 1805). Par suite du combat, tous les officiers qui le précédaient dans la hiérarchie ayant été blessés ou tués, il reçut du Capitaine Gourrège, mortellement atteint, le commandement du vaisseau. « L’Aigle » se rendit après une belle résistance. Le lendemain, l’équipage captif se révolta contre la garnison de prise. Après plusieurs jours employés à la lutte contre la forte tempête qui succéda à la bataille, Louis Tanguy put ramener le navire à Cadix avec le reste de son vaillant équipage, tous les blessés et les anglais prisonniers dont trois officiers.

Promu lieutenant de vaisseau sur la frégate « La Thémis », puis sur « L’Amélie » et « La Pomone ». Il est fait prisonnier suite au Combat de Pelagosa ou « Combat de la Pomone » et est retenu à Malte de novembre 1811 à août 1814.

Il tombe en demie solde jusqu’en octobre 1817 (avec une courte reprise de service à Brest en 1815). Ici prend fin de son service dans la marine d’état.

Le 17 février 1817, il épouse à Pontorson, Modeste Le Templier, de quinze ans sa cadette. Au moins deux enfants naîtront de cette union : Louis en 1818 et Edouard en 1829. En 1826, il sauve au péril de sa vie, un homme sur le point de se noyer dans la Baie du Mont-Saint-Michel. En 1829, à la naissance de son second fils (tous deux nés à Pontorson), il est cité comme lieutenant de vaisseau à la retraite domicilié à Pleine-Fougères.

Louis Tanguy est fait chevalier de la Légion d’Honneur en juillet 1837, décoré en août à la Préfecture de Saint-Lô. Lors de la séance de la Société d’archéologie d’Avranches, en mars 1838, il fait lecture d’une « Notice sur la ville de Pontorson » (que l’on retrouve en 1842 dans le Tome I de cette société, pages 129 à 159).

En cette même année, il est cité comme l’un des membres fondateurs de la Société d’agriculture de l’arrondissement d’Avranches, avec un autre Pontorsonnais, Gabriel Hédou, pharmacien de son état.

Cet homme, à la vie peu banale, s’éteindra en notre commune le 28 octobre 1841. Son épouse lui survivra plus de trente ans, elle rendra l’âme le 22 décembre 1872.

[8 octobre 2021] Pontorson… Ses foires et ses marchés.

Pontorson possède un riche passé à travers ses grands noms comme Du Guesclin, Montgommery… et l’Histoire de sa forteresse et de son Hôtel Dieu.

Mais il ne faut pas effacer la vie de tous les jours où la cité a toujours montré une grande richesse et de nombreuses animations.

Le plus curieux et peut-être le plus intéressant est cet extrait de « L’Almanach de LIEGE, pour l’an de grâce 1768 » écrit par Mathieu Lansberg.

Il est noté dans cet agenda destiné aux marchands, les foires qui ont lieu dans le Sud-Manche et donc à Pontorson.

Nous pourrons y noter quelques noms « amusants » comme La Foire de la Saint Paterne et des Chats à Sartilly tous les 29 septembre mais aussi des grands classiques, toujours présents comme la Foire Saint Martin à Saint Hilaire du Ht, le lundi 16 novembre…

Mais attardons-nous dans notre charmante ville de Pontorson. En cette année 1768, 3 Foires existent dans notre ville :
1) La FOIRE SAINT ANTOINE, le mercredi 21 janvier ;
2) La FOIRE SAINT NICOLAS, le mercredi 13 mai ;3)
3) La FOIRE SAINT GILLES, le mercredi 2 septembre.

Comme vous pouvez le constater « notre Saint Michel » n’existe pas !!! À rechercher…

Les années passantes, les Foires et Marchés ont eux aussi changé….

D’autres moments forts existaient dans notre cité, comme les ventes d’animaux rassemblant toute la région : les comices agricoles.

Des évènements, il y en aura d’autres et ceci n’est qu’un petit survol …

Les documents présentés sont issus de collections privées mis à ma disposition pour la rédaction de cette note.

Note postérieur : j’ai trouvé (Yohan DAUPHIN) une trace de notre Foire Saint-Michel dans le Ouest-France daté 15 octobre 1971. D’ailleurs il y avait une course de karting avec 37 participants (de Cherbourg, Rennes, Laval, Nantes, Vannes, Caen…) !

[15 octobre 2021] Le mystérieux tympan de l’église Notre-Dame !

Afin de remercier la Vierge d’avoir sauvé son armée des sables mouvants du Couesnon, Guillaume le Conquérant aurait ordonné la construction de l’église Notre-Dame-de-la-Paix (il s’agit d’une légende locale, car Guillaume est passé dans notre secteur alors que l’église était déjà construite). Elle est datée de 1010/1050 et fut bâtie en granite par les compagnons qui édifièrent le Mont-Saint-Michel.

Sur son portail méridional (sud), on y trouve un énigmatique tympan, où on remarque une sculpture représentant un homme et un oiseau… D’autres y voient même une sculpture Maya !


En réalisant une petite recherche sur internet, nous y trouvons les termes suivants :

– Guide du Routard 2021/2020 : « …tympan, une image énigmatique… » ;
– Les Épinettes : « Certains historiens y on vu la fable de Prométhée. » ;
– WikiManche : « …signification reste mystérieuse encore aujourd’hui. ».

Mais mystère il n’y a peut-être pas !

Dernièrement en lisant les 279 pages de l’ouvrage de V. RUPRICH-ROBERT (1820 – 1887) – Architecte et inspecteur général des monuments historiques, intitulé « L’ARCHITECTURE NORMANDE AUX XIe ET XIIe SIÈCLES EN NORMANDIE ET EN ANGLETERRE ». À la page 221, j’ai trouvé l’information suivante :

« Au douzième siècle, nous voyons encore se produire, dans des centres éloignés, des images tout à fait primitives, nées sous le ciseau de simples tailleurs de pierres n’ayant pas la première idée du dessin de la figure humaine. Telle est celle du tympan de la porte au sud de la nef de l’église de Pontorson, qui représente un personnage bizarre, vaincu sans doute par le péché, sous la forme d’un oiseau se hissant après lui, et prêt à le dévorer. Il n’y a là qu’un symbole, qu’une pensée, exprimée de la façon la plus abrégée. »

Il s’agirait, en fin de compte, juste d’une tentative de dessin d’un tailleur de pierre malhabile !

[22 octobre 2021] La Maison Guischard.

La maison Guischard de la Menardière, dite « Maison romane » est située dans la 34-36 rue Saint-Michel, il subsiste des doutes sur ses origines et sa datation. Certaines parties remonteraient aux XIIe-XIIe siècles mais la grande part de la construction serait des XIVe et XVe siècles. Elle sera remaniée aux siècles suivants à divers endroits. Sa façade rythmée par des arcades a été superbement préservée. Au XVIIIe, la maison est occupée par la famille GUISCHARD, qui donne son nom actuel à la maison. Il y a encore des zones d’ombres au sujet de la fonction première de cette construction. On pense qu’il s’agissait peut-être de l’hôpital de Pontorson. L’église étant toute proche, cela n’aurait rien d’étonnant mais cela reste de l’ordre de la supposition.

Cette habitation a été morcelée en 1851 en deux logements : le n°34, et le n°36, qui représente la plus grande partie. Un comble en ardoises, fort aigu, avec rampants de granit, apporte la marque des XVe et XVIe siècles. Les élégantes souches de cheminées datent du XVIIIe siècle.

Quand il n’y avait qu’une unique et même demeure, il existait un escalier monumental que l’on pouvait gravir à cheval. Sous Louis-Philippe, l’intrigante façade fut dissimulée en totalité derrière des plâtres badigeonnés à la chaux et des imitations de granit.

Avant 1851, selon un témoin, la galerie était divisée en échoppes. Un maréchal-ferrant travaillait dans l’une de celles-ci.

De 1851 jusqu’en 1925, à l’époque où ces faux décors furent étés, nul ne pouvait soupçonner la colonnade ou la galerie. Le tout avait été recouvert d’une fausse façade qui en supprimait les reliefs.
Du jardin, on peut apercevoir une inscription sur le linteau de la porte, elle date du temps où il y avait une seule et grande maison, il s’agit de l’inscription de la famille GUISCHARD en 1719. La façade de l’hôtel est celle d’une très plaisante habitation du XVIIIe siècle, gaie, largement percée de belles fenêtres. Ces dernières, ornées de balcons en fer forgé, sont de style Régence.

La famille GUISCHARD était très importante à Pontorson. L’un de ses membres fut compté parmi les grands esprits scientifiques du XVIe siècle. La réputation de la famille dépassa les limites du royaume. Ses membres se marièrent avec ceux des autres grandes familles nobles de la région.
À l’intérieur, il y a encore de belles boiseries inspirées de Versailles. En plus d’une copieuse et fort belle mouluration. Il complète noblement un ensemble digne à tout égard d’être classé, et en fort bon lieu, parmi les monuments historiques.

[29 octobre 2021] Les personnalités liées ou nées à Pontorson.

Connaissez-vous ces personnages ?

Robert de Torigni (1106 – 24 juin 1186) : quelquefois de Thorigny (Robertus de Torigneio), un chroniqueur normand, seizième abbé du Mont-Saint-Michel, de 1154 à 1186, grand bâtisseur, diplomate, historien et conseiller privé d’Henri II d’Angleterre. Robert devient en janvier 1162 châtelain de Pontorson.

Bertrand Du Guesclin (vers 1320 – 13 juillet 1380) : fut capitaine de Pontorson et du Mont-Saint-Michel.

Olivier V de Clisson (23 avril 1336 – 23 avril 1407) : est un grand seigneur féodal breton, connétable de France, comte de Porhoët, baron de Pontchâteau. Le 23 octobre 1370, Clisson s’allie avec Du Guesclin, par le serment de Pontorson.

Pierre de Rostrenen (? – 1440) : chambellan du roi Charles VII et lieutenant général du connétable de Richemont. En 1426, après la reprise de la ville aux Anglais, le connétable Arthur de Richemont lui confie la garde de Pontorson ; il y est qualifié de capitaine de Pontorson. Il est fait prisonnier en 1427 au cours des combats pour la défense du Mont-Saint-Michel, près de Pontaubault alors qu’il se rendait au secours d’Avranches.

André de Laure (? – 25 mars 1499) : est un bénédictin français, trente-troisième abbé du Mont-Saint-Michel, de 1483 à 1499. Chantre et archidiacre du monastère, et prieur de Pontorson.

Christophe de Thou (28 octobre 1508 – 1er novembre 1582) : un magistrat français, décédé à Pontorson, premier président du Parlement de Paris du 14 décembre 1562 à sa mort.

Gabriel Ier de Montgommery, seigneur de Lorges (5 mai 1530 – 26 juin 1574) : Comte de Montgomery tua accidentellement, lors d’un tournoi, Henri II de France. Il s’enfuit à Jersey où il se convertit au protestantisme et devient une grande figure de la Réforme en Basse-Normandie.

Gabriel II de Montgommery (vers 1560 – 13 juillet 1635) : mort à Pontorson, il fut officiellement gouverneur de Pontorson.

Marquise de Sévigné (5 février 1626 – 17 avril 1696) : elle dîna à Pontorson en mai 1689.

Louis Burdelot de Pontorson (23 juin 1735 – 3 mars 1797) : est un homme politique français. Avocat au parlement, conseiller du roi et maire de Pontorson, il se fit élire député du bailliage de Coutances le 28 mars 1789. Il siégea à l’Assemblée constituante, sans jamais y prendre la parole, jusqu’au 30 septembre 1791.

Jean-René de Verdun de La Crenne (5 avril 1741 – 3 août 1805) : est un officier de marine et scientifique français des XVIIe et XIXe siècles. Il participe à la guerre de Sept Ans et à la guerre d’indépendance des États-Unis. Son père est mousquetaire à cheval de la garde du roi et capitaine général des Garde-Côtes de Pontorson.

Michel Ange Mangourit (21 août 1752 – 17 février 1829) : est un diplomate et ministre français. Il est nommé lieutenant au bataillon garde-côte de Pontorson de 1770 à 1777.

Auguste-François Angot (25 avril 1763 – 4 juin 1841) : est un homme politique français. Nommé conseil général de la Manche jusqu’à la réforme de l’assemblée départementale de 1833, il est élu représentant du canton de Pontorson entre 1833 et 1839, et préside ce conseil durant cette période.

Abbé François Manet (15 janvier 1764 – 18 juin 1844) : né à Pontorson, est une personnalité religieuse de la Manche, également géographe. Grand érudit d’histoire et de géographie, il publie quelques ouvrages comme Biographie des Malouins célèbres (1824). En 18341, il publie « Histoire de la petite Bretagne ou Bretagne Armorique, éditions E Caruel ».

Auguste Joseph Tribout (24 novembre 1766 – 25 mars 1834) : est un général français de la Révolution et de l’Empire. Le 18 novembre 1793, il est battu par les vendéens à la Bataille de Pontorson.

Henri de La Rochejaquelein (30 août 1772 – 28 janvier 1794) : l’un des chefs de l’armée vendéenne au cours des batailles de la Révolution française. Lors de La Virée de Galerne (1793), il était présent à la bataille de Pontorson.

Hippolyte Abraham-Dubois (11 mars 1794 – 3 octobre 1863) : est un homme politique français. À la naissance de la Seconde République, il est élu à l’Assemblée constituante par les électeurs de la Manche, sur une liste de conservateurs et républicains modérés, 7e représentant sur 15, et au conseil général de la Manche pour le canton de Pontorson.

Victor Hugo (26 février 1802 – 22 mai 1885) : dans sa lettre « En voyage France et Belgique », il détaille sa visite à Pontorson.

Auguste Chapdelaine (6 janvier 1814 – 26 février 1856) : martyr chrétien, fut vicaire à Boucey.

Gustave Flaubert (12 décembre 1821 – 8 mai 1880) : dans « Les champs et par les Grèves » au Éditions Fasquelle de 1924, lors de son voyage effectué en 1847, il parle de Pontorson aux pages 226 et 227.

Jules Verne (8 février 1828 – 24 mars 1905) : fait naître un de ses personnages à Pontorson (César Cascabel).

Théophile Jean Marie Busnel (13 juillet 1843 – 1918) : né à Pontorson, est un illustrateur et graveur breton. Il travaille pour François-Marie Luzel, Émile Souvestre, Paul Féval, Auguste Brizeux et Arthur de La Borderie dont il dessine l’ex-libris « Qui l’aborde rie ».

Émile Lemarié des Landelles (1847 – 1903) : peintre du XIXe siècle, né à Pontorson, élève de Gérome et de Pelouse, on le retrouve dans la région de Pont-Aven et de Concarneau de 1875 à 1878. Il s’éteindra en 1903 à St Jean Le Thomas.

Marcel Proust (10 juillet 1871 – 18 novembre 1922) : cite Pontorson dans le premier tome de « À la recherche du temps perdu », « Du côté de chez Swann », dans la troisième partie Noms de pays : le nom, « Questembert, Pontorson, risibles et naïfs, plumes blanches et becs jaunes éparpillés sur la route de ces lieux fluviatiles et poétiques ».

Victor Louis Cuguen (1889 – 1969) : peintre né à Pontorson (rue Hervé). Membre de l’académie du Var, il exposa dans de nombreuses galeries de la région de Toulon, en Normandie et en Bretagne.
Jean Gabin (17 mai 1904 – 15 novembre 1976) : le musée

Jean Gabin, Ville de Mériel est à l’Initiative d’un Pontorsonnais.

Raymond Lelièvre (14 septembre 1915 – 2 février 1967) : est un journaliste et éditeur français. D’abord professeur d’histoire et de dessin à Pontorson, Raymond Lelièvre deviendra plus tard journaliste, éditeur et peintre reconnu.

[5 novembre 2021] La citerne à eau.

Curiosité de la ville (1 Rue du Dr Bailleul), cette citerne construite vers 1900 a une apparence trompeuse puisqu’elle est faite, non pas en bois, mais en béton armé sculpté.

Située sur le côté d’un bâtiment privé, elle est coiffée d’un toit qui peut rappeler ceux des kiosques, tandis que son décor s’inspire de l’univers végétal.

Sous le réservoir, on aperçoit encore une rocaille dans un petit bassin d’où jaillissait autrefois de l’eau.

Il fort probable que cette citerne fut alimentée par la Guimbarde. En effet, celle-ci passait devant cette citerne, sous le trottoir.

[12 novembre 2022] L’ancienne forge de la Rue de Tanis.

Il existait à Pontorson, à l’extrémité de la Rue de Tanis, sur la petite place, au croisement avec la Rue Couesnon : une forge.

Nous retrouvons régulièrement cette forge sur d’anciennes cartes postales. Elle était exploitée par M. BAUDRY jusqu’en 1912 et fut ensuite achetée par la commune. Sa démolition fut réalisée par l’entreprise David en 1925. 

En avril 2005, lors de la rénovation du secteur, nous avons retrouvé les traces de cette forge et de son puits !

[26 novembre 2021] La disparition mystérieuse du cheval du brigadier de Pontorson !

Cette histoire s’est déroulée à Pontorson au début de l’année 1864, au mois de février.

Pendant que les gendarmes de Pontorson se reposaient tranquillement dans leurs chambres, un voleur fantaisiste enfourchait le cheval du brigadier et partait en excursion. Dès que l’on se fut aperçu de la disparition de l’animal, des estafettes partirent dans toutes les directions, mais elles revinrent sans le pauvre pégase…

À Ducey, M. le Commissaire de police, qui n’avait point entendu parler de l’équipée en question, remarqua un individu qui portait les vêtements de l’asile des aliénés de Pontorson et s’empressa de s’approcher de lui pour lui adresser les questions d’usage. Mais, avant qu’il eût pu les formuler, l’homme aux vêtements spéciaux se hâta de lui dire que ce n’étais pas lui qui avait volé le cheval du brigadier.

Cette réponse inattendue frappa le Commissaire de police, qui sut bientôt l’histoire qui voici : l’aliéné, voulant s’évader de l’hospice, s’était glissé dans l’écurie de la gendarmerie, et s’était emparé d’un cheval pour fuir avec plus de promptitude. Malheureusement pour le pauvre fou, il n’était pas fort sur l’équitation ; aussi son coursier s’était, près de Ducey, débarrassé de lui, et avait « demandé asile » à des fermiers voisins qui le mirent à l’écurie et lui donnèrent la pitance dont il avait grand besoin.

L’aliéné a été reconduit à Pontorson !

[3 décembre 2021] Les halles de Pontorson.

La construction des halles de Pontorson est une histoire pleine de rebondissement !

Historiquement, il existait des halles (en bois) situées dans la Rue Saint-Michel, vers la Rue Couesnon.

En 1820, la mairie décide de déplacer ces halles vers la « place vide située entre les rues Saint-Michel et de Tanis ». Ces futures nouvelles halles allaient réunir celle des « merciers », aux « blés » et des « bouchers ». Cette place « vide », est en réalité la « Place de l’Hôtel de Ville », jadis nommée « Place de la Mairie ».

Les années passent… Et en 1862, la ville souhaite encore construire des nouvelles halles, plus grandes (car insuffisantes aux besoins d’une ville en plein essor). Elles seront construites à l’emplacement que nous connaissons aujourd’hui (avant que la mairie ne soit greffée en son centre en 1902/1903).

Mais la construction de ces halles définitives, va prendre du temps ! En effet, l’entreprise en charge de la construction, « Baussan Frères », fera faillite. Il va s’en suivre pendant des années, de vifs échanges entre la mairie et cette entreprise. Cette affaire se terminera devant le Conseil de la Préfecture le 25 juillet 1873. Elles seront livrées vers 1875 pour un coût de 36 207 francs.

En 1937, on décide de fermer ces halles à l’aide de portes et de fenêtres : elle s’agissait jusqu’alors d’halles « ouvertes ». Les travaux seront terminés au début de l’année 1939.

Entre 1965 et 1967 une nouvelle transformation est exécutée : l’aile droite des halles vont accueillir les pompiers (actuelle salle des fêtes). À cette époque, la salle des fêtes était située du côté de l’Office de tourisme !

[10 décembre 2021] Alerte au Mont Saint-Michel !

Nous sommes le 30 septembre 1833…

Hier, sur les sept heures du soir, quelques-uns des paisibles habitants de Pontorson, en faisant leur promenade accoutumée, remarquèrent une vive clarté qui s’élançait de l’intérieur du Mont Saint-Michel. L’alarme se répandit aussitôt dans le bourg, où malgré les grilles, les verrous et la mer qui les séparent du continent, les hôtes du terrible mont sont un objet constant d’effroi pour beaucoup de personnes, et surtout pour les autorités. À la vue du rocher éclairé de toutes parts et brillant d’un éclat inaccoutumé, on ne douta pas que l’alliance des détenus carlistes et républicains ne fut enfin réalisée, et que la clarté que l’on voyait alors ne fût le signal d’un révolution nouvelle, opérée dans le sein de la prison, et annoncée par l’incendie.

L’ordre fut aussitôt donné, et toutes les dispositions furent immédiatement prises pour étouffer la rébellion dans son foyer. Garde nationale, troupe de ligne, artillerie, tout se trouva prêt en un instant comme par enchantement. Bientôt quatre coups de canon donnèrent le signal du départ, et la colonne, éclairée par un détachement de gendarmerie, se mit en route au son du tambour et de toutes les cloches. L’empressement avec lequel tous les préparatifs avaient été faits avait été tel que, dans la confusion inséparable d’une si grande alerte, des cartouches avaient été distribuées même aux citoyens qui, dans leur précipitation, n’avaient trouvé d’autres armes que des bâtons.

Heureusement ce zèle n’a peu eu d’autre épreuve à subir que celle d’une promenade quasi-militaire sur la grève ; car en arrivant sur la plage, on apprit que le prétendu incendie qui avait si fort alarmé le pays n’était autre chose qu’une illumination en l’honneur du bienheureux Saint-Michel, que les détenus avaient sans doute eu l’espoir de se rendre favorable pour cette dévotion.

À minuit, la colonne beaucoup plus gaie qu’à son départ, rentrait dans le bourg, musique en tête, et à la grande satisfaction des dames pontorsonnaises, qu’un départ si subit paraissait avoir fort affligées.

[17 décembre 2021] La Croix de Saint-Blaise.

Au moyen-âge, Pontorson eut une maladrerie pour les pauvres lépreux. Elle était située dans la campagne, sur le territoire de Moidrey et sa chapelle était dédiée à Saint-Blaise.

Le Livre Blanc des évêques d’Avranches, rédigé au XVe siècle, mentionne ce sanctuaire qui était à leur patronage. Sans charge d’âmes, il était encore desservi en 1674. Son chapelain, Jean DUPORT, venait de résigner ce bénéfice qui fut présenté au prêtre Jacques VIVIEN. D’après un mémoire de M. FOUCAULT dressé en 1697, il valait 150 livres de rente.

En 1752 la chapelle était abandonnée. Aujourd’hui, il n’en reste plus pierre sur pierre : une modeste croix connue sous le nom de Croix de Saint-Blaise, tout près de la route de Pontorson au Mont-Saint-Michel, dans un champ, rappelle seule cet antique établissement.

[24 décembre 2021] La Borne milliaire !

Dans la ville voisine de BAZOUGES-LA-PÉROUSE, au lieu-dit « Pont-à-Voleurs », se dresse une grande borne de granite.

Elle se situe au centre d’un ancien carrefour en étoile de sept anciennes routes dont les accès au ruisseau sont encore parfaitement visibles. D’un mètre cinquante de haut environ, elle se dresse en forêt de Villecartier.

L’un des sept anciens chemins, appelé le Chemin montois était emprunté par les pèlerins du Moyen âge qui se rendaient au Mont-Saint-Michel.

Au nord-ouest de Pontorson, un lieu-dit s’appelle « Les Milardières ». D’après vous pourquoi ? Parce qu’il y avait surement une ancienne « Borne milliaire » !

Borne milliaire : Borne placée le long des routes principales dans l’antiquité romaine servant à marquer la distance tous les mille mètres romains (1481,5 mètres actuels). Elle se présentait sous forme de colonne en pierre gravée.

[31 décembre 2021] Les anciens remparts de Pontorson.

Rien ne subsiste depuis longtemps du donjon, des bastions et des solides murailles qui encerclaient la vieille ville, hormis des traces à quelques mètres sous le niveau du sol.

Les murs d’enceinte avec leurs revêtements furent solidement appareillés. Dans l’épaisseur de la muraille couraient des aléoirs ou chemins de ronde, mettant en communication les tours et les courtines. Le tout sera hourdé au début du 13ème siècle.

Les remparts faisaient presque 2 mètres de large, les tours en mesuraient 4.5 mètres. Le pourtour faisait environ 1.35 km.

La puissance du donjon résidait dans sa hauteur d’au moins 18 mètres et dans sa carrure : un appareil quadrangulaire en blocage de 12 mètres d’épaisseur qui renfermait 3 étages en surface et 2 en sous-sol. La grande salle qui servait d’auditoire occupait le premier. Au deuxième, la chambre du gouverneur, au troisième les enfants et les hôtes. Au sous-sol, magasin et prison. Un perron et une guette en encorbellement au sommet viendront par la suite compléter l’ensemble.

Ces fortifications et le donjon furent malheureusement détruits de 1623 à 1625…

Année 2022 (49 articles)

[7 janvier 2022] Les pierres de l’ancien château de Pontorson.

Il ne reste plus sur le sol du château fort, qui existait autrefois en amont et près du pont sur la rive gauche, qu’un massif de maçonnerie de 5 à 6 mètres cubes tombé dans le Couesnon. Mais la pièce de terre, nommée le Colombier, qui est attenante, ou plutôt sur laquelle était le château, contient encore une partie des fondations.

Le Maire de Pontorson en 1809, a fait extraire de très belles pierres pour servir à la construction d’un pont à portes de flot, situé sur le chemin vicinal de Saint-Georges-de-Grehaigne, à l’endroit où il est croisé par le canal de dessèchement du marais du Mesnil.

Postérieurement à 1809, les maisons des sieurs Le Sénéchal et Allendy ont été en partie construites avec des matériaux provenant des fondations de l’ancienne forteresse.

Ces fouilles ont procuré l’occasion de reconnaître l’existence de construction souterraines établies avec des pierres dont la taille était très soignée.

Aujourd’hui, nous savons que les pierres de l’ancienne forteresse de Pontorson sont disséminées dans la ville et dans les villages aux alentours. D’ailleurs, nous en trouvons chez des particuliers.

[14 janvier 2022] Violents incendies dans nos campagnes en 1830.

Voici une lettre de Pontorson, qui date du 17 avril 1830. En cette année, les départements de la Normandie sont frappés par des incendies réitérés :

« Dans l’arrondissement de Mortain, et même à Brécey, l’on entend chaque jour parler d’incendies, attribués avec raison à la malveillance. Des boules inflammables ont été trouvées dans nombre d’appartements ; les prisons de Mortain regorgent d’individus porteurs de ces boules à mèches ; la gendarmerie est nuit et jour à la poursuite de cette bande de brûleurs ; on monte la garde dans les campagnes. Un étranger qui se présente est aussitôt arrêté, qu’il soit ou non muni de papier ; les femmes elles-mêmes, armées de fourches, poursuivent toutes les personnes qui leur paraissent suspectes : ce qu’il y a de plus extraordinaire dans ces associés incendiaires, c’est qu’ils ne commettent aucun vol, et se taisent (du moins ceux au pouvoir de justice) sur le motif qui les porte à ce crime. ».

[4 février 2022] Des églises sans eau bénite !

Nous sommes en l’an de grâce 1158, Henri II se rend au Mont et fait don des églises de Pontorson à l’abbaye. Il confirme donc la donation déjà réalisée par son Oncle Henri 1er. À cette date, à Pontorson, il existe plusieurs églises, dont celle du château qui vient d’être fortifiée.

Quelles sont les forces de l’époque ? D’un côté, Henri II et l’abbé Robert du Mont qui entretiennent des relations amicales et de pouvoir laïc/religieux. Le premier est un des plus puissants souverains d’Occident et l’autre un abbé prestigieux. En face, Herbert, l’évêque d’Avranches. Afin de s’opposer à ces donations accordées au mépris de son autorité, il décide de refuser d’accorder l’eau bénite aux églises !

Hugues III d’Amiens, l’archevêque de Rouen, signifie à l’évêque d’Avranches, qu’en vertu d’un droit métropolitain, il accorde à l’abbé Robert du Mont la licence de fournir cette eau bénite et de desservir la chapelle de Pontorson. Rappelons que ledit Herbert avait refusé par trois fois de fournir cette eau bénite aux églises avant que l’archevêque n’intervienne.

Et vous le savez, sans eau bénite, une église ne peut pas fonctionner…

[11 février 2022] L’histoire de Boucey et de Pontorson…

La semaine dernière, nous étions sur la problématique de l’absence d’eau bénite à Pontorson en 1158. L’archevêque de Rouen ayant géré cette affaire, nous y trouvons donc des manuscrits complémentaires qui parlent de notre à ville à cette époque…

Nous sommes maintenant en 1160 et nous découvrons un nouvel acte émanant de l’archevêque de Rouen.

Il y est écrit que le roi et les évêques réunis sous son autorité ont tranché : le don des églises a bien été fait par Henri Ier et Henri II, le château a été construit sur le territoire de la paroisse de Boucey, et pour cette raison, le prêtre de celle-ci recevra soit la somme de 20 livres, soit celle de 10 livres avec 10 deniers annuels (Quod donum primi et secundi Henrici regum Anglorum de predictis ec (…)).

Le terme de parrochia (paroisse) n’est pas employé, mais un tel dédommagement implique que le territoire de Boucey a bien été amputé pour y installer la paroisse castrale de Pontorson. Plus tard, un compte de 1369-1370 le confirme.

Donc la paroisse de Pontorson fut construite sur celle de Boucey. Avant que Pontorson ne l’absorbe plus tard (associée du 1er janvier 1973 au 31 décembre 2015, puis intégrée définitivement à la commune déléguée de Pontorson le 1er janvier 2016)…

[18 février 2022] Les exactions de Jacques 1er de Montgomery, seigneur de Lorges.

Pontorson étant une base protestante, les moines eurent à souffrir de Jacques de Lorges-Montgomery (1485 – 1562).

Celui-ci chassait dans les champs et jusque dans les jardins des moines, avec une ardeur particulière pendant les offices.

Un jour qu’on lui résistait, il envoya en représailles « une bande de bandouliers masqués et déguisés » avec ordre de tuer les pères abbés. Ils ne trouvèrent que les domestiques qu’ils rudoyèrent et qui n’eurent la vie sauve que grâce à leur sortie par les fenêtres.

Il y eut décret de « prise de corps » contre Lorges et les assassins. Saisie des biens fut faite à Pontorson publiquement. Lorges s’enfuit implorer un ancien abbé au Mont. Celui-ci le sauva mais Lorges fut condamné à une forte amende et à ne plus molester les sujets des pères.

Lorges s’acquitta fort civilement de ses obligations, on rapporte qu’il envoya ses enfants faire les plus aimables civilités au prieur du Mont.

[21 février 2022] La découverte d’un mystérieux squelette…

Nous sommes à la mi-avril 2021, sous un magnifique soleil de printemps.

Sur le chantier de l’aménagement des rives du Couesnon, je remarque, au loin, des personnes accroupies sur le sol. En m’approchant, je remarque rapidement qu’un squelette vient d’être découvert…

Nous avons peu d’information sur l’histoire et l’origine de ce squelette pour le moment. Nous devrions avoir des éléments dans le courant de l’année.

S’agit-il d’un Vendéen ou d’un Républicain, lié à la bataille de Pontorson de novembre 1793 ?

[25 février 2022] La prise de Pontorson (1799).

Le 18 septembre 1799, à trois heures du matin, une troupe de 140 à 250 chouans commandés par Joseph Picot de Limoëlan, commandant de la division de Fougères, entre dans la ville de Pontorson. La garnison, composée de la gendarmerie, de la garde nationale et des hommes de la colonne mobile, n’oppose aucune résistance.

Un seul des habitants, Gabriel HÉDOU, pharmacien et agent municipal, tente de combattre. Il devait mener le jour même les conscrits de Pontorson à Saint-Lô. Alors que les chouans se portent à sa pharmacie, il les accueille de deux coups de fusil, en tuant un et en blessant un autre. Il franchit ensuite une porte dérobée et parvient à s’enfuir à travers champs. En représailles, les chouans livrent sa demeure au pillage.

Craignant que les coups de fusil n’avertissent les cantonnements voisins, les chouans se retirent. Les républicains sont auparavant désarmés, puis laissés libres. À 6 heures, après avoir saisi 112 fusils, les chouans quittent la ville et se retirent du côté d’Antrain sans être inquiétés.

[4 mars 2022] Les premiers aérostats en Basse-Normandie.

Après la première expérience réalisée à Annonay (Ardèche) par les Sieurs Montgolfier, inventeurs, le 4 juin 1783, puis renouvelée à Paris le 27 août : une note fut adressée par le Roi à tous les intendants de France, dont celui de la généralité de Caen afin de refaire cette expérience.

Sauf que pour utiliser ces « machines aérostatiques », chargées de feu, il fallait une permission du gouvernement (note d’avril 1784). En effet, il ne fallait pas, au milieu de l’enthousiasme que cause cette nouveauté, perdre de vue la sûreté publique et fermer les yeux sur les accidents inséparables des essais faits par des mains inexpertes ou trop hardies.

Voici quelques réponses de villes du département de la Manche sur ces possibles essais d’aérostats :
– Un Magistrat de Coutances : « Dans cette ville, peu de personnes sont dans le cas de faire ces sortes d’essais, mais le danger serait d’autant plus grand qu’une grande partie des maisons sont couvertes de pailles. » ;
– Un lieutenant de Saint-Lô : « Nos concitoyens ne sont pas tentés d’imiter ces expériences… » ;
– À Mortain : « Je n’imagine pas que personnes ait eu l’idée de lancer le plus petit ballon aéroste. » ;
– Le bailli de Thorigny : « Nos habitants sont trop pesants pour chercher à s’élever dans les airs… » ;
– À Villedieu, on invoque la misère : « La misère est trop grande dans ce lieu pour faire une pareille dépense que de lancer des ballons. » ;
– Enfin à Pontorson : « Nous n’avons ici ni physicien de profession, ni aucune personne qui ait de l’argent à dépenser en expérience. ».

Même s’il faut beaucoup de chaleur pour faire voler une montgolfière, les Normands, eux, n’étaient pas « chauds » à la tester… Gonflé !

[11 mars 2022] Le passage à gué de Pontorson.

En face de notre future « Guinguette », sur nos nouvelles rives du Couesnon, existait un « Passage à gué ».

Il est très reconnaissable sur cette ancienne photographie. On remarque immédiatement que la profondeur du Couesnon à cet endroit n’était pas élevée. Ne tentez surtout pas de reproduire l’expérience aujourd’hui, le Couesnon est un fleuve dangereux !

Il existait d’autres passages à gué sur le Couesnon. Je peux citer le « Gué-Perroux », que les Bretons parvenaient fréquemment à franchir lorsqu’ils faisaient des excursions en Normandie. Nous avons aussi le célèbre « Pas-au-Bœuf » à Moidrey, qui est le plus ancien.

Je remercie l’habitant d’Aucey-la-Plaine qui m’a autorisé à numériser sa photographie. Cela m’a permis, en plus, de la coloriser.

[18 mars 2022] Visite d’un Fakir à Pontorson !

Nous sommes le 10 septembre 1958, sur la Place de la Mairie (aujourd’hui, Place de l’Hôtel de Ville). Une affiche est placardée sur la devanture de notre Cinéma « L’Eden » et celle-ci nous interpelle.

« Le mercredi 17 septembre 1958 à 21 h, un grand Gala du Mystère sera présenté par le célèbre Fakir YNALED et ses médiums, MAHARA et NILACANTA. Expérience de chirurgie, recherche des objets, transmission de pensées, clairvoyance, catalepsie et des esprits écriveurs seront présentés au public. Enfin, par la seule puissance de son regard, le Fakir YNALEB donnera l’illusion d’un incendie, d’une inondation, fera neiger et pleuvoir dans la salle. Fera apparaitre, puis disparaitre et ensuite transformera une grande partie du public en animaux divers. »

Ce n’était pas la première fois que ce Fakir était présent à Pontorson, il avait aussi réalisé des représentations au « Rex » en 1949.

Mieux encore, en 1936 dans la « Salle Pleyel » de Paris : le « Prince YNALEB » a dû être évacué par Police Secours ! Car les promesses de ce Fakir ne furent pas tenues pendant sa représentation… Les spectateurs demandèrent en chœur et en scandant leurs cris, le remboursement des places !

[25 mars 2022] Le billet des 150ème anniversaire de ligne Vitré-Moidrey.

Il désormais possible de trouver au Mont-Saint-Michel, un billet (monnaie) à l’effigie du 150ème anniversaire de l’achèvement de la ligne ferroviaire à destination du Mont-Saint-Michel.

Un petit cadeau sympathique !

[1er avril 2022] Le premier cinéma de Pontorson.

Certains d’entre vous ont peut-être connu le premier cinéma de Pontorson. Non, il ne s’agit pas du « Rex », du « Chaplin » ou du « Montgomery »…

Ce premier cinéma était situé sur la Place de l’Hôtel de Ville (anciennement, Place de la Mairie). C’était même un Cinéma-Théâtre ! Son rez-de-chaussée est aujourd’hui un commerce, la salle de projection et la scène étaient placées au deuxième étage.

Quelques archives, sans grandes précisions, permettent de connaitre, à-peu-près, ses dates de fonctionnement et ses différents noms qu’il a porté.

J’ai retrouvé les premières traces d’archive datées du 3 février 1923, avec comme nom le « Palace ».

Les 3 et 4 février 1923, les Pontorsonnais ont eu l’honneur de regarder plusieurs films : « Les Trois Mousquetaires (11e chapitre) », « La maison d’argile (5e partie) », « Pour la main d’Irène (comique) » et les « Ruines de Thèbes ».

Les années passent jusqu’en 1934, où notre cinéma change de nom pour devenir « l’Eden ». L’exploitation de ce Cinéma-Théâtre disparait progressivement au début des années 1960 : on y rencontre de plus en plus de pièces de théâtre et moins de cinéma… Il devient même une salle d’entrainement pour les « Petits rats » de Pontorson (cours de danse rythmique et classique) en 1962.

Depuis l’ancienne sortie par l’arrière du cinéma, il existait plusieurs portes qui permettaient de rejoindre directement l’ancien « Hôtel de Brée », tenu par Madame LECHAT Muriel. Les deux bâtiments étaient donc communiquant via la cage d’escalier.

Merci au propriétaire de nous avoir autorisé à visiter et à filmer cet ancien cinéma.

[15 avril 2022] Le Séquoia géant.

Le Séquoia (Sequoiadendron giganteum), qui se trouve Rue Ambroise Pincé, à près de 250 ans. Il a été importé par les bourgeois de la ville au XIXe siècle. C’est un « arbre remarquable » classé par le CAUE de la Manche.

Sa cime culmine à 30 mètres environ et sa circonférence est de 7 mètres (diamètre de 2.22 m).

Il y a dans le jardin de l’hôpital, le même Séquoia, qui fut planté dans le même axe à la même époque.

[22 avril 2022] Les jetons publicitaires de Pontorson.

Monsieur J. VRILLAC était propriétaire à Pontorson, mais aussi à Chateau-Gontier (Mayenne) et à Senonces dans les Vosges (où il possédait un château). Et celui-ci s’est spécialisé dans la fabrication de jetons publicitaires.

Et par chance, il existe encore des jetons en ventes (sur des sites spécialisés) à l’effigie de Pontorson !

[29 avril 2022] Le Serment de Pontorson !

Nous sommes le 23 octobre 1370 : après avoir combattu du Guesclin pendant la guerre de succession de Bretagne, Olivier de Clisson se lie alors avec celui-ci en 1370 « …à toujours, à jamais… », où ils boivent leurs sangs mêlés dans une coupe.

C’est surement lors de cette journée que fut posée une « Pierre carrée » (d’environ deux pieds et demi sur chaque face (80 centimètres) sur le Pont de Pontorson. Elle était armoriée vers la Normandie des armes de France, et vers la Bretagne des armes de cette province. Elle fut placée entre les moulins à eau de la rivière et les deux tours du château dites les « Tours-Brettes ».

Et, à cette occasion, on avait distribué beaucoup de noix aux enfants, afin qu’ils conservassent le souvenir de ce qui venait d’être fait. « Un nommé ROGIER, demeurant à Pontorson, mis à califourchon sur ladicte borne, disoit qu’il estoit Normand d’un costé et Breton de l’autre. ». Ce monument disparut vers l’an 1450, sans que l’on sache par qui il fut ôté.

Du Guesclin est alors Connétable de France et à sa mort, Charles VI, fraîchement couronné en France, nomme Olivier de Clisson pour lui succéder.

[6 mai 2022] La flamme (postale) de Pontorson.

Une flamme postale, ou oblitération mécanique, est une oblitération qui comprend, en plus du cachet donnant le lieu et la date de prise en charge du pli par les services postaux, une illustration ou un texte généralement inscrit dans un rectangle.

Voici un bel exemple de « Flamme postale » qu’il y avait à Pontorson dans les années 1970. Il y avait de nombreux symboles locaux.

[13 mai 2022] Le retable de Pontorson.

Dans notre église Notre-Dame-de-la-Paix, à gauche du chœur, la chapelle Saint-Sauveur conserve un retable en pierre. Il est divisé en 8 tableaux et 22 compartiments, qui représentent la vie du Christ. Celui-ci est daté de 1524 et c’est une œuvre importante de style lapidaire. Mais la Révolution est passée et ce magnifique retable fut mutilé en 1793.

Certains livres indiquent que des habitants de Pontorson ont gardé les têtes des personnages… N’hésitez pas à me contacter si vous avez des informations concernant ce dernier paragraphe.

[20 mai 2022] Début de la navigation portuaire sur le Couesnon.

Dès le 22 août 1861, un ingénieur nommé M. ROUGEUL, indiquait qu’il était possible de naviguer sur le Couesnon. L’idée était de créer un Port à Pontorson…

Et le 7 novembre 1862, un Anglais, M. ASPLET, avec sa goëlette anglais « Daring », finit par décharger à l’Anse de Moidrey, 170 tonneaux de houille. M. ASPLET continua à apporter de la houille et exporta même en Angleterre et ailleurs, des bois de construction, des céréales…

Un autre navire, le sloop « Le Couesnon » appartenant à M. GALLAND, de Pontorson, partagea dans les premiers temps avec M. ASPLET, la navigation qui débutait.

Pendant quatre années (1864, 1865, 1866 et 1867), il est sorti par le Port de Pontorson plus de céréales que par le Port de Granville (soit en moyenne par mois, 337 tonnes de marchandises).

N’oublions pas que l’ancien Port de Pontorson était aussi un chantier naval : au moins 18 navires seront construits à Pontorson de 1863 à 1872 !

[27 mai 2022] La découverte d’un mystérieux squelette (suite)…

Lors d’une publication Facebook du 21 janvier 2022, j’indiquais qu’un squelette fut trouvé lors du chantier des Rives du Couesnon (vers la mi-avril 2021)… Comme convenu, j’ai réussi à obtenir des informations via la société Eveha (en charge de l’étude). D’ailleurs, l’étude est toujours en cours afin d’affiner la datation…

Le squelette retrouvé à Pontorson a livré quelques-uns de ses secrets. Il s’agit d’un homme assez jeune (25-30 ans) qui a été victime d’une mort violente. La trace d’une lame (poignard ou baillonette) a en effet été observée sur ses vertèbres cervicales. En clair, il a été tué d’un coup de lame dans la nuque. La datation au Carbone 14 du squelette n’a pas été aussi précise qu’espérée. La probabilité la plus forte serait la fin du 18e siècle (auquel cas il pourrait être une victime de la Bataille de Pontorson de 1793) mais la fin du 19e siècle ne peut être totalement exclue (auquel cas la guerre de 1870 pourrait être envisagée).

[3 juin 2022] Bataille du Rouvre (1944).

Nous sommes le 1er août 1944, le matin, à Macey…

Après le succès sur Avranches, l’armée du Général Patton, venant de Pontaubault, se dirige par la N175 vers Pontorson où ils doivent franchir le Couesnon. L’objectif est d’entrer en Bretagne afin de relier le port de Brest.

Au Rouvre, à la limite des communes de Macey et Tanis, près du carrefour de Brée, il tombe dans une embuscade tendue par 200 soldats Allemands armés de trois canons de 88 mm bien cachés sous les arbres. Trois blindés américains sont détruits, les Américains perdent 70 hommes et les Allemands une centaine à l’issue de trois heures de combat. On ne déplore pas de victimes parmi les 22 habitants du hameau, mis à l’abri le matin même.

Le 1er juin 2019, Sébastien ROBIDEL, maire délégué de Macey, inaugure une stèle en hommage à l’armée du général Patton, en présence d’Hélène Patton, petite-fille du général, et de Jean-Paul Delaunay, président des Amis du souvenir et de la liberté.

[10 juin 2022] L’histoire de notre Auberge de Jeunesse.

Nous sommes le 20 août 1968, la commune de Pontorson achète l’Auberge de Jeunesse (appelée à l’époque « École Duguesclin ») à l’association dénommée « Œuvre sociales et d’éducation du canton de Pontorson ». Le Président de cette association était le Marquis Roland de VERDUN (ingénieur agricole), il demeurait alors au Château de la Crenne en la commune d’Aucey-la-Plaine.

Cette propriété est située 21 Rue du Général Patton (anciennement Rue des Chèvres) et l’ancienne voie de chemin de fer qui allait à Moidrey longeait cette parcelle.

Initialement, c’était la salle Saint-Michel qui fut édifiée en 1913-1914. Cette salle était aussi utilisée pour la réunion de patronage chaque semaine et par des troupes de théâtre.

L’association avait acheté ce bâtiment le 25 janvier 1966 à Adolphe BRY (industriel à Pontorson). Adolphe BRY avait acquis ce bien au Chanoine Émile Auguste COGNAULT (Curé de Pontorson) le 4 décembre 1932. Devenue en 1970 propriété de la ville de Pontorson (Centre Duguesclin, puis auberge de jeunesse).

En 2021-2022, l’établissement fut rénové par Alexandre GIROUX et Émilie BRETON. Suite à cette cure de jouvence, le bâtiment change de nom pour devenir « L’Étape du Mont ». Il se présente désormais dans la catégorie « Family Hostel » (67 lits sont disponibles à prix réduit, à deux pas du Mont-Saint-Michel). C’est un lieu convivial, chaleureux et abordable !

[17 juin 2022] Voies Romaines à Pontorson.

Il existe à « Les Pas » et au « Pavé » des traces d’une ancienne voie romaine. D’ailleurs, Pontorson serait construit à proximité de trois voies romaines.

Nous trouvons le « Chemin de Regnes (Rennes) » : en partant de Rennes, nous arrivions à Pontorson au Pavé. Le chemin se dirigeait ensuite vers la ferme de Villeneuve et puis vers l’Ile Bignon (l’axe se terminait vers Caugé>Aucey>Sacey>Antrain)… Ce chemin fut neutralisé plus tard pour fortifier Pontorson. En effet, les Ducs de Normandie y creusèrent des douves et des étangs auprès de l’Ile Bignon.

Concernant la toponymie du hameau « Les Milardières » (Saint-Georges-de-Gréhaigne) : elle serait liée à la présence d’une ancienne « Borne milliaire » (borne routière) romaine, aujourd’hui disparue. Une autre est située dans la forêt de Villecartier au lieu-dit « Pont-à-Voleurs ». Ces bornes étaient espacées d’une distance de mille mètres romains (1481,5 mètres actuels).

[1er juillet 2022] Tour de France de 1972 à Pontorson.

Le Tour de France 1972 est la 59e édition du Tour de France, course cycliste qui s’est déroulée du 1er au 23 juillet 1972. Il comprend 20 étapes pour une longueur totale de 3 846 km. C’est la quatrième victoire d’Eddy Merckx dans l’épreuve. C’est 12 formations de 11 coureurs qui prennent le départ à Angers : aucune n’arrive au complet à Paris.

Par chance, un amateur a filmé la caravane du Tour de France lors de son passage à Pontorson !

C’était le parcours de la première étape (Angers / Saint Brieuc).

[8 juillet 2022] Un second Tour de France chaotique en 1904 !

La semaine dernière, je vous parlais du Tour de France de 1972 (qui est passé à Pontorson). J’aimerai aujourd’hui vous parler du second Tour de France, celui de 1904 !

En effet, celui-ci fut marqué par de nombreux débordements et une triche importante. Des téléspectateurs s’en prenaient physiquement aux coureurs qu’ils n’appréciaient pas, notamment Maurice GARIN (vainqueur du 1er tour). D’ailleurs celui-ci déclara « Je vais gagner le Tout de France à condition que je ne sois pas assassiné avant d’arriver à Paris ».

À l’étape Lyon/Marseille, Alfred FAURE mène celle-ci et arrive dans sa ville natale, lorsque 200 de ses supporters tentent d’arrêter le reste du peloton pour lui permettre de gagner (Garin sera blessé à la main et Giovanni GERBI sera retrouvé assommé).

Quand le Tour atteint Nîmes (3ème étape), les supporters locaux sont mécontents et montrent leur colère en raison de la disqualification de leur favori Ferdinand PAYAN qui s’est aidé d’un engin motorisé ! Les supporters ont lancé des pierres sur les autres coureurs…

À la 5ème étape (Bordeaux/Nantes), des clous sont placés sur les routes, causant des crevaisons. L’assistance mécanique n’étant pas autorisés, Henri CORNET est obligé de terminer les 40 derniers kilomètres avec des pneus crevés !

Enfin, l’arrivée de la 6ème étape est jugée à la dernière minute à Avray (ouest parisien) : en effet, le vélodrome du Parc des Princes étant rendu impraticable à cause d’un violent orage…

De nombreux participants furent éliminés pour avoir utilisé des voitures. Les 4 premiers furent disqualifiés, accusés d’avoir pris le train…

Henri CORNET sera finalement le vainqueur, après le déclassement des quatre premiers coureurs du classement initial.

[9 juillet 2022] Les seigneurs de Macey et l’assassinat de René LE ROY.

Les seigneurs de Macey ne nous sont pas connus dans leur totalité : nous en citerons quelques-uns. Un seigneur de la Conquête, Hugo Maci, ou un de ses ancêtres, dénomma probablement cette paroisse, qui signifie habitation de Maci, Maceium, d’après l’analogie générale et des noms des localités circonvoisines. Cette localité fut donnée au Mont dans l’acte célèbre de G. Longue-Épée (917), selon les termes de notre épigraphe. Alueredus de Macei souscrivit à la charte de Huisnes dans le XIIe siècle. Au XIVe siècle, Hamon et Rualem, seigneurs de Macey, devaient au Mont, pour le fief de Noyant, une partie de chevalier. Au commencement du XVe siècle, le Mont devint le patron de l’église. À la fin de ce siècle, le seigneur était Jean Le Roy, chambellon de Louis XI, qui l’a nommé, en 1487, vicomte d’Avranches ; la famille des Le Roy avait encore la seigneurie dans le XVIe siècle.

En 1617, René Le Roy, fils du seigneur de Macey, fut tué d’un coup d’épée, près de Pontorson, par ce Jean Guiton, le petit Jehannot, que nous verrons entre les genoux du prince de Condé, à Argouges, capitaine des nefs rochelloises, dont la vie fut très-aventureuse. C’était une vendetta de famille, parce que Don Jean Le Roy, jacobin, avait tué, en 1589, le commandeur de Constance, allié de la famille Guiton.

En 1698, Henri et Gabriel Le Roy, et J. David, étaient les nobles de cette paroisse. Dans la fin du siècle dernier, le château et la terre de Macey passèrent dans la famille de Bréménil, par le M. Tesnière de Bréménil, qui administra comme maire d’Avranches dans la Révolution, et qui a laissé d’honorables souvenirs comme magistrat, et comme homme d’esprit et de goût.

[15 juillet 2022] Troupe Prussiennes à Pontorson en 1815.

Des troupes Prussiennes furent présentes à Pontorson d’août à novembre 1815. Nous y trouvons de nombreux documents de leur passage dans nos archives. Il fallait surtout organiser le ravitaillement en vivre !

Nous avons d’abord un arrêté préfectoral du 6 août 1815 qui ordonne l’établissement de magasin de fourrages. Ce magasin sera établi près du port, au niveau du Pont, dans la maison de Monsieur HEDOUIN.

Nous y trouvons aussi un document bilingue (Français/Allemand) indiquant la ration journalière par soldat et cheval :
– Soldat : Trente-deux onces de pain de seigle ou froment – Seize onces de viande fraiche – Une once de sel – Trois onces de riz, ou à défaut, fèves, lentilles ou autres légumes secs – Trois onces de beurre ou de lard – Un litre de bière ou demi-litre de vin – Un décilitre d’eau-de-vie et une once de tabac à fumer.
– Cheval : Un boisseau et un quart d’avoine ou orge, pesant onze livres un quart – Six livres de foin – Trois livres de Paille.

Il y a même un Procès-verbal daté du 20 septembre 1815 ! M. Morel LAVIGNE était chargé de la distribution des vivres aux troupes. Cependant, plusieurs personnes s’étaient introduites illégalement dans le magasin et une grande quantité d’aliment avait disparu… Il fut impossible de découvrir les auteurs de ce délit !

Dans notre canton, il y avait un bataillon de 800 hommes et 30 chevaux. Et une compagnie de chasseurs de 70 hommes.

[22 juillet 2022] L’histoire du Pont de Pontorson.

On dit que Robert 1er de Normandie aurait chargé le Capitaine normand Orson de construire un pont en bois reliant les rives du Couesnon vers 1030. Cependant, je n’ai pas trouvé de documents qui valident cette thèse (n’hésitez pas à me contacter si vous avez d’autres informations historiques).

Par contre, un document qui était autrefois aux Archives départementales de la Manche, détruit en 1944 (copie aux A.D du Calvados), nous apporte des informations sur la date approximative de construction…

Riwallon 1er de Dol (Capra Canuta) est chargé par l’abbaye du Mont Saint-Michel de la garde et de la défense du « locus » (lieu) appelé Pontorson. En échange, Riwallon, sa femme et ses enfants sont accueillis dans la « societas » monastique et associés au bénéfice spirituel et matériel.

« Vir enim iste nobilissimus, magna cura ac diligentia res Sancti Michahelis custodire ac defensare se promittit penitus precipueque locum quem Pontem Ursi vocamus suo tutamine atque fiducia aedificare coepimus. »

« Car ce noble homme, avec beaucoup de diligence, promet de garder et de défendre les affaires de Saint-Michel, en particulier l’endroit que nous appelons Pont de l’Ours (Pont-orson), que nous avons commencé à construire avec sa protection et sa confiance »

Ce document est daté entre 1033 et 1048…

[29 juillet 2022] Le télégraphe optique des frères Chappe !

La ligne télégraphique Avranches-Nantes est mise en service en 1832.

Un télégraphe optique des frères Chappe sera installé en 1833, près du lieu-dit de Soligny à Macey vers le château. Aujourd’hui, il n’en reste plus rien…

D’après l’atlas Kermabon, ce télégraphe optique était à 107m d’altitude et à 5.80m au-dessus du sol.

[5 août 2022] L’aérodrome provisoire de Boucey…

Le 7 août 1944, à Boucey, la 9ème Air Force construit un aérodrome provisoire à Boucey sous le nom de « A.28 PONTORSON ».

Quatre bulldozers sont à l’œuvre, poussant la terre devant eux. Les soldats qui les pilotent se relaient toutes les deux heures car ce travail poussiéreux est harassant. Très vite la piste se profile. Deux cent hommes s’activent à cette tâche difficile. La logistique s’installe petit à petit. L’intendance sous les ordres de l’officier Malcolm Finley est vite opérationnelle.

La piste de l’aérodrome de Boucey était une des plus longues des 30 réalisées par l’Armée Américaine en Normandie en 1944 ! Elle avait une longueur de 1525 mètres pour une largueur de 40 mètres. La zone d’atterrissage faisait au total 200 mètres de large. Aux extrémités étaient positionnés les énormes projecteurs adjoints de leurs propres générateurs.

Le dimanche 13 août 1944 la population de Boucey et des environs fut invitée à visiter l’aérodrome avant sa mise en service. Il y avait foule. Le contact avec les militaires Américains fut excellent et perdure toujours dans la mémoire des témoins.

Enfin, le 15 août 1944 fut un grand jour. En effet, tout d’abord la météo était très clémente, mais aussi en milieu de journée le ciel de Boucey vit arriver les premiers avions.

[12 août 2022] Le choléra à Pontorson !

Historiquement, la France fut frappée par une terrible épidémie de choléra en 1832 : « Partout se répand désolation et mort ». Ce mal meurtrier et jusque-là inconnu, frappe et sème la panique. En seulement quelques jours, entre le 26 mars et le 1er avril, le choléra a déjà infesté toute la capitale. En six mois, l’épidémie de choléra fera plus de 100 000 morts.

Dix-sept ans plus tard, le 30 avril 1849, le Maire de Pontorson reçoit une lettre du Sous-Préfet d’Avranches : celui-ci demande au Maire d’être vigilant sur une possible épidémie en cours. Une « Fiche de suivi » devra être transmise régulièrement aux services de l’État.

Les premiers cas de choléra répertoriés à Pontorson datent du 8 mai 1849 et la fin de l’épidémie semble s’arrêter le 27 juillet 1849. On dénombre au moins 30 cas dans la commune. Malheureusement, sur ces 30 personnes, à peine 9 survivront…

[19 août 2022] Le moulin de Moidrey.

Le moulin de Moidrey fut construit en 1806. Il est situé à une quarantaine de mètres d’altitude sur une butte dominant la rive droite du Couesnon.

Il s’agit d’un moulin utilisant le vent pour produire de la farine, notamment farine de blé, sarrasin, seigle, orge, avoine, maïs, riz et châtaigne (en vente sur place). Celui-ci est d’ailleurs visitable grâce à la présence du Meunier, Michaël LETRANCHANT !

Le bâtiment est une construction cylindrique en pierre surmontée d’un toit conique en bardeaux de châtaignier. Il possède quatre ailes, inclinables pour offrir au vent une surface variable.

Transformé en fenil, il est abandonné après la Seconde Guerre mondiale. Il est restauré en 2003 et remis en activité.

En 2007, le moulin de Moidrey est inscrit au patrimoine mondial, comme partie du site du Mont Saint-Michel et de sa baie.

[26 août 2022] Dépôt de l’âge de Bronze à Moidrey.

Ce dépôt partiellement étudié au début des années 1970 à Moidrey, suite à une découverte fortuite, a déjà livré plus de 300 haches du type armoricain dont les types reconnus sont : Couville, Maure, Saint-James et Chailloué.

Il restait au final peu d’éléments encore en place, on dénombre 74 nouvelles haches : trois types sont représentés, le type de Saint-James (59,5 % du corpus soit 44 haches), le type de Maure-de-Bretagne ou type de Maure (31 %, 23 exemplaires) et enfin le type de Couville (9,5 % soit 7 haches). La fouille a permis de confirmer la présence de liens réunissant certaines haches (observation déjà réalisée par G. Verron) et l’analyse de la répartition des types montre des concentrations.

Oublié depuis, ce dépôt fut totalement étudié devant le public lors des Journées du patrimoine à Bayeux le dimanche 22 septembre 2019.

[2 septembre 2022] La fin de notre pont médiéval…

Lors du Conseil Municipal du 28 octobre 1936, M. le Maire (Docteur TIZON) signale qu’il a fait procédé à la destruction des ruines de l’ancien pont médiéval qui gisaient encore dans le lit du Couesnon (juste après le pont actuel, vers le sud). Ceci, afin d’éviter le retour des fâcheux événements de janvier 1936 (inondation).

Ces travaux exécutés avec toute la sécurité voulue ont atteint environ 1 000 francs et le Conseil Municipal, à l’unanimité a ratifié cette dépense.

Cette destruction a fait disparaitre la « Masse » (ancienne pile de ce pont), qu’il y avait sur la rive « Est » du Couesnon. Nous la voyons régulièrement sur d’anciennes cartes postales.

Cette ancienne « Masse » n’est donc pas un vestige de l’ancien château de notre ville.

[9 septembre 2022] La Villa Bailleul.

Située devant la Gare de Pontorson, la Villa Bailleul a été bâtie en 1861 pour le directeur de la Compagnie des Polders de l’Ouest (M. MARIDOR). C’est une entreprise qui gagne de nombreuses terres agricoles à partir du milieu du 19e siècle en baie du Mont Saint-Michel. L’édifice porte son nom de son second propriétaire.

Les façades et les toitures de la villa et des communs, le réservoir en style rocaille (agencement hydraulique et décoration), la clôture ont été inscrits aux monuments historiques par un arrêté du 30 septembre 2011.

C’est une Villa qui appartient à propriétaire privé.

[16 septembre 2022] Inauguration du tramway au Mont-Saint-Michel.

En 1895, les frères Paul et Edmond Beldant, et François Baërt, entrepreneurs de travaux publics au Mans, présentent une étude regroupant la desserte en tramway entre Pontorson et le Mont Saint‑Michel. Les travaux sont approuvés par le préfet en 1899. La digue-route du Mont Saint-Michel est élargie pour permettre le passage du tramway, et celui-ci est mis en service le 29 juillet 1901. Le 7 février 1902, la Compagnie anonyme des Tramways Normands est créée et exploite le tronçon.

En août 1914, la ligne s’interrompt en raison de la déclaration de guerre, et cesse de fonctionner jusqu’au 1er avril 1915. En 1936, date de création des congés payés, la fréquentation est multipliée par dix. La ligne de tramway fonctionne jusqu’en 1938, période à laquelle la voiture est de plus en plus utilisée. Elle survit quelque peu en 1939, jusqu’à l’arrivée de l’occupant.

La voie est déposée en juin 1944, au moment du débarquement allié et le déclassement de la ligne est officialisé le 26 juillet 1949.

[30 septembre 2022] Jumelage Pontorson – Highworth.

La semaine dernière, je parlais du Jumelage Pontorson – Wassenberg.

Le Jumelage entre Pontorson et Highworth fut signé le 29 septembre 1990 côté Français, puis le 13 octobre 1990 côté Anglais par les Maires Claude MÉNARD (Pontorson) et Charles ADAM (Highworth).

[14 octobre 2022] La destruction de toutes les fortifications de la ville

En conséquence de l’ordre du Roi Louis XIII (lettre du 5 juillet 1623 du Roi à Jean DE BRUC DE MONTPLAISIR), la destruction de toutes les fortifications de la ville et du château ont commencé le 3 octobre 1623 (au moyen de la sape et de la mine).

Les habitants de Bretagne, jusqu’à Combourg et Saint-Malo réunies à celles de Fougères, contribuèrent à la démolition pour une moitié, et les habitants d’Avranches, Mortain, Vire et Coutances, pour l’autre moitié.

Les travaux de démolition se terminent surement en fin d’année 1625 (peut-être début 1626). En effet, il existe un document d’octobre 1625 qui indique que « cinquante-cinq paroisses travaillent encore et fournissent environ 2 500 ouvriers ».

Les ruines du château ont été continuellement exploitées pour la construction de nouveaux bâtiments, y compris pour un pont à Saint-Georges-de-Gréhaigne.

[21 octobre 2022] Vestiges du passé lors des travaux des Rives du Couesnon…

Je parlais dernièrement de la destruction de nos fortifications (remparts, château, tours…) dès le 3 octobre 1623 et jusqu’en 1625/1626.

Aujourd’hui, je vous présente quelques photographies de vestiges de remparts trouvés par l’INRAP (sous la direction de Ludovic Le Gaillard) lors des travaux d’aménagement des Rives du Couesnon (Square Highworth). Ces fortifications furent recouvertes à la fin de l’analyse afin de les préserver.

[28 octobre 2022] Une altération du nom de la ville (Pont-torchon)…

En lisant un livre le weekend dernier à mon domicile, je suis tombé sur la « Revue de l’Instruction Publique en Belgique de 1875 (Tome 18 de MM. Gantrelle, Roersch et Wagener) ».

À partir de la page 210, commence la rubrique « DE QUELQUES PARISIANISMES POPULAIRES et d’autres locutions non encore ou mal expliquées ». En avançant à la page 221, nous y voyons Pontorson : PONT-TORCHON (Demoiselle du). Chiffonnière (1649).

 » Pont-torchon est une altération préméditée de Pontorson, ville du département de la Manche, où l’on fabriquait alors, et où l’on fabrique encore aujourd’hui des toiles, élément principal des torchons et des chiffons. Ce qui confirme mon sentiment est la qualification de Mademoiselle de Pont-Orson donnée par une marchande de poisson à une bourgeoise qui dépréciait sa marchandise « Parle, hé ! Parrette ! N’as-tu pas veu Madame Crotée, Mademoiselle de Pont-Orson, la pucelle d’Orléans ? Donnez-luy blancs draps a ste belle espousée de Massy qui a les yeux de plastre. » « 

Vous savez maintenant que Pontorson était aussi un haut lieu de la confection de toiles pour torchons et chiffons !

[4 novembre 2022] La visite pastorale de 1696…

Monsieur Pierre-Daniel HUET, lors de sa visite pastorale à Pontorson en 1696, nous apporte quelques éléments intéressant sur l’état de notre Église Notre-Dame-de-la-Paix, sur le cimetière et le disparu Prieuré Saint-Nicolas :

« Nous nous sommes transporté a leglise parroissiale du dit lieu… Il sera bati une sacristie dans le cimetiere attenant a leglise et sera fait une porte au mur pour la communication… la chapelle Saint Sauveur est decouverte et menace ruine, sil ny est pourvu en bref, la ruine de laquelle pouroit attiret celle de la tour…… au regard du prieuré de St. Nicolas situé dans la paroisse, sur les plaintes a nous faites que le titulaire n’acquite point le service deu a iceluy… le service sera fait aux frais du titulaire. ».

[11 novembre 2022] Les barrières de la ville sont incendiées…

Nous sommes au 14ème siècle, précisément le 17 février 1358, en pleine Guerre de Cent Ans. La ville est attaquée par un Navarrais, très redouté : le Bascon de Mareuil (celui-ci occupait la forteresse voisine d’Avranches). Bertrand du Guesclin étant absent, c’est le Sire de la Motte-Broons qui préserva la ville à l’aide de ses soldats.

Bascon de Mareuil dut se contenter que de brûler les barrières de la ville… Avant de repartir.

[18 novembre 2022] Le mystère de l’aigle à l’œuf d’or !

Dans la dernière semaine de juillet 1622, les femmes de la campagne, venues aux marchés de Fougères, d’Avranches et de Pontorson, apportèrent une nouvelle extraordinaire. Les unes poussaient des cris ; les autres faisaient un signe de croix… On entendait dans les groupes ces mots terribles : « C’est la fin du monde ! C’est le jugement dernier ! ».

En effet, dans la matinée du 25 juillet 1622, vers 9 heures, on avait aperçu, sur les grèves du Mont Saint-Michel, au niveau de Pontorson, un prodigieux oiseau… Après avoir prononcé d’étranges paroles, il avait disparu dans les profondeurs d`un ciel devenu subitement noir et tout zébré d’éclairs. L’oiseau cria trois fois : « Samson ! Samson ! Samson ! ». Ce Samson BOURGIS était un pêcheur du Mont Saint-Michel qui se trouvait là. Il faillit mourir de frayeur…

L’oiseau derrière les nuages, continue son discours. Il parle d’hypocrisie, de fièvre quarte, de lèpre, d’épilepsie et de léthargie.

Tout à coup, il disparut, en poussant un grand cri : on l`entendit à deux lieues à la ronde. Tous les assistants prirent la fuite, seul Samson BOURGIS resta étendu la face contre terre, sans connaissance… Quand il revint à lui, le pêcheur trouva à la portée de sa main un œuf d’or… Il se rendit chez un orfèvre de Pontorson pour le vendre. L’orfèvre le passa au trébuchet ; il pesait un marc et demi, soit 366 grammes de nos jours. Il acheta l`œuf 800 livres tournois.

[25 novembre 2022] Une bastille à Ardevon…

Nous sommes le 24 mai 1419, Henri V (Roi d’Angleterre) possédait presque toute la Normandie. Cependant, le Mont-Saint-Michel protestait contre sa conquête !

Voulant contenir le pays, Henri V donna à Jean SWINFORD « la terre et seigneurie d’Ardevon qui avait été au prieur et couvent du Mont Saint-Michel, à charge d’y construire bastille et garnir de gens d’armes. ».

C’est pour cela qu’une bastille a existé à Ardevon vers 1420.

Bastille : Sorte de château fort, en bois, construit pour renforcer les lignes de blocus d’une place.

[2 décembre 2022] L’autel primitif de l’église Notre-Dame-de-la-Paix.

L’autel primitif situé au fond du chœur de l’église Notre-Dame-de-la-Paix daterait de l’année 1220 (environ). Il serait contemporain au cloître gothique du Mont-Saint-Michel.

C’est une simple table de granit posée sur une pierre d’angle et deux colonnettes. Le tabernacle est placé à gauche de l’autel, creusé dans le mur du chevet. Il est fermé par une belle grille en fer forgé, de même que l’armoire oblongue qui l’avoisine et qui sert maintenant de reliquaire.

[9 décembre 2022] Une donation du Duc Richard II est peut-être l’origine de notre église Notre-Dame…

Nous n’avons pas la date exacte de l’événement, mais nous savons que cela s’est déroulé vers 1003/1004… À cette époque, le Duc Richard II maria sa sœur Mathilde, avec Eudes II de Blois (le Champenois). Il lui donna pour dot la moitié du Comté de Dreux et la ville de Pontorson, à condition qu’elle ferait retour à la couronne ducale en cas de décès sans descendance.

Sauf qu’en 1004, Mathilde (devenue Comtesse de Blois) décède peu de temps après ce mariage. Eudes II de Blois, devenu veuf, refuse de restituer, selon l’usage, la dot de son épouse, constituée de la moitié du Comté de Dreux et la ville de Pontorson.
Au cours du conflit qui s’ensuivit avec Richard II, il subit une défaite par son ex-beau-frère mais, sauvé grâce à l’intervention du Roi Robert II de France, il put garder la dot.

Il est probable que l’église Notre-Dame de Pontorson fut construite à la demande de Eudes II de Blois suite au décès de son épouse Mathilde. Et oui, cela est contraire à ce que nous entendons régulièrement : « L’église Notre-Dame de Pontorson serait construite sur les Vœux de Guillaume le Conquérant… ». Celui-ci passera d’ailleurs dans le secteur (voir Tapisserie de Bayeux) que vers 1064, soit bien après la construction de cette église…

[16 décembre 2022] Bertrand du Guesclin et Pontorson…

En 1376, Charles V récompense les éclatants services du connétable Bertrand du Guesclin, le gratifia de la propriété du château, de la ville et vicomté de Pontorson, avec appartenances et dépendances, sous la condition qui si ce grand homme venait à mourir sans enfants mâles, cette place reviendrait au domaine de la couronne.

Voici les Titres de Bertrand du Guesclin :
– Capitaine de Pontorson et du mont Saint-Michel.
– Comte de Longueville, en Normandie, lieutenant général de Normandie, en 1364 par le roi de France.
– Roi de Grenade, connétable de Castille, duc de Soria et duc de Molina, comte de Borja, par le roi de Castille.
– Seigneur de Pontorson en Normandie, en 1376 par le roi de France.
– Connétable de France.

Armoiries : « D’argent à l’aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même brochant sur le tout. » La cotice (ou bâton en bande — quasi équivalent) est une bande réduite en largeur et était utilisée en général comme brisure pour les cadets. Le père de Bertrand représente une branche cadette de la famille Du Guesclin.

Anecdote :« Du Guesclin » est une forme modernisée de son nom, dont on ignore la graphie d’origine exacte. Selon certains historiens, le nom des seigneurs de Pontorson, puis de Broons était Du Guerplic. L’historiographie contemporaine hésite entre Bertrand Du Guesclin, Bertrand du Guesclin et Bertrand Duguesclin. Le connétable lui-même ne nous laisse aucune indication, signant simplement Bertran. Sa mère, Jeanne de Malemains, se désigne elle-même « Uxor domini mei Roberti de Glaquino ». Ce nom de Glaquin, ou plus souvent Claquin, se retrouve chez les poètes du siècle suivant François Villon et Jean Marot.

Devise : La devise de Bertrand du Guesclin, dénote une disgrâce physique : celui du « vilain petit canard ». Latin : Dat virtus quod forma negat ; « La vertu donne ce que l’apparence dénie ».

[23 décembre 2022] François Gilles Pierre Barnabé MANET.

L’Abbé François Manet est né le 15 janvier 1764 à Pontorson dans le diocèse d’Avranches.

En 1780 il est agréé dans son nouveau diocèse et il devient prêtre le 22 décembre 1786. Il devient ensuite professeur au Collège de Dinan ; Il quitte le collège en 1791. Prêtre insermenté il tente de se réfugier en Irlande mais il échoue et vit toute la Révolution dans la clandestinité.

Il est aussi l’auteur d’une étude géographique très précise sur la baie du mont Saint-Michel. En 1829 il publia « De l’état ancien et de l’état actuel de la baie du mont Saint-Michel et de Cancale, des marais de Dol et de Châteauneuf ». Dans cet ouvrage prenant à la lettre les légendes locales, il décrit un raz de marée qui aurait eu lieu en mars 709. À la fin de l’ouvrage, plusieurs cartes anciennes veulent donner avec une précision succincte la position de villages ou de monastères engloutis.

Mais son travail est très vite contredit par l’étude scientifique de ses sources et surtout par celle des sols. D’ailleurs, le Bureau des Recherches Géologiques et Minières, établissement public dépendant du Ministère de l’Écologie, ne cite pas d’événements en 709 dans la zone de la baie du Mont Saint Michel…

Il meurt à Saint-Malo le 18 juin 1844 à l’âge de 80 ans.

[30 décembre 2022] Les terribles inondations de 1935/1936…

Les premières inondations ont commencé fin novembre/début décembre 1935 et le temps est redevenu plus calme qu’à partir du 27 février 1936.

Les dégâts sont très importants dans de nombreux quartiers de la ville (Chaussée Villecherel, Grésillon, Les Couesnons, Macey, Le Port, Grands Prés, Boulevard du Sud, Route d’Antrain, L’Ile, La Croix Lorin, La Grenouillère et La Mare).

Le 30 décembre 1936, la Préfecture de la Manche verse une indeminité de 2 500 Fr à la commune de Pontorson. Ceci afin d’indemniser les habitants concernés par cette terrible inondation.

En octobre 1936, lors d’un Conseil Municipal, le Maire ordonne la destruction des ruines de l’ancien pont médiéval de Pontorson. Pour l’Édile, ces ruines sont responsables de ces inondations…


Année 2023 (23 articles)

[6 janvier 2023] Beauvoir et Pontorson…

Nous sommes le 1er janvier 1973, Beauvoir fusionne avec la ville de Pontorson. La mise en application de l’arrêté de fusion-association est du 19 décembre 1972. En même temps, Ardevon, Boucey, Cormeray, Curey, Moidrey et Les Pas fusionnent aussi avec Pontorson.

Cependant le 1er janvier 1989, la commune de Beauvoir reprend son autonomie. L’arrêté en question date du 30 décembre 1988.

[13 janvier 2023] Puissante vague de froid de 1987.

Entre le 10 et le 22 janvier 1987, une puissante vague de froid venue de Finlande affecte la France. Des châteaux de neige sont d’ailleurs construits devant le Mont Saint-Michel par des enfants.

Le 14 janvier, presque toute la France est couverte de neige et les départements du Sud sont particulièrement touchés. Entre le 15 et le 16 janvier 1987, il continue à neiger sur presque toute la France et la température ne dépasse guère les -10°c dans l’après-midi.

Le froid ne s’estompe que très lentement à partir du 22 janvier 1987, mais il ne disparaît réellement que le 3 février 1987.

[20 janvier 2023] Les combats Normands/Bretons…

De nombreux combats s’échelonnèrent entre 934 et 966 avant qu’une paix toute relative s’instaure entre les deux belligérants. En prenant progressivement possession de ses nouveaux territoires, Guillaume Longue-Epée (Guillaume Ier de Normandie) met en place des structures nouvelles, des hommes nouveaux, fidèles à leur Duc. Cette réorganisation complète, s’accompagne bien sûr, d’un redécoupage des terres prises entre les hommes qui le suivent.

Nous assistons simultanément à l’édification des premières fortifications à Pontorson, destinées à contenir les bretons d’Alain Barbetorte hors des limites naturelles de l’Avranchin et du pays Rennais. Les guerres Normanno-bretonnes réduisent le pays à une pauvreté extrême, peut-être aussi importante que les invasions scandinaves.

[27 janvier 2023] Visite de Victor HUGO à Pontorson en 1836…

Victor Hugo (26 février 1802 – 22 mai 1885), dans sa lettre « En voyage France et Belgique », détaille sa visite à Pontorson durant l’été 1836, en compagnie de sa maîtresse Juliette Drouet.

Après un passage en Bretagne, ils découvrent la Manche en charrette, de Pontorson au Cotentin, où ils vont passer une quinzaine de jours… À Pontorson, Victor Hugo découvre l’église : « Un admirable dessus d’autel de la Renaissance sur lequel le curé a plaqué le plus stupide des confessionnaux, écrit-il. On marche aussi de plain-pied sur un bas-relief du seizième siècle qui représente la Pentecôte et où il y a encore de vieilles peintures. ».

(À Louis) « Voici la chambre où je suis censé avoir dormi à Pontorson : un galetas plafonné en poutres et planchéié en terre (dans le pays ils disent planchié, ce qui est plus expressif) ; d’énormes araignées au plafond, de très petites puces par terre. Deux chaises veuves de leur paille. Un matelas qui sent le doux. Vis-à-vis la fenêtre une vieille enseigne où on lit en vieilles lettres presque effacées : Un tel, tailleur arrivant de Paris. On vous sert à dîner. Les assiettes bretonnes sont comme des formations. Il faudrait pénétrer plusieurs couches de je ne sais quoi avant d’arriver à la faïence. Si les puces marchaient, elles y laisseraient très certainement l’empreinte de leurs petits pieds. Comme Pontorson touche à la mer, on n’a pas de poisson, on vous sert un gigot à demi rongé. Le tout se passe à la lueur d’une maigre chandelle dans un gros flambeau rococo de cuivre vert-de-grisé, laquelle chandelle se penche mélancoliquement et verse des larmes de suif dans les assiettes. Et puis on se couche, et le lendemain matin on paye cinq francs, non pour avoir mangé, mais pour avoir été mangé. On arrive à cette chambre et à ce dîner par onze héroïques marches de treize pouces de haut et de trois pouces de large. Tu communiqueras cette description d’un logis breton à ton père. Il est vrai qu’il te dira que ton Pontorson est en Normandie. Il est vrai, la carte dit : en Normandie, mais la saleté dit : en Bretagne. »

Trois jours plus tard, il est émerveillé par le Mont Saint-Michel. Donc sa visite à Pontorson semble ne pas lui avoir laissé de bons souvenirs (un peu comme à Barfleur, en fin de compte)… Mais n’oublions pas que celui-ci était en déplacement avec sa « maîtresse »… Il fallait mieux dire à son épouse que le voyage était fort mauvais !

[3 février 2023] Le sentier des pélodytes.

Depuis 2020 dans l’Anse de Moidrey, il y a un observatoire où il existe un véritable concert naturel.

Vous y trouverez, dans cet ancien méandre du Couesnon, une grande biodiversité, dont des grenouilles vertes appelées : pélodytes.

Il y a en tout, 92 hectares où vous pouvez observer plusieurs espèces d’oiseaux et d’amphibiens.

Dès 2020, 300 mâles chanteurs étaient comptabilisés, contre une soixantaine avant le réaménagement des lieux !

Le sentier des pélodytes est une boucle de 7 km, avec comme porte d’entrée, la voie verte.

[10 février 2023] L’écrivain Gustave FLAUBERT.

En 1847, Gustave FLAUBERT et Maxime DU CAMP firent, de compagnie, un voyage en Bretagne ; ils terminèrent leur randonnée par Saint-Malo, le Mont Saint-Michel et Combourg. De Saint-Malo au Mont, ils se payèrent le luxe d’une chaise de poste ; ils en descendirent à la Rive pour traverser les grèves.

Flaubert note avec complaisance que, de Pontorson à ce village, situé sur le bord de la baie, à l’endroit où s’amorce aujourd’hui la fameuse Digue, « des files de charrettes, remplies d’une terre grise que l’on prend dans ces parages et que l’on exporte pour servir d’engrais » (la tangue, en un mot) entravèrent leur course. Toutes ces voitures lui rappellent « une émigration de barbares se mettant en branle et quittant les plaines ».

Vous pouvez retrouver cette information dans « Les champs et par les Grèves » aux Éditions Fasquelle de 1924 (il parle de Pontorson aux pages 226 et 227).

[17 février 2023] Pontorson en peinture par Victor Louis CUGUEN.

Aujourd’hui, vous allez retrouver un bel article de ce peintre Pontorsonnais, rédigé par Nicolas PERRIN :

Victor Louis Cuguen (1889-1969), peintre né à Pontorson (rue Hervé). Membre de l’académie du Var, il exposa dans de nombreuses galeries de la région de Toulon, en Normandie et en Bretagne. Il est exposé au musée des Beaux arts de Toulon et considéré, aujourd’hui comme un peintre « méditerranéen ».

Par le métier de son père, conducteur de locomotive, il se déplaça de ville en ville ou plutôt de gare en gare. Ainsi il peindra la Bretagne comme Quimper…

L’autre particularité de Victor Louis Cuguen est sa façon de peintre : Peintre au couteau, il avait aussi la particularité de peintre plusieurs fois le même paysage sur des formats et supports différents (papier, carton, isorel, toile…). Néanmoins il produisit quelques aquarelles sur des paysages de la région.

Hormis Pontorson, vous pourrez trouver des représentations de l’Église de Moidrey…

Les photos des tableaux proviennent de collections privées ou libres de droit sur le net (exposition, salle des ventes, catalogue…).

[3 mars 2023] La mise en place du contrôle du tourisme dans la Manche…

Comme à l’habitude, en lisant nos archives, je tombe des fois sur des choses surprenantes. En voici une…

Nous sommes le 24 avril 1931, le Préfet de la Manche vient de signer un arrêté de mise en place du « Contrôle du tourisme » dans tout le département. La lettre demandant l’application de l’arrêté date du 11 mai 1931…

La commune de Pontorson était visée dans les articles II et III de l’arrêté (applicable à l’année) : les logeurs, hôteliers, loueurs devaient immédiatement remettre au voyageur (chef de famille), un bulletin d’arrivée à renseigner. Ce bulletin une fois signé était remis au commissaire de Police, au maire ou à la gendarmerie…

Le voyageur devait répondre aux questions suivantes : nom et prénom / Date et lieu de naissance / Qualité et profession / Nationalité / Domicile habituel / Pièce d’identité / Date d’arrivée / Nombre de personnes l’accompagnant / N° et lettres distinctives d’immatriculation de l’automobile / Nom de l’Hôtel / N° de la chambre / Signature.

Les mêmes hôteliers et loueurs devaient aussi remettre tous les 10 jours, un état numérique du mouvement journalier des voyageurs (toujours au commissaire de Police, au maire ou à la gendarmerie)…

J’imagine mal aujourd’hui ce genre de contrainte, notamment au Mont Saint-Michel avec ses 36 000 touristes par jour !

[10 mars 2023] Les grandes heures de la moleskine à Pontorson (établissement Vaévien-Sourdin).

Pontorson (Manche) a eu son âge d’or en usines, de chaussures mais aussi textiles Parmi elles, la marque de vêtements de travail Le Mont Saint Michel, créée par la famille Ariès et l’institution familiale Vaévien-Sourdin.

L’établissement Vaévien-Sourdin, créée en 1920, par Henri Vaévien fait partie du patrimoine industriel de la ville qui a eu son heure de gloire grâce à un savoir-faire de femmes et d’homme. L’atelier était situé 14, Rue Montgomery. Il y avait une ambiance familiale, on y découpait des kilomètres de tissus provenant des manufactures ce Laval, Mayenne et Flers pour confectionner des pantalons, et vestes de travail en moleskine. Un tissu bleu solide en toile de coton recouvert d’un enduit flexible et d’un vernis souple bravant les intempéries. Il fallait y aller pour y faire des trous.

Au XXe siècle, le « jean » désignait une gamme de pantalons décontractés en coton ou en denim. Vers la fin des années 1970, la haute couture commença à s’intéresser au denim. Ce qui donna l’idée à Jean Sourdin en 1982 de créer sa collection Castel’H avec une nouvelle gamme de vêtement : le jean féminin. Il fera le bonheur de grandes maisons Lewis, Lee Cooper ou Buffalo. Les machines, Rue des Fossés tournaient à fond… Mais vers 1980, le textile français a eu recours aux premières délocalisations vers des pays à mains-d’œuvre à bas prix. La mort dans l’âme les patrons ne purent lutter et durent arrêter les fabrications en 1991…

Merci à Colette LOUICHE pour son témoignage et à Françoise TOUCHAIS pour ce très bel article.

[17 mars 2023] Le Syndicat Intercommunal de la Basse Vallée du Couesnon.

Nous sommes le 13 mars 1948 et c’est la date de la création du Syndicat Intercommunal de la Basse Vallée du Couesnon. Il a comme objectif d’assécher les marais du Couesnon pour développer les productions agricoles à la sortie de la seconde guerre mondiale. Ceci, conformément à la demande de l’État Français pour nourrir la population Française.

C’est une collectivité qui fédère 24 membres (deux communautés de communes et 22 communes) des bassins hydrographiques du Moyen Couesnon et de la Basse Vallée du Couesnon.

Le bassin versant du Couesnon aval s’étend sur plus de 500 km2 de Vieux-vy sur Couesnon au Mont Saint Michel. C’est un territoire extrêmement diversifié et riche au potentiel unique. Cette diversité, prend aussi racine dans une géologie hétérogène.

[24 mars 2023] L’histoire des armoiries de la ville de Pontorson.

Les archives nationales à Paris conservent l’empreinte d’un sceau rond de 35 mm, datant de 1337 (photographie jointe). C’est un semé de fleurs de lys, avec un bâton en bande, componé, au pont de trois arches. Sur le pourtour « Pontorson, Ville et Vicomte ». La bande componée, c’est à dire une alternance de deux couleurs en héraldique est représentée ici par des petits renflements. Cette bande componée est caractéristique des comtes d’Évreux. Pontorson en 1337, appartenait alors à la Maison d’Évreux !

Pour l’apparition des deux cygnes sur les armoiries de notre ville, c’est en 1368 qu’il faut chercher… Un Écu semé de France, au lambel, accosté de deux cygnes adossés, sur un pont de trois arches.

[31 mars 2023] La création des polders de la baie du Mont Saint-Michel…

En 1856, Napoléon III ordonne la création des polders dans la baie du Mont Saint-Michel.

Le cours du Couesnon est en même temps dérivé via la construction du canal que vous connaissez aujourd’hui. L’assèchement de son estuaire permet la conquête progressive de 2 450 ha de polders. Les travaux seront achevés en 1934.

La concession de ces terres est faite à Messieurs MOSSELMAN et DONON, des banquiers connus dans l’entourage de l’empereur. C’est la Compagnie des Polders de l’Ouest qui les réalise et exploite les polders.

[7 avril 2023] La légende du lapin de Pâques…

Le lapin symbolisant autrefois la fertilité et le renouveau (comme le printemps), c’est en Haute-Allemagne (Allemagne du sud) que naquit la tradition (Osterhase, « lièvre de Pâques » en français) avant qu’elle ne se répande dans le reste des pays germaniques.

L’origine du lapin viendrait d’une légende allemande dans laquelle une femme pauvre, ne pouvant offrir des douceurs à ses enfants, décora des œufs qu’elle cacha dans le jardin. Les enfants, apercevant un lapin, crurent que celui-ci avait pondu les œufs.

Selon The Catholic Encyclopedia (1913, tome V, page 227), de nombreuses coutumes païennes se rattachèrent à la fête de Pâques.

L’œuf est le symbole de la germination qui se produit au printemps, et le lapin est un symbole païen qui a toujours représenté la fécondité. A contrario les premiers œufs de Pâques étaient parfois décorés du motif circulaire des trois lièvres, suggérant ainsi qu’ils symbolisaient la Trinité.

Une autre origine du lapin de Pâques vient de Saxe où l’on honorait au printemps la déesse Éostre (Eastre), qui a d’ailleurs donné son nom à Easter (Pâques en anglais). Le lièvre étant l’animal emblématique de la déesse, il est resté associé aux fêtes de Pâques. De manière similaire, le lièvre apparaît dans l’imagerie scandinave et, plus rarement, celtique.

[14 avril 2023] Construction du barrage de la Caserne.

En 1962 avait été décidée la construction d’un barrage sur le Couesnon au lieu-dit de la Caserne, qui est finalisé en 1968 et activé en 1969. Il marque la fin d’une longue période de poldérisation qui s’était poursuivie jusqu’alors, d’une part pour reconstruire les polders en l’état de 1934 suite aux destructions de la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi pour en ajouter de nouveaux sur la rive droite du Couesnon. Le but premier de ce barrage était d’effectuer des chasses d’eau dans la baie, de canaliser le Couesnon et de prévenir les inondations des terres agraires.

Équipé de simples portes à flot, il permettra pendant près de quarante ans d’empêcher le flux de la marée d’entrer dans le Couesnon, évitant ainsi les crues dans les terres situées en amont du barrage. Par voie de conséquence, il constitue lui aussi un facteur supplémentaire de la sédimentation car il bloque le mouvement naturel du fleuve et de la marée, et favorise ainsi l’accumulation de centaines de milliers de mètres cube de sédiments en aval et en amont de l’ouvrage. Ajoutée à la polémique sur la construction des parkings au pied du Mont en 1966, ce barrage cristallise le problème de l’ensablement du Mont, dont l’insularité apparaît maintenant menacée de façon plus flagrante.

En aggravant ce phénomène, il force à le prendre en compte. C’est donc suite à cette construction que l’année suivante l’ingénieur des Ponts et Chaussées Jean DOULCIER allait se saisir du problème et mener les premières études sur les techniques à employer pour maintenir l’insularité du Mont Saint-Michel.

[28 avril 2023] L’aqueduc de la Minette et la vallée du Couesnon…

Il s’agit d’un ouvrage souterrain (jusqu’à 22 m sous terre) qui approvisionnait la ville de Rennes en eau potable pendant plus d’un siècle. Il fut construit en 2 ans de 1880 à 1882 en utilisant la pente naturelle avec une dénivellation de moins d’un millimètre par mètre en moyenne sur une distance de plus de 42 kilomètres. C’était donc une prouesse technique à l’époque ! Jusqu’en 1963, la Minette fut la seule source d’alimentation en eau de la ville de Rennes.

L’aqueduc principal mesure plus de 42 km et traverse les vallées de la Minette et du Couesnon, la ligne de crête de la forêt de Haute-Sève (Saint-Aubin-du-Cormier), de l’Ille et de la Vilaine ainsi que de nombreux ruisseaux.

L’aqueduc aboutit à Rennes aux réservoirs du Gallet. Le premier réservoir fut établi en même temps que la conduite en 1881/1882 et a une capacité de 15 000 m3. Le second fut construit en 1888/1889 et contient 20 000 m3. Le troisième date de 1914/1918. Le quatrième qui est un réservoir en élévation destiné à alimenter les parties hautes de la ville (chantier et livraison en 1934). Signalons qu’en 1933, suite à l’augmentation des besoins, des prélèvements furent faits dans le Couesnon avec la construction à Mézières d’une usine de traitement d’une capacité de 10 000 m3 par jour.

Après plus d’un siècle de fonctionnement, l’aqueduc historique de la Minette, a été définitivement arrêté en avril 2012. Celui-ci a été remplacé par une nouvelle conduite de transport sur 29 km en canalisations fonte, de 70 cm de diamètre, accompagnée par la construction d’un réservoir d’une capacité de 6 000 m3, à Ercé-près-Liffré. Ce nouvel ouvrage permet le transfert des 25 000 m3 d’eau, produits chaque jour à l’usine de Mézières-sur-Couesnon.

[5 mai 2023] Anse de Moidrey.

L’anse de Moidrey a longtemps été utilisée comme la principale tanguière de la baie du Mont-Saint-Michel. On a pu en retirer jusqu’à 300 000 m3 de tangue par an.

C’est un ancien méandre du Couesnon comblé et asséché par la mise en place des polders et des portes à flot du barrage de la Caserne. L’hippodrome Maurice-Jan est implanté sur les terres gagnées sur cette anse.

Elle est propriété de l’Établissement public du Mont-Saint-Michel qui, avec le conservatoire d’espaces naturels de Normandie, procède à des travaux de restauration écologique en 2019-2020 ; un sentier d’interprétation sur sept kilomètres et un observatoire en tangue, en cours de réalisation permettront de découvrir le site et la faune qui l’a conquis, avec en vedette le pélodyte ponctué, un petit crapaud rare en Normandie.

[12 mai 2023] L’incendie du 15 mai 1736.

Au printemps 1736, Pontorson subit un important incendie qui toucha une très large partie de la cité. Une page des registres paroissiaux de la ville nous donne quelques informations complémentaires sur cet événement. Ce document conservé aux Archives départementales de la Manche sous la cote 5 Mi 2051 fut écrit par le curé de l’église Notre-Dame-de-la-Paix, De Bimaille Boullault. L’incendie se déclara dans la maison de Sr CHAUVIN (Rue de Tanis) par un vent de nord-ouest.

« Le quinzième de may de cette année mil sept cent trente six est « le porque » / d’une grande incendie, arrivée en cette ville de pontorson. Le feu pris a midi / sonnant (sans que l’on ait pu scavoir precisement comme cela arriva, la / première marque de l’on eut fut de voir le feu partir une couverture / de paille de particuliers qui n’estoient point dans leur maison et dont les portes / estoient fermées) d’une maison de la rüe de Tanie situé devant la croix / du cimetière, et après avoir pour ainsi dire consommé les quatres maisons / voisinnes, il fut porté par le vent qui estoit du Nord-Ouest sur la maison / du Sr Chauvin vis-à-vis le puid dany[1], et de là il fut porté en différents / endroits et puis en moins de deux heures à toutes les maisons de la rüe St Michel / des deux cotés, depuis le dit puid dany jusqu’à la rüe de Couesnon, et de fait / toute la rüe de Couesnon des deux cotés jusqu’au dessous du grand carrefour / compris la truie qui file et celle du Sr Maud ou est le porche – malgré tous les secours que l’on pu apporter toutes ces maisons furent consommés / et presque tous les estats de ceux qui les habitoient / et plusieurs maisons dont « venuesta » les toits. Le feu « favo… » par ces maisons / cn d’ailleurs la « postevité » qui a desordre fut grand non seulement pour les / incendiés parmys lesquels se sont trouvés plusieurs Messieurs Bourgeois et / gros marchands et trois maisons de condition dont la première appartenoit à Noble dame hélène de Verdun vve Charles de Marbodin et Seigneur de / Vauvert, la seconde à Noble dame madelaine « chartrue » vve de René Chartrue et Sgr / de la « Vilamoys », la troisième à Noble dame jeanne Lévêque vve de Gilles Tardif / seigneur de Moidré et de Vauclair qui ont fait des pertes considérables n’aiant / + mais « esclove » pour ceux qui ont estés rescapés de cet incendie qui ont estés obligés de [ ?] estaient [ ?] / presque rien faire on ne voioit que flames et la « foye » toutes ces / maisons bruloient, ce qui jetta une grande « Maune » dans cette ville. Le feu se consuma / plus de deux mois dans les débris et grâce au Seigneur il n’y eut personne de tué. Cette / incendie nous a donné ocassion de tacher de faire rafraichir les franchises de cette ville / et pour cet esfet on a député Mr Lecoq vicomte de cette juridiction, qui quoi qu’il se soit / fortement emploié, protégé de plusieurs puissances n’a pu / réussir et toute la grâce qu’il a pu obtenir a esté cinq / années d’exemption de taille seulement pour les incendiés / et a condition qu’ils soioent imposés à cinq sols pour tenir toujours le rolle. De Bimaille Boullault. »

Il existe aussi une lettre conservée aux Archives départementales de la Manche sous la cote 2 J 765. Elle donne aussi des informations sur l’incendie de Pontorson. Datée du 27 mai 1736, elle est signée d’un certain Allard et est adressée à Jacques Labé au collège du Plessis, rue Saint-Jacques à Paris.

[19 mai 2023] Disney… Une histoire Normande avant tout !

Une fois n’est pas coutume, je vais aujourd’hui quitter le secteur de Pontorson et du Sud-Manche pour aller dans notre département voisin, le Calvados.

Toute le monde connait « Disney », notamment ses dessins animés et ses films. Mais connaissez-vous l’histoire de cette famille ?

Le nom Disney vient du titre de « Seigneurs d’Isigny » attribué par Guillaume le Conquérant à Robert et Hugues SUHARD pour les remercier de l’avoir aidé à conquérir l’Angleterre en 1066. À l’époque, il n’était pas rare de porter le nom de sa ville d’origine après en être parti. Et le nom « d’Isigny » se trouva rapidement changé en « Disigny », puis anglicisé en « Disney » !

Installés en Angleterre, beaucoup décidèrent de ne pas rentrer en Normandie. En 1150, le fief de Norton, au centre de l’Angleterre, appartenait à un certain William de Ysini. On trouve aussi un Norton Is’ny dans une charte de 1331. C’est ce Norton qui devînt par la suite Norton Disney. Plusieurs siècles plus tard, vers 1830, un lointain descendant de Norton, Elias Disney, quitte son Irlande natale pour s’installer dans le Nouveau Monde…

D’ailleurs depuis 2006, l’écusson des « Seigneurs d’Isigny » (3 léopards) est présent lors de la séquence d’ouverture « Château de Disney » ! Il est visible sur un drapeau de la plus haute tour.

Maintenant à chaque fois que vous regarderez un film Disney, n’oubliez pas de penser à l’histoire de notre Normandie.

[22 mai 2023] Sites dédiés à l’histoire et au patrimoine de Pontorson !

Vous savez que je suis un amateur de l’histoire locale : c’est pour cela que j’ai créé, il y a quelques années la rubrique « Le Saviez-Vous ? ». Il est essentiel de partager l’histoire afin qu’elle puisse vivre !

Ayant récolté de nombreuses informations historiques pendant des années, j’ai donc programmé un site internet qui reprend notre histoire locale (sous forme de frise chronologique).

J’ai aussi programmé un site dédié sur notre patrimoine.

Bonnes visites !

[2 juin 2023] Digue-route du Mont-Saint-Michel.

Elle est construite en 1878 et 1879. Son objectif, à l’origine, est d’établir « le calme des eaux » et donc de favoriser « le colmatage en arrière et la navigation dans le Couesnon ». Elle est, à l’époque, « fortement plébiscitée localement, d’une part par les exploitants agricoles de la baie, à cause des nouvelles surfaces agricoles qu’elle créera, et d’autre part par les Montois, désireux d’être reliés à la terre ».

En 1901 le train emprunte la digue sur un côté, faisant la navette entre la gare de Pontorson alors desservie par la Société des Chemins de Fer de l’Ouest et le Mont Saint-Michel. Les rails sont enlevés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Très vite, la digue-route est contestée. On lui reproche, avec la digue de La Roche-Torin, de contribuer à l’ensablement de la baie du Mont-Saint-Michel.

La destruction de la digue-route obtient le soutien de Raymond Poincaré. Un projet de loi est même élaboré en 1930 pour la déclarer d’utilité publique. Mais il n’est pas mené à bien.

Dans le cadre de l’opération de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, sa destruction débute le 20 février 2015, elle est remplacée par un pont-passerelle qui passe un peu à l’est du tracé de la digue.

[23 juin 2023] Paroisse Notre-Dame-de-la-Paix de Pontorson.

La paroisse Notre-Dame-de-la-Paix est une division ecclésiastique du doyenné de l’Avranchin. Elle est aussi une des cinquante-huit paroisses du diocèse de Coutances et Avranches.

Elle regroupe les dix communes et anciennes communes suivantes :
– Aucey-la-Plaine : église Notre-Dame & chapelle Notre-Dame des Fiévroux ;
– Beauvoir : église Saint-Michel ;
– Huisnes-sur-Mer : église Saint-Pierre ;
– Le Mont-Saint-Michel : église Saint-Pierre, chapelle Notre-Dame-des-Trente-Cierges & chapelle Notre-Dame-sous-Terre ;
– Pontorson (chef-lieu paroissial) : Notre-Dame (Pontorson), prieuré d’Ardevon, Saint-Pierre (Boucey), Notre-Dame (Cormeray), Saint-Martin (Curey), Saint-Laurent (Moidrey) & Saint-Martin (Les Pas) ;
– Sacey : église Saint-Martin ;
– Servon : église Saint-Martin ;
– Tanis : église Saint-Vigor ;
– Vessey : église Saint-Vincent.

La paroisse porte le nom de Notre-Dame-de-la-Paix, appellation mariale qui signifie Marie, Mère de la Paix. Elle rassemble au total seize églises.

[16 juin 2023] Pontorson est la cible d’un raid aérien.

Nous sommes le 7 juin 1944 et notre ville est la cible d’un raid aérien dirigé contre le pont sur le Couesnon et le chemin de fer.

L’objectif de ce bombardement est d’endommager les voies de communication permettant aux Allemands d’envoyer leurs renforts en Normandie.

Mais cette attaque touche la Rue de la Cité, près de la voie ferrée, tuant sept habitants de la commune…

[30 juin 2023] Ligne de Pontorson au Mont-Saint-Michel.

La section de Pontorson à Moidrey est concédée, à titre éventuel, dans le cadre d’un itinéraire de Fougères à la mer, à la compagnie du chemin de fer de Vitré à Fougères par une convention signée le 26 juillet 1868 entre le ministre des Travaux publics et la compagnie. Cette convention est approuvée par un décret impérial à la même date. La section est déclarée d’utilité publique par un décret impérial le 22 décembre 1869, rendant ainsi sa concession définitive.

Une première ligne à écartement standard est ouverte par la Compagnie des chemins de fer de Vitré à Fougères entre Pontorson et Moidrey le 10 octobre 1872. Elle est prolongée jusqu’au lieu-dit de la Caserne en 1876.

Par deux conventions entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer de Vitré à Fougères et prolongements signée les 11 juin 1881 et 2 mai 1882, l’État rachète le réseau de la compagnie. Ces conventions sont approuvées par une loi le 10 juillet 1882. Par une convention signée le 18 décembre suivant, le ministre des Travaux publics confie provisoirement l’exploitation de la ligne à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. Cette convention est approuvée par un décret le 23 décembre 1882.

La ligne est cédée par l’État à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 17 juillet 1883. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre suivant.

Son exploitation cesse en 1886. La ligne est déclassée entre la traversée de la route nationale 176 et la mer par une loi le 1er avril 1897. Le déclassement de la section entre Pontorson et la route nationale 176 est approuvé par un décret le 20 septembre 1905.

En gare de Pontorson, le tramway dispose d’une voie à quai. La section entre Pontorson et Moidrey reprend le tracé de la première ligne ouverte en 1872 : empruntant la ligne de Vitré à Fougères pendant un temps, le tramway passait ensuite sous la ligne de Lison à Lamballe en laissant sur sa droite la gare de Pontorson construite par la compagnie de Vitré à Fougères. Celle-ci, déclassée, est réutilisée comme dépôt et d’ateliers pour le tramway. La courbe, à cet endroit était serrée (150 mètres de rayon en rampe) et contraignait la longueur des convois.

Passant la halte de Pontorson-ville, la ligne atteint ensuite Moidrey, puis la station de Beauvoir, puis la Caserne. Entre la Caserne et le Mont, l’établissement de la voie nécessite l’élargissement de la digue de 2 km construite en 1878-1879.

Année 2024 (5 articles)

[24 février 2024] Le Cygne d’Argent de Pontorson…

Ce nom vous dit peut-être quelque chose, hormis le fait que les cygnes sont présents sur le Blason de la Ville de Pontorson.

Le Cygne d’Argent est en réalité l’emblème et le symbole de la section commerciale du comité des fêtes et d’action économique. Il a pris son envol le 28 septembre 1978. Ce jour-là, les responsables se sont données rendez-vous afin de désigner le bureau chargé de lancer la nouvelle formule d’animation commerciale. Le baptême du feu a été réalisé à l’occasion des fêtes de fin d’année 1978…

En novembre 1978, le Cygne d’Argent recensait 36 commerces et 14 services (artisans, banque, assurances, auto-école…). Les commerçants étaient reconnaissables avec un logo « Cygne d’Argent » apposé sur leur porte. Un système de timbre escompté était mis en place avec la mise à disposition de collecteurs chez les commençants. Un collecteur rempli de timbre « Cygne d’Argent » était échangé contre un billet de 50 Fr.

L’association gérait les problèmes commerciaux de Pontorson, l’emplacement des manèges, des illuminations, créait de nombreuses animations (braderies, spectacles), d’importantes campagnes publicitaires et des jeux (y compris pour la fête des mères/pères) afin de dynamiser l’achat local. En décembre 1980, le Cygne d’Argent ouvrait même sa propre cave !

D’ailleurs, cette association travaillait régulièrement avec le Comité des Fêtes de Pontorson.

Malheureusement, depuis de nombreuses années maintenant, il n’existe plus d’association de commerçants à Pontorson…

[1er mars 2024] Le Mont-Saint-Michel en 1877.

Aujourd’hui, je vous présente une photographie du Mont-Saint-Michel en 1877. Vous remarquerez rapidement que la flèche n’est pas encore construite !

De style néo-gothique en cuivre, elle fut réalisée par Victor Petitgrand en 1897. On remarque aussi très bien l’ancien Hôtel Saint-Michel (Poulard) et un ancien bâtiment greffé aux remparts (à gauche de la Tour et porte du Roi).

[15 mars 2024] Le Mont-Saint-Michel vers 1873-1874 !

Maintenant c’est au tour d’une photographie qui date d’avant la restauration du Mont-Saint-Michel !

Elle fut prise par Edouard CORROYER en personne (architecte chargé de la restauration du Mont-Saint-Michel, et notamment de l’abbaye).

Il a réalisé de nombreux relevés et des photographies du Mont-Saint-Michel en 1873 et 1874.

On remarque vite qu’il n’y a aucune digue/route, ni la flèche et toujours pas d’échafaudages…

[Jamais publié] La dérivation du Couesnon.

Le fleuve, changeant son cours, s’était dirigé le long des digues qui protégeaient les marais de Dol. Il endommagea sérieusement ces arrières élevés contre les flots. En 1792, des milliers d’hectares furent noyés.

En l’an 2, deux projets furent rédigés par les ingénieurs envoyés sur les lieux. L’un consistait à le dévier vers la Rance, l’autre vers la Sélune, ce dernier sera entériné par la loi du 25 thermidor an 8, signé Bonaparte, premier consul.

3 000 hommes, bagnards et soldats de discipline, travaillèrent à la réalisation de ce canal. La tempête et les marées d’équinoxe de 1806 anéantirent leurs efforts en comblant cette tranchée.

Il faudra attendre quelques décennies pour voir ce projet se finaliser. En 1856, la société Moselman et Donon obtint une concession de plus de 4 000 hectares, les futurs polders, à charge pour eux de créer un chenal et d’endiguer le fleuve.

[Jamais publié] Protestantisme : protestants, réformés, Huguenots – Trois appellations pour désigner le Protestantisme français.

Dès 1555-1557, en Basse-Normandie, le monde rural est fortement pénétré par le Protestantisme, tandis qu’en Haute-Normandie, la Réforme est surtout l’affaire des villes.

Les milieux les plus sensibles à la réforme religieuse, en dehors de l’université, sont surtout représentés par l’artisanat drapier, les métiers de l’imprimerie et de l’édition, ainsi que les métiers de la mer.

Les familles Huguenotes accompagnées de quelques prêtres protestent contre les hérésies du Vatican.

Plusieurs évêques et seigneurs soutenus par le Vatican, la ligue et les dragonnades, vont mettre à mal et tuer les protestataires.

Le massacre de Wassy en 1562 fera une cinquantaine de morts, dont des femmes et des enfants, et plus de 150 blessés lors du passage du Duc de Guise et son escorte au moment d’un culte.

L’altercation dégénère en massacre et marquera les mémoires d’une population française vivant sous l’arbitraire religieux et la dictature spirituelle.

Montgommery 1er s’exile avant la mort du Roi Henri II qu’il avait involontairement blessé à mort lors d’une joute amicale en 1559. Il s’enfuit d’abord à Jersey, puis à Venise et enfin à Londres. Il se convertira au Protestantisme entre 1560, fin 1561.

L’édit de Saint-Germain en 1570 qui limitait la pratique du culte protestant aux possessions des seigneurs hauts-justiciers fut appliqué. Il avait pour effet de placer les fidèles sous la protection de quelques familles telles que les Montgommery à Ducey et Pontorson, les Saint-Maried’Agneaux autour de Saint-Lô ; ou les Richier à Cerisy.

Son fils Gabriel II de Montgommery va s’illustrer pour défendre sa foi protestante et relever son nom de sa famille.

Entre, bien d’autres actions, Gabriel II de Montgommery ayant put échapper miraculeusement au massacre de la Saint-Barthélemy de 1572, entreprend en 1590 d’introduire une garnison Protestante à Pontorson. Elle compte, dans un premier temps, 50 soldats canonniers puis viennent s’adjoindre 50 arquebusiers à cheval. Après quelques résistances de la Ligue, la ville est soumise au chef Protestant. En 1591 Gabriel II de Montgommery devient officiellement gouverneur de Pontorson.

En 1593, le pasteur Monsieur MAHOT ministre de l’Évangile est installé dans le « Temple » situé rue du Prêche à Pontorson.

Aujourd’hui, le temple appartient à la commune et le bâtiment est administré par « L’Association de Sauvegarde du Prêche et du Patrimoine Local ».

Merci au Pasteur Frank Van Muylem.

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