Le barrage

Un premier barrage…

Barrage sur le Couesnon (autrefois) - Avec le Mont-Saint-Michel
Barrage sur le Couesnon (autrefois) – Avec le Mont-Saint-Michel

En 1962 avait été décidée la construction d’un barrage sur le Couesnon au lieu-dit de la Caserne, qui est finalisé en 1968 et activé en 1969. Il marque la fin d’une longue période de poldérisation qui s’était poursuivie jusqu’alors, d’une part pour reconstruire les polders en l’état de 1934 suite aux destructions de la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi pour en ajouter de nouveaux sur la rive droite du Couesnon. Le but premier de ce barrage était d’effectuer des chasses d’eau dans la baie, de canaliser le Couesnon et de prévenir les inondations des terres agraires.

Équipé de simples portes à flot, il permettra pendant près de quarante ans d’empêcher le flux de la marée d’entrer dans le Couesnon, évitant ainsi les crues dans les terres situées en amont du barrage. Par voie de conséquence, il constitue lui aussi un facteur supplémentaire de la sédimentation car il bloque le mouvement naturel du fleuve et de la marée, et favorise ainsi l’accumulation de centaines de milliers de mètres cube de sédiments en aval et en amont de l’ouvrage.

Ajoutée à la polémique sur la construction des parkings au pied du Mont en 1966, ce barrage cristallise le problème de l’ensablement du Mont, dont l’insularité apparaît maintenant menacée de façon plus flagrante.

En aggravant ce phénomène, il force à le prendre en compte. C’est donc suite à cette construction que l’année suivante l’ingénieur des Ponts et Chaussées Jean DOULCIER allait se saisir du problème et mener les premières études sur les techniques à employer pour maintenir l’insularité du Mont Saint-Michel.

Le nouveau barrage du Couesnon !

Les travaux de ce barrage ont débuté en mai 2006 et devaient durer exactement deux ans, pour une mise en service prévue à l’été 2008. Le chantier s’est déroulé en deux étapes : la première sur la rive ouest du Couesnon, la seconde sur la rive est. Quatre vannes ont été construites de chaque côté, portant leur nombre total à huit.

Finalement, le nouveau barrage du Couesnon n’a été mis en service qu’avec un an de retard, en mai 2009. Il constituait la première étape du vaste programme de désensablement du Mont-Saint-Michel. Surmonté d’un pont-promenade ouvert au public le 18 juin 2010, l’ouvrage offre aux visiteurs la possibilité de passer d’une rive à l’autre en profitant d’un point de vue inédit sur le Mont. En hommage aux moines copistes, les alphabets latin, grec, arabe et hébreu ont été gravés sur son garde-corps.

Le barrage a été conçu par l’architecte Luc Weizmann, en collaboration avec les ingénieurs Denis Carlier, Jean-Louis Dupuy et Jean-François Heitz. Son coût s’est élevé à 34 millions d’euros, soit légèrement moins que les 36 millions initialement prévus. Sa mission est de retenir un important volume d’eau pour le relâcher environ six heures après la marée haute, créant ainsi un puissant « effet de chasse » qui repousse les alluvions vers le large. L’équipement comprend huit vannes de 20 tonnes chacune, capables de générer un débit pouvant atteindre 100 m³ par seconde.

Le 2 octobre 2010, une fermeture de trois à quatre mois a été annoncée afin de réaliser des travaux visant à améliorer l’accès des touristes au barrage-promenade. Quelques semaines plus tard, le 21 octobre 2010, les concepteurs de l’ouvrage ont reçu le Grand prix national de l’ingénierie, décerné lors des 9e Rencontres de l’ingénierie à Paris.

Enfin, le barrage du Couesnon a été officiellement inauguré le 31 octobre 2015 par le président François Hollande.

Le nouveau barrage sur le Couesnon - amont (photographie - Wikimanche).
Le nouveau barrage sur le Couesnon – amont (photographie – Wikimanche).
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