Église Notre-Dame-de-la-Paix & l’Hôpital

Pontorson – ADA VI (Archives ecclésiastiques de Coutances)

Visite épiscopale de Mgr Durand de Missy du 13 octobre 1748 (pour cette visite, n’ont été transcrit que ce qui concerne les ornements)

L'église Notre-Dame-de-la-Paix de Pontorson - Yohan DAUPHIN

Visite de Mgr Durand de Missy. Il va d’abord au presbytère « d’où nous avons été conduits processionnellement sous le dais de la principale porte de ladite église, pendant que le clergé chantait le repons Ecce sacerdos magnus, où étant arrivé le sieur curé nous a présenté l’eau bénite et l’encens en la manière accoutumée…avons ensuite visité les fonts baptismaux, précédé du clergé en chappes qui chantait le psaume Laudate dominus omnes gentes…avons passé dans la sacristie…les ornemens tant ceux qui appartiennent à l’église que ceux qui sont aux sieurs obitiers nous ont paru en bon et suffisant état. »

Mais ils reviennent le lendemain pour terminer.

« …avons aussi remarqué étant entré dans la sacristie qu’il y a trois chappes appartenantes au trésor lesquelles sont hors d’état d’être emploiées pour le service divin, pour quoi nous les avons interdites et ordonné qu’elles seront emploiées à ce qu’elles pourront servir pour l’église, et quant aux autres ornemens qui ne sont pas en bon état et notamment une chasuble qui nous a été montrée avons ordonné que tous les dits ornemens seront réparés incessamment et défendu de s’en servir jusqu’à ce qu’ils soient en due réparation. »

Les abbés du Mont Saint-Michel sont patrons présentateurs de la paroisse.

Visite épiscopale de Mgr Durand de Missy du 5 juillet 1750

« Du dimanche 5 juillet 1750, nous Pierre Jean Baptiste Durand de Missy, évêque d’Avranches, nous sommes transportés sur les neuf heures du matin dans l’église de Pontorson où nous avons été reçu avec les cérémonies ordinaires par Mre Jean-Baptiste de Bienville Boulant, Curé, Me François de Lille, Jean Martin, Julien Le Dos, Charles de Lancizé, Julien Arnoul (?) et Olivier François Caignon, tous prêtre et obitiers de la paroisse, Me Jacques Le Chaptois et Julien Picard, prêtres obitiers absens. Après avoir donné au peuple assemblé pour notre visite la bénédiction du Saint Sacrement avec le saint ciboire qui est en bon état et la custode, nous avons célébré la sainte messe après laquelle nous avons visité les ornemens et vases sacrés. Les messes fondées par le .. de sieur (?) Moron seront célébrées à onze heures en touts tems et celui qui sera chargé de les acquités aura attention de ne commencer qu’après la grande messe finie, en cas qu’elle ne le soie pas à onze heures. Nous avons défendu aux … obitiers de célébrer aucune messe basse pendant les fondations, à celui du sieur curé et de celui qui est chargé des petites écoles.

Il y a cinq calices dont trois en bon état et deux autres entièrement interdits. Nous avons défendu à tous ceux qui seront à l’autel pour servir de diacre et de sous-diacre de quitter l’autel que la messe ne soit finie et que le célébrant ne soit rentré dans la sacristie, et avons ordonné que quand il sera célébré une messe haute le diacre et le sous-diacre accompagneront le célébrant dès la sortie de la sacristie. Nous avons ordonné qu’à l’avenir on ne commencera les fondations qu’à sept heures en été et à huit heures en hiver. Les ornemens comme chasubles, chappes, dalmatiques sont en bon et suffisant état; il y a du linge suffisamment. Les vases des saintes huiles sont en bon état ainsi que le soleil. Nous avons ordonné qu’on ne fera point paier à la fabrique la somme de dix huit livres provenant de vingt sept livres pour la fondation de Jean Le Clerc et de Bertrande Giffard.

Il y a une croix et un encensoir d’argent avec la navette. Nous avons ordonné qu’il sera paié par chaque année au custos de l’église une somme de douze livres, laquelle sera prise sur le trésor de ladite église et paiée par moitié par les deux trésoriers.

Les fonts sont en bon état ainsi que tous les autels à l’exception de celui de St Sauveur, au sujet duquel nous avons renouvelé notre ordonnance portée dans notre visite de 1748. Les confessionnaux sont en état suffisant. Il est besoin de réparer quelques vitres qui le seront incessamment. Nous avons interdit les canons qui sont sur le grand autel. Nous avons ordonné que de toutes les fondations postérieures à 1704 le tiers en sera affecté au trésor. Les trésoriers de l’année présente sont le sieur Sauvage, docteur médecin, et Antoine Hus, bourgeois de cette ville. Nous avons aussi ordonné qu’il sera rendu un compte de toutes les charges et revenus tant des obits que du trésor, pour l’examen duquel nous avons nommé les personnes de Me Le Sauvage, docteur médecin, Charles Chauvin, chirurgien, François Allard, contrôlleur et Julien Lescalot (?), et avons exorté lesdits sieurs commissaires à inviter audits examens messieurs de la noblesse ou quelqu’un d’eux, de toute quoi nous sera donné avis. L’église est dédiée à la sainte Vierge. Les religieux du Mont Saint Michel nomment au bénéfice. Nous avons défendu d’inhumer à l’entrée de la principale porte de l’église et dans le sillon de la procession et ordonné qu’on n’enterre qu’à trois pieds de distance des murs de ladite église. Le cimetière est clos; nous avons ordonné qu’il sera nommé un procureur qui sera chargé de la poursuite de toutes les affaires et en particulier d’exiger et faire paier les arérages de treize livres de rente duë par le sieur Josseaume, docteur médecin, dont sera fait par (ou fairpar?) aux trésoriers précédens, qui ont avancé lesdits arérages. La confirmation après les Vêpres. »

Ajout en plus petit, en bas de page : « Nous avons ensuite ordonné que lesdits sieurs François de Lille et Julien Le Dos, obitiers, se retireront dans notre séminaire d’Avranches, et ce pour raisons à nous connuës, et ledit Julien Le Dos dans notre séminaire de La Garlière pendant trois mois pour raisons pareillement à nous connuës ledit jour et an que dessus sous les peines portées par le droit. »

Ajout dans la marge : « De plus, sur ce qui nous a été représenté qu’il seroit très avantageux pour les personnes infirmes et autres qui n’auroient pas eu la commodité d’assister aux messes qui se célèbrent le matin dans l’église de Pontorson, qu’il y fut célébré une messe basse tous les jours ouvriers à une heure commodes pour les personnes, nous, pour entretenir de plus en plus la piété des fidèlles, avons ordonné que tous les jours ouvriers il sera célébré par les obitiers, chacun à son tour de rang, une messe basse à dix heures en été et à dix heures et demie en hiver, laquelle sera sonnée et tintée aux heures dites afin que les personnes qui n’auront pas eu la commodité d’entendre la messe le matin puissent y assister, l’honoraire de laquelle sera par nous fixé au-dessus de celui porté par nos statuts, eu égard au retardement de l’heure, lors de la réduction qui sera par nous faite des fondations de la paroisse. Donné à Avranches le 20 juillet 1750. »

Pontorson – Conférence ecclésiastique de 1866 (Archives ecclésiastiques de Coutances)

Histoire religieuse depuis 1789 jusqu’en 1801

Clergé : Avant la Révolution, il y avait un curé et huit obitiers. En 1789, le curé était Mr Robert François Boëssel. Sa signature à Pontorson intervient pour la première fois en 1786. Plus tard, Mr Boëssel était devenu curé schismatique de la paroisse de Pontorson et curé intrus de la petite paroisse de Cendres qui dès lors fut réunie, par une autorité sans pouvoir, à celle de Pontorson pour le spirituel comme pour le civil.

D’après une délibération du 19 7bre 1789, les huit obitiers étaient :

  • François Duchemin
  • Jacques Genevée
  • Jean Baptiste Morel
  • Robert Pierre Renault
  • François Julien Bedel
  • Joseph Dauguet
  • Guillaume Le Roux
  • Gabriel Jacques Le Roy

Le Prieur de l’hôpital est à l’époque Allire ( ?) Charrière ; l’aumônier était un Mr Pierre Barberot.

Article 3ème – Église paroissiale. L’église fut profanée de bien des manières et dépouillée de tout ce qu’elle possédait. Voici quelques faits que j’ai recueillis sur ce sujet :

L’église devint pour les habitants, à cette époque d’impiété, le temple de la liberté et de la raison, et on y célébrait régulièrement la décade (…) La statue de l’Assomption de la Ste Vierge ; qui couronne aujourd’hui encore le retable de l’autel du chœur, servit de déesse de la raison, et pour cette raison fut coiffée d’un bonnet rouge. C’est à cette circonstance assez probablement qu’elle dut sa conservation.

Une autre délibération, datée du 7 Pluviose an 2 (26 janvier 1794), prouve que l’église était le lieu de réunion, non seulement pour les décades des assemblées religieuses, mais aussi pour les assemblées profanes de tout genre (…).

Le sol de l’église fut fouillé dans presque toutes ses parties, afin d’en extraire du salpêtre. Cependant, eu égard probablement à l’intervention de Mr Boëssel, les autels furent peu endommagés. Les autels avec la chaire, composaient à peu près tout le mobilier resté dans l’église.

Les croix et les statues furent enlevées et pillées. N.D. de Pitié fut cependant conservée par une dame Fleury. Le Christ du transept et plusieurs autres statues furent aussi retrouvées plus tard ; mais par qui furent-ils conservés ? Je l’ignore.

Les croix du cimetière furent brisées comme partout, on abattit aussi un calvaire qui avait été planté au bas de la rue de Tanis. Et voici sur ce fait quelques circonstances assez remarquables, conservées dans l’opinion publique et qui m’ont été racontées à moi même par une personne âgée de la localité. Ce fut un soldat qui exécuta cet acte sacrilège. D’un coup de hache il coupa une des jambes du Christ, mais cette jambe, du moins un éclat du bois, vint le frapper lui-même à la cuisse ; il tomba et mourut sur la place au bout de son sang (…) Une dame Morin de Pontorson recueillit dans sa maison le Christ mutilé. La jambe du Christ qui avait été coupée, fut déposée d’abord chez une autre personne qui se disposait à la brûler. Mais la dame Morin l’en empêcha et lui donna même à la place un fagot de bois, puis elle cacha le tout sous la paille. Quand la paix fut rendue à l’église, la famille Morin rendit le Christ, qui fut déposé dans le grenier du presbytère où il resta pendant longtemps sous la paille  ou parmi du vieux bois. Ce fut Mr Gilbert, alors curé de Pontorson et depuis curé de N.D. de St Lô, qui pour réparer les profanations, le fit enfin transporter solennellement dans la chapelle St Jean, où nous le voyons encore aujourd’hui.

Voici une délibération relative au mobilier du culte. Elle est du 9 Florial an 2 (28 avril 1794) : elle porte que, ce jour là : « délibérant les citoyens Hedouin, maire, Huet et Guérin, officiers municipaux, Letort, Royer, Brason et Colin, membres du conseil général de la commune, un membre a proposé de nommer deux commissaires pour faire le répertoire et inventaire des chasubles, ornements, des chapes, argenteries, cordes ( ?) et autres objets appartenant à la commune de Pontorson, ainsi qu’à l’hôpital de la charité pour être de suite conduits et déposés, conformément à la loi, au directoire du district d’Avranches et en retirer un récépissé. Ce dont les citoyens Huet et Hedouin se sont chargés volontairement (…) »

Il est probable que la mesure fut assez bien exécutée, car, après la révolution, le 21 Floréal an 11 (11 Mars 1803), le conseil municipal reconnaît dans sa délibération que l’église est entièrement dépouillée de linges, ornements et vases ecclésiastiques.

Quelqu’un m’a dit que plusieurs des ornements de l’église furent vendus publiquement dans la grand rue. Néanmoins une Delle Cellard avait trouvé le moyen de soustraire une pierre sacrée et quelques ornements sacerdotaux, qu’elle tint cachée chez elle (…)

De trois cloches qui existaient alors, il n’en resta qu’une ; les deux autres furent descendues et emportées pour être fondues.

Le presbytère fut vendu pour la somme de six francs à un Sr Robert Deville de Pontorson.

Paragraphe 4ème – Église et presbytère de Cendres. La paroisse de cendres, comme nous l’avons observé précédemment, dépendait pour le spirituel de l’archevêché de Dol, mais de Pontorson pour le civil. Son église fut dévastée comme celle de Pontorson et de la Charité. Elle devint bientôt la prison publique. Le bénitier servit d’auge pour les chevaux ; le cimetière fut transformé en cour pour les détenus et un lieu de dépôt pour les fumiers. Tels furent à peu près son état et sa destination jusqu’à ces derniers temps, lorsque l’hôpital, il y a dix ou douze ans, fit abattre cette église, devenue une prison et en réunit l’emplacement, ainsi que le cimetière au grand jardin anglais qui est devant l’établissement. L’église, le presbytère et autres dépendances de Cendres, qui avaient été déclarées propriété de l’Etat, furent, en vertu du décret du 7 Thermidor an 11 (26 juillet 1803), restitués à la fabrique de Pontorson, qui elle même les vendit à l’hôpital le 1er février 1842, moyennant une somme de 1 200 f.

Une personne de la localité m’a raconté le fais suivant, comme ayant eu lieu à la suite du pillage et de la dévastation de l’église de Cendres : dans cette dévastation impie, quelques unes des statues de l’église avaient été jetées dans la rivière du Coësnon. Un petit enfant ayant vu flotter au-dessus de l’eau une petite statue de la Ste Vierge, s’efforça de l’attirer à lui et la porta ensuite chez ses parents où elle fut conservée avec respect. On remarqua depuis que cet enfant témoigna pendant toute sa vie une tendre dévotion envers la Ste Vierge et qu’il eut une mort édifiante ( …) Cette statue existe encore aujourd’hui à Pontorson, chez une famille Duteil qui la conserve religieusement.

Paragraphe 5ème – Confréries. En 1789, l’église N.D. de Pontorson possédait deux confréries qui y existent encore aujourd’hui.

La première est la confrérie du SEsprit qui remonte à l’année 1247. Nous avons encore une bulle du S.S. Pontife Innocent X en date du 27 avril 1653 qui la confirme et y attache des indulgences ; cette confrérie a toujours été en grand honneur dans la ville. Chaque année, on célébrait avec une grande solennité ; la fête de la Pentecôte, qui était la fête patronale de la confrérie. On y élisait les deux majeurs qui devaient, pendant l’année, prendre soin de tout ce qui la concernait. Le registre qui est encore en usage pour l’inscription des membres contient les noms d’un grand nombre de prêtres étrangers qui sont venus prêcher à Pontorson ce jour là et qui, pour cette raison, ont été reçus gratuitement dans cette confrérie.

La seconde confrérie est la confrérie du St Rosaire, qui fut érigée en cette ville, à la demande de tous les habitants par le R .P. Jacques Raymond Robert de l’ordre des frères prêcheurs. Cette érection eut lieu le 1er dimanche d’octobre 1620.

Epoque qui a suivi immédiatement la Révolution, jusqu’à l’Episcopat de Mgr Dupont Poursat, vers la fin de 1807 :

Après la Révolution, Mr Boëssel est curé de Pontorson. Il racheta le presbytère en remboursant à Robert Déville les six francs que celui-ci avait payé en l’achetant, il s’occupa aussi de la restauration de l’église qui néanmoins resta bien longtemps encore dans un état de dénuement et de pauvreté qui excita les larrons de Mgr Dupont Poursat, lors de sa première visite pastorale. L’abbé Boëssel décède le 23 août 1833 à l’âge de 77 ans, dont 50 à peu près curé de Pontorson.

Article 2ème – Eglise paroissiale et dépendances : Cette église ne fut rouverte que assez tard au culte catholique, environ un an m’a dit quelqu’un, après celle d’Avranches ; et cela se conçoit avec les dispositions dans lesquelles se trouvaient les autorités civiles de Pontorson et Mr Boëssel qui en était curé. Je suis porté à croire que le culte catholique n’y fut guère réorganisé définitivement avant le mois de juin 1803, époque à laquelle nous croyons Mr Boëssel recommencer la tenue régulière des registres de catholicité (…) Nous avons vu précédemment dans quel état de pauvreté et de délabrement elle avait été réduite pendant la révolution. C’est dans cet état et peut-être dans un état pire encore qu’elle fut trouvée quand la paix fut rendue à l’église de France ; en effet, dans une délibération du conseil municipal en date du 21 Floréal an 11 (11 Mars 1803), il est dit dans un : « considérant que l’église de Pontorson est entièrement dépossédée de linges, ornements et vases ecclésiastiques et qu’elle a un très pressant besoin de réparations tant à la couverture qu’au vitrage, etc… » c’est-à-dire partout. Il fallut donc aviser à faire des réparations les plus urgentes, celles du pavé, des bancs. Pour paver le chœur et la nef, on enleva les pierres tombales du cimetière et on les employa à cet usage. Ces pierres se voient encore aujourd’hui dans la nef et dans une partie du chœur. Une seule pierre tombale fut épargnée, celle de Jeanne Yvreux que l’on voit encore maintenant au bas de l’église, tout près du mur latéral du côté sud. Elle dut sa conservation à la vénération religieuse dont l’ensemble de la population était encore pénétrée pour cette ste fille morte en odeur ( ?) de sainteté. Les familles qui voulurent avoir des places dans l’église, durent se procurer des chaises ou des bancs (…).

Article 3 – Hôpital. L’ancienne chapelle des frères de St Jean de Dieu continuant d’être une salle des malades, nécessité fut d’en construire une nouvelle. On résolut de le placer devant la grande façade de l’établissement, non loin de la porte principale, à l’extrémité Est d’une avenue plantée en peupliers qui conduisait de la grande route à l’hôpital. Cette chapelle était très petite, sans aucun ornement à l’extérieur ni à l’intérieur, vraiment digne d’un hôpital. Elle fut achevée en 1808 et le 30 décembre de cette même année Mgr l’Evêque permit qu’on y dit la messe et qu’on y fit certaines autres fonctions à condition qu’elle ne préjudicieraient pas aux offices de la paroisse. Ce fut, comme nous l’avons dit, Mr René Talbot qui en fut le premier aumônier, fonction qu’il remplit jusqu’à sa mort. Cette chapelle telle quelle, servit au culte divin pour l’hôpital, jusqu’à ce qu’elle fut devenue tout à fait insuffisante, par l’annexion à l’hôpital, d’un quartier d’aliénés qui en multipliant les malades, rendit nécessaire un plus grand nombre de sœurs, de gardiens et autres domestiques. Alors la commission construisit deux salles pour les malades civils et militaires ; après quoi, par ses soins et ceux de Mr l’abbé Menard, aumônier, l’ancienne chapelle des frères de St Jean de Dieu , fut restaurée, bénite de nouveau et rendue au culte. La petite chapelle provisoire fut détruite immédiatement, et aujourd’hui il n’en reste plus aucunes traces.

Pontorson – Conférence ecclésiastique de 1867 (Archives ecclésiastiques de Coutances)

Histoire religieuse depuis le mois d’août 1807 jusqu’au mois d’août 1862

Paragraphe 1er – Curés. Il y en a eu cinq : Mr Boëssel jusqu’en 1833 ; puis Robert Garnier qui ne resta que quatre ans ; puis MJean Gilbert, appelé à la cure de Pontorson en mars 1838 qu’il occupa pendant un peu plus que sept ans (1845) ; ensuite Mr Paul Lepelley jusqu’à la fin de l’année 1851 ; enfin Mr Aimable Désiré Menant.

Paragraphe 3ème – Aumôniers de l’hôpital. Mr René Talbot jusqu’en 1832 ; Mr François Marie Lefranc jusqu’en 1837 ; Mr Pierre Menard jusqu’en 1865 ; Mr Pierre Langlois.

Chapitre III – Matériel. Mr Boëssel adjoint à l’unique cloche restée, deux nouvelles, fondues dans le cimetière.

Vers 1822, achat du dais, de la bannière et d’un ornement blanc complet, composé de cinq chapes, chasuble, tunique, dalmatique, étole pastorale . Cet ornement est aujourd’hui usé, mais on voit bien encore que dans le principe il était solide et beau. Il paraît que la plus grande partie de ces objets fut due à la générosité de Me Le Chevalier de Moidrey.

La croix en pierre qui se voit maintenant dans le cimetière fut adressée ou érigée de nouveau du temps et par les soins de Mr Boëssel.

Dans les archives de la fabrique est trouvé un devis en date du 30 7bre 1836, pour réparations urgentes aux murs, charpentes et couvertures de l’église, du presbytère et autres bâtiments appartenant à la fabrique, et aussi pour la réparation et la décoration des autels. N’a apparemment pas eu de suite, sauf pour le pignon ouest du presbytère.

Mr Gilbert fait faire des bancs neufs de la nef et acheta les fonts baptismaux qui existent aujourd’hui. Ce fut à son instigation que fut érigé l’autel de l’archiconfrérie, et à cette occasion les autels du SEsprit, du Rosaire et de N.D. de Pitié, peut-être aussi le tombeau et le retable de l’autel du chœur furent peints et dorés de nouveaux avec les offrandes des personnes généreuses (…)

La grosse cloche ayant été cassée, un marché est passé avec Havard de Villedieu pour une cloche pesant 1.150 kg.

Achat d’un second ornement en or, du temps de MGilbert. Celui-ci acheta aussi le ciboire en vermeil.

La confrérie du SEsprit avait aussi son petit mobilier : un drapeau rouge, des chasubles pour chaque couleur, un missel etc…

Mr Lepelley fournit l’étoffe pour le petit ornement blanc composé de trois chapes, d’une chasuble, d’une tunique et d’une dalmatique.

Pontorson – AD 300 J 302

Boîte n° 3 : Délibérations de la fabrique 1834-1869.

En 1834, un nommé Garnier est curé de Pontorson. En 1838 Gilbert. Lepelley en 1848. Menant , à partir de 1852 ?

Etat de dégradation avancé de l’église en 1838 : clocher abîmé à la suite d’une tempête.

En avril 1841, la fabrique cède le presbytère à l’hospice pour pouvoir effectuer des travaux tant extérieurs qu’intérieurs à l’église.

1859 Marché pour la cloche avec Havard à Villedieu.

Devis de travaux à exécuter pour la construction d’une chapelle joignant l’abside, d’une tour servant à l’escalier, du beffroi avec plan d’élévation , datant de 1869.

Boîte n° 4 : Extrait du registre de délibérations, séance du 5 janvier 1902 : une somme de 500 francs est affectée pour l’achat de vases sacrés destinés à remplacer ceux qui ont été enlevés par des voleurs le mois dernier.

En 1906, la toiture de la nef a été refaite, mais il reste celles des quatre chapelles et du chœur qui sont dans un état de vétusté et de délabrement tel que l’eau traverse les voûtes et inonde l’église.

Inventaire du mobilier de l’église en 1899 :

  • Un calice vermeil XIVe siècle, bon état avec patène.
  • Un calice plus simple XIVe siècle argent coupe d’or, neuf avec patène.
  • Deux calices genre moderne, argent – coupe.
  • dorée, bon état avec patène.
  • Un calice argent très simple, hors d’usage avec patène.
  • Un ciboire vermeil XIIIe siècle bon état.
  • Un grand ciboire renaissance vermeil, bon état.
  • Un ciboire argent XIVe siècle – coupe dorée, bon état.
  • Deux petits ciboires pour l’administration des sacrements aux infirmes, bon état.
  • Un grand ostensoir vermeil, bon état.
  • Un second ostensoir cuivre doré, custode vermeil.
  • Un 3ème ostensoir simple argent, custode vermeil, bon état.
  • Deux paires de vases aux saintes huiles pour l’église, bon état.
  • Deux vases id. pour les infirmes, bon état.
  • Bénitiers : deux en cuivre repoussé argenté, l’un neuf, l’autre état passable.
  • Bénitier en cuivre repoussé verni, mauvais état.
  • Burettes six paires, bon état.
  • Crois de procession en cuivre argenté 2, l’une et l’autre bon état.
  • Une croix de procession pour les fêtes en cuivre verni, bon état.
  • Canons d’autel 10, bon état.
  • Plateaux à quête 3, deux en bon état, l’autre mauvais.
  • Encensoir 10 avec navettes, 6 état neuf, les autres bon état mais ayant été défraichies par l’usage, une des navettes est  en argent.
  • Lanternes de procession 2 en cuivre doré, bon état.
  • Lanternes de procession 2 inférieures, état médiocre.
  • Chandeliers d’enfants de chœur acolytes, 2 paires, bon état.
  • Garniture de maître autel croix et chandeliers (6) cuivre verni, état neuf.
  • Garniture d’autel, croix et chandeliers (6) cuivre argenté, bon état.
  • 2 garnitures plus petites ; croix, chandeliers, cuivre verni, état neuf.
  • 2 garnitures petits autels : croix, 4 chandeliers, cuivre verni, bon état.
  • 2 garnitures cuivre argenté, état passable.
  • Trois lampes de sanctuaire petit modèle, état neuf.
  • Une lampe de sanctuaire grand modèle, bon état (…).
  • Six pierres sacrées avec authentique, bon état.
  • 4 reliquaires en cuivre doré avec authentiques, bon état.
  • 2 reliquaires plus petits id, bon état.
  • Une parcelle de la vraie croix, bon état.
  • Chemin de croix, bon état.
  • Les autels tous en bois sont munis de leurs pierres sacrées sauf l’autel de la chapelle St Jean où l’on ne célèbre pas la sainte messe, bon état.
  • Bancs mobiles pour le chœur et la tribune, état médiocre.
  • Bancs de la grande nef en bon état, ceux de la chapelle latérale et du transept, côté de l’Evangile sont encore dans un état passable, ceux du transept côté de l’épître sont en mauvais état.
  • Chaire en bon état.
  • Lutrin en bon état.
  • Lustres de la grande nef et des côtés du transept sont en état médiocre. Lustre principal du transept en bon état.
  • Statues : St Pierre, St Paul, Ste Cécile, Ste Catherine St Sébastien (vieille statue en pierre), su Sacré Cœur, de la Ste Vierge de Lourdes, de Ste Anne et de St Joseph, de St Michel, Anges gardiens, Piéta (ces deux dernières étant en bois et faisant corps avec l’autel et diverses autres statues plus petites, sont en bon état).
  • Le Christ de la nef, bon état.
  • Le Christ de la chapelle St Jean (Christ mutilé à la Révolution et restauré depuis).
  • Le bas-relief de la chapelle St Jean formant retable d’autel (travail artistique dans un état de mutilation déplorable depuis 1793, n’a pas subi de nouvelles détériorations.
  • Un autre bas relief plus petit, de valeur analogue à celle du grand, mieux conservé.
  • Les 3 confessionnaux sont en bon état.
  • Les fonts fermant à clef et pourvus d’une piscine sont en bon état.
  • L’orgue est en état satisfaisant, en attendant une transformation ou restauration.
  • Tableaux : St Antoine de padoue, dû à la libéralité récente d’un paroissien de Pontorson, Les Mystères du Rosaire placé dans le chœur, L’Assomption, la Pentecôte par Mr Tanguy, Une Descente de croix par le même, un tableau à la congrégation des enfants de Marie, un petit tableau N-D du perpétuel Secours, la Ste Face, la Ste Vierge donnant le chapelet à St Dominique (grand tableau par Tanguy).
  • (…)
  • Deux bannières paroissiales, dont l’une en très bon état.
  • Deux autres bannières pour les écoles, état passable.
  • Drapeau pour la confrérie du SEsprit, confrérie établie depuis 1250 en notre église, en bon état.
  • (…)
  • La sacristie étant en projet de restauration ne possède comme meuble définitif qu’un chasublier neuf. Les autres meubles sont appelés à disparaître au fur et à mesure de l’extension des travaux projetés par le Conseil de fabrique.
  • Deux fauteuils, deux prie-Dieu.
OrnementsChasublerie
Blanc1 complet avec Diacs et sous diacs, soie brodée, bon état
Blanc1 complet…………………………, soie blanc et jaune, bon état
Blanc1 célébrant seul, soie brochée, état neuf
Blanc1 blanc célébrant, soie broderie, état passable
Blanc2 célébrant seul soie broderie, état médiocre
Rouge– 1 complet diacre et sous diacre velours, bon
– 6 célébrant seul, 1 hors d’usage, les autres bon
Violet– 2 célébrant seul, un velours, l’un et l’autre bon
– 2 célébrant seul, mauvais état, hors d’usage
Vert1 célébrant seul velours, très bon
Noir– 1 complet velours brodé, neuf
– 1 complet id. moins fin, brodé, id.
– 1 célébrant seul simple, bon
– 1 id, hors de service
Drap d’or3 célébrant seul, simples, bon
Etoles pastorales10 variées
Chapes– 4 blanc allant avec l’ornement n° 1 blanc, bonnes ou neuves
– 4 id . allant avec l’ornement n° 2 blanc, id
– 1 blanche satin broché, id
– 1 blanche et rouge, id
Rouge3 de chantres, id
Violet– 1 pour célébrant, bonne
– 3 pour chantres, moins bonnes
Vert– 1 pour célébrant, bonne
– 2 autres, pas très bonnes
Noir– 1 Romaine velours br., neuve
– 1 id velours, bonne
– 3 velours 1e et 2e classe, neuve
– 2 velours 3e classe, bonne
Suisse et bedeau2 tenues pour chacun, bonnes, hallebarde, 2 épées, 2 hallebardes, neuves

Inventaire des ornements de 1902

Chapes de diverses couleurs19
Ornements ordinaires pour messe (blanc) 6
Id. avec diacre et sous diacre (blanc) 2
Id. en drap d’or (blanc) 3
Id. (rouge)5
Id. avec diacre et sous diacre (rouge)1
Id. (violet)2
Id. (vert)3
Id. (noir)3
Id. avec diacre et sous-diacre (noir) 2e classe1
Id., id. (noir) 1ère classe1
Etoles diverses couleurs9
Voiles5

Pontorson – Dossier Paroissial DP 410 (Archives ecclésiastiques de Coutances)

Discours du chanoine Labbe, curé de La Croix-Avranchin pour la consécration de l’autel primitif restauré de l’église Notre-Dame de Pontorson, le 28 mai 1978

Eglise pour l’essentiel de style roman avec des particularités de l’école normande. Elle est contemporaine de la Tapisserie de Bayeux dont un passage est reproduit à un vitrail du chœur.

Chœur, croisillons, bases de la tour édifié vers 1050. La nef suit, comportant des demi-colonnes engagées dans les murs, travées carrées et croisées d’ogives à la voûte. S’y rattachent le pignon de l’Ouest, les trois portails et leurs sculptures frustes.

L’autel primitif au fond du chœur, rejointoyé en 1923, contemporain du cloître gothique du Mont Saint-Michel, serait un peu postérieur (vers 1220). Mariage de granit breton et de schiste normand.

Entre 1381 et 1418, aménagements gothiques : on perce la grande fenêtre du chœur. On surélève le pavé du chœur. Aménagement d’une gracieuse crédence pour la desserte du maître-autel. On édifie le beffroi et deux chapelles ogivales flanquent la nef au nord et au sud. On construit la chapelle St Sauveur parallèle au chœur et, en 1402, le Seigneur Robert Monflard et son épouse font sculpter le retable des Saints-Cassés après sa mutilation, sans doute en 1794, sous la Révolution.. Clocher à bâtière achevé en 1627, charpente posée en 1668.

XVIIe et XVIIIe temps de grande vitalité religieuses. Renom de sainteté de trois chrétiens : Jeanne Yreux dont la pierre tombale jouxte le mur de la place (morte en 1747), Julienne de la Guérinire (en 1728), Tuffin de la Rouërie (en 1756) appelé le Père des pauvres.

Confréries et corporations étaient vivantes, fondations fréquentes. Elles furent pour beaucoup dans l’aménagement mobilier remontant à cette époque. On construit la chaire qui porte le millésime de 1683. On place le Christ en bois de la Chapelle SJean, l’autel et la statue de Notre-Dame de Pitié, le baptistère dont le couvercle de bois ouvragé mérite l’attention, mais surtout l’ancien maître-autel, le retable de bois doré, fleuri, solennel, à l’honneur de l’Assomption de Notre-Dame, qui reçut plus tard la statue de la Vierge, œuvre majestueuse (…) Pour poser le retable au fond du chœur, il fallut modifier les soubassements, c’est sans doute alors que la pierre d’autel qui est consacrée aujourd’hui, défigurée comme intentionnellement par le marteau d’un fanatique, fut relégué quelque part dans la nef.

Après la Révolution, les curés s’emploient à remédier aux dégâts causés par la Révolution. Gilbert, vers 1841, avec le badigeon ; Havard, trente ans plus tard avec les moulages de fausses pierres en plâtres.

Après la guerre de 1914, sacristie neuve en 1919 ; réparation du maître-autel en bois doré dans une chapelle, pose de verrières, restauration de la Chapelle Notre-Dame de Pitié et remise à l’honneur de l’autel de pierre du XIIIème siècle.

Entre 1807 et 1833, un nommé Boëssel est curé de Pontorson. L’abbé Garnier lui succède en 1833. En 1838 est nommé Monsieur Gilbert. A Monsieur Gilbert succède en 1845, Monsieur Lepelley. Monsieur Aimable Désiré Menant lui succède en 1851. Monsieur Louis-Désiré Totain, en 1869. Celui-ci décède la même année et est remplacé par Monsieur Havard. Lui succède, en 1889, Monsieur Louis-Adrien Lecacheux.

Ivonne PAPIN-DRASTIK et Elisabeth RAFFRAY (Ardevon) / C.A.O.A. Manche / Juin-septembre 2002 (http://objet.art.manche.fr/)

  • Visites archidiaconales du diocèse d’Avranches de 1748 et 1750 (AEC, ADAVI).
  • Conférences ecclésiastiques de 1866 et 1867 (AEC).
  • Délibérations de la fabrique 1834-1869 (ADM 300 J 302 boîte 3).
  • Dossier Paroissial (AEC DP 410).
  • Le Héricher (Edouard), Avranchin monumental et historique, T.2, 1846, p. 442-471.
  • « Etude archéologique sur Notre-Dame de Pontorson », Revue de l’Avranchin, T.XX, n°125, 1922, p.196-218.
  • HULMEL (L.) abbé, « Notes historiques sur Pontorson », Revue de l’Avranchin, T.XX, n°126, 1923, p.285-291.
  • BARBE (Emile), « l’achèvement des restaurations dans l’église de Pontorson », Revue de l’Avranchin, t.26, n°150, 1933, p.143-147.
  • MARTIN-DEMEZIL (Jean), « Notre-Dame de Pontorson », Congrès archéologique de France, 1966 (Cotentin et Avranchin), p. 398-405.
  • SAUVAGE (R.N.), BSAN, T.36, p. 456-459.
  • LAMBERT (M.), « les travaux dans l’église de Pontorson », Bulletin cantonal de Pontorson, nov-Dec 1973, n°95, p.13-21.
  • « l’église de Pontorson », Publications multigraphiées, fasc. 39, série 8, 1979, p.49-56.
  • « Pour servir à l’histoire de Pontorson », Revue de l’Avranchin, t.71, n°360, 1994, p. 337-345.
  • SEGUIN (Jean), « Pontorson », Corpus des inscriptions tumulaires (avant 1789) du Mortainais et campanaire de l’Avranchin et du Mortainais, après 1919, p.78.
  • SEGUIN (Jean) et VIVIER (Emile), « Corpus des inscriptions tumulaires de l’Avranchin (antérieures à 1789) », Revue de l’Avranchin, t. XXI, n°130, 1925, p. 233-238.
  • SEGUIN (Jean) et VIVIER (Emile), « Pontorson », les anciens fonts baptismaux du Département de la Manche, 1941, p. 14
  • GERVILLE (Charles de), Voyage archéologique dans la Manche (1818-1820), Dir. GUIBERT, Michel, collection « Etudes et documents », S.A.H.M., T.IV, p.182-195, Saint-Lô, 2001.
  • DERIES (Léon), « les frères Saint-Jean-de-Dieu à la Charité de Pontorson », La vie monastique en Normandie, Saint-Lô, 1933.
  • FAUCHON (Maxime), « l’hôpital Saint-Antoine de la Charité de Pontorson  (1644-1792) », Revue de l’Avranchin, t.41, n°238, 1964, p. 11-25.
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